Cf. mon Afrique byzantine, p
militum per Italidm l . A Constantinople même résidaient les magistri militum praesentales 2 . Enfin, dans la région de la mer Egée, Justinien semble avoir créé, pour l'organisation militaire, une circonscription indépendante.
Si l'on essaie de déterminer les territoires auxquels s'étendait l'autorité de ces magistri militum, on constatera que ces commandements sont, à peu de chose près, identiques aux grands gouvernements militaires du vn c siècle. C'est ainsi que le magister militum per Armeniam réunit sous son autorité le Pont et les Arménies 3 , c'est-àdire le ressort même du futur stratège des Arméniaques ; que les magistri militum de Thrace, d'Illyricum, d'Afrique et d'Italie commandent, comme les stratèges correspondants du vn c siècle, à l'ensemble des forces stationnées dans ces divers diocèses. L'autorité des magistri militum praesentales n'est point limitée aux seules troupes de la capitale : une partie de leurs soldats, domestici, protectores, sc/iolares, tient, comme les troupes de l'Opsikion, garnison dans les provinces du diocèse de Pont 4 , les premiers en Galatie 5 , les autres dans les villes de Nicomédie, Cius, Pruse, Cyzique, Cotyée et Dorylée 6 , c'est-à-dire en Bithynie, en Mysie et en Phrygie. Enfin, en 536, Justinien avait réuni sous l'autorité d'un officier appelé quxstor Justinianus exercitus, l'administration de toutes les troupes stationnées en Carie, à Chypre, à Rhodes, dans les Cyclades et jusqu'en Mésie et en Scythie 7 ; et cette création, où se trouvent réunies en un grand gouvernement militaire les îles de l'Archipel et les côtes de la partie orientale de l'empire, rie fut point, comme tant d'autres, éphémère ; en 575 encore, se rencontre l'ip/jii T( ^v v^doiv xal tmv èVi Sxuôia; Te xaî Muai'aç (TTpaT'.wTixwv TayfjLaTwv 8 . On conçoit aisément — et Justinien déjà en laisse pressentir les raisons — que de ce gouvernement, étiré en quelque sorte en une longue et étroite zone côtière, les provinces européennes aient fini par se détacher ; mais le reste, formant un groupement plus organique, n'a eu nulle raison de se dissocier, et il se retrouve en effet au vue siècle dans les territoires qui forment le thème maritime.
Ainsi, dès l'époque justinienne, existaient — et avec la même
i. Mommsen, Neuer Archiv., XV, p. 18 5.