Patr. lai. y XCVI, 427; Gregorii Magni, Epist., V
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les « Christo dilecti exercitus 1 ». A l'origine donc, les thèmes futurs . n'étaient autre chose que des corps d'armée, leurs chefs que des com- \ mandants militaires. Plus tard, à un moment que les textes laissent entrevoir, le nom de la division militaire a passé à la circonscription territoriale , ainsi, dans plusieurs passages de Nicéphore, le mot yà&z remplace le "terme <rrpaT6ç et les textes disent: « la région dite des Anatoliques », « la région dite de l'Opsikion », la région des Cibyréotes 2 ». C'est alors que se créent véritablement les thèmes, au sens administratif du mot : mais l'hésitation même avec laquelle les textes emploient et parfois confondent les deux termes de y/opa et de <rrp<rr©ç montre qu'il y a eu transformation lente et progressive, et qu'au point de vue du groupement des territoires, les éparchies civiles n'ont cédé que lentement la place aux nouveaux commandements militaires.
C'est ce que prouve en particulier la persistance avec laquelle subsistent, jusqu'assez avant dans le vn c siècle, les noms d'un certain nombre d'anciennes provinces. Sur des sceaux de plomb émanant des commerciaires impériaux, et fort curieux, parce que seuls de tous les monuments de cette catégorie, ils peuvent être datés avec une entière ' précision, on rencontre par exemple, sous le règne de Constant II, concurremment avec la mention des Arméniaques 3 , le nom des provinces de Cappadoce I e et II e , de Lycaonie, de Pisidie, d'Asie, de Lycie, de Carie, d'Hellade 4 ; sous les empereurs de la fin du vn c siècle, on trouve les provinces des Iles, de l'Hellade, de la Galatie 5 . Les grands chefs de l'ancienne administration civile n'avaient pas davantage disparu ; en Italie et en Afrique, les préfets du prétoire subsistaient à côté de l'exarque 6 ; en Orient, le préfet du prétoire d'Illyricum existait à la fin du vn e siècle 7 . Sans doute, devant les tout-puissants commandants de corps d'armée, ces personnages jadis si considérables perdaient chaque jour de leur importance, et insensiblement aussi les anciennes circonscriptions civiles se groupaient sous l'autorité du chef militaire qui les défendait. Mais tel n'avait point été le but primitif de la réforme. Assurément le mot thème a fini par signifier à la fois la province et le corps d'armée qui y est stationné, mais
i. Patr. lat., XCVI, 427.
2. Nicéph. pair., p. 60, 36, 40. On trouve aussi le mot Xotfç employé plusieurs fois (p. 59-60). ,