Prtim, ibid.y p
5. Priim, id. } ibid. Les hommes de la terre de Rembach doivent la Scara... ubi eis prxcipitur.
à ces corvées. Nous les trouvons indistinctement établies sur les manses ingénuiles, iidiles ou serviles. M. Guérard en a conclu que l'obligation de faire des charrois était « beaucoup plus ingénuile que servile ». Mais aucun document ne nous le dit. Il est difficile même d'admettre que le service illimité fût imposé à d'autres qu'à des serfs 1 . En réalité, tous ceux qui montaient les navires ou composaient les caravanes du couvent étaient, à des titres divers, ses serviteurs, ses « hommes ». Ils doivent leur temps ou leurs attelages en raison de leurs tenures encore plus que de leur condition. Mais, en retour, l'abbaye s'engageait à les protéger et parfois à les nourrir. Nous trouvons à Prum un tarif intéressant. Chaque voiturier a 3 pains et 2 portions ; chaque patron de navire, s'il se rend à Metz, 5 pains et 3 portions; chaque batelier, 4 pains et 2 portions 2 . Nous ne savons pas si cet usage était très répandu.
Les grandes abbayes ressemblaient donc à ces grands propriétaires qui envoient leurs paysans vendre leur vin, leur blé ou leur fourrage. Mais déjà se dégageait une conception un peu différente, à mesure même que grandissait leur trafic. L'obligation des transports était très lourde pour les tenanciers. Les couvents ne pouvaient ainsi dégarnir leurs domaines. Souvent ils avaient converti en redevances pécuniaires un certain nombre de ces corvées 3 . L'étendue même de leurs affaires les obligeait peu à peu à confier à des hommes spéciaux leurs intérêts. Aussi voit-on se former autour d'eux toute une classe d'hommes, les marchands, negotiatores, et dont le rôle semble avoir été très différent des tenanciers, libres, colons ou serfs.
La plus ancienne mention que nous ayons de ces marchands nous est donnée par un diplôme de l'abbaye de Saint Denys (775) 4 . L'immunité est conférée « tant aux navires, aux chars, aux bêtes de somme, » qu'aux marchandises portées à dos d'homme et aux marchands. . . » Ce terme se retrouve dans un diplôme de Flavigny, de la même année, et une charte de Saint-Germain de 779 5 . 11 est fréquent au ix e siècle. Il est intéressant de chercher quels agents du monastère il désignait.
Faut-il confondre ces marchands avec les tenanciers chargés des transports? Les textes les distinguent nettement. En les nommant
1. Prolégomènes, p. 779. A Prûm, les Scarac pèsent surtout sur les manses serviles.