LE PALAIS CAROLINGIEN DE CASSINOG1LUM
en avant par Bonnel ', n'ont point trouvé d'adhérents sérieux. Quels sont les arguments qui militent en faveur de l'une et l'autre de ces localités ?
Casseneuil et Caussiniojouls n'ont pour elles que l'étymologie de leur nom. Aucun document antérieur au xiv e siècle ne les recommande au choix de l'érudit. Il faut les écarter sans hésitation.
En faveur de Casseuil-sur-Garonne, les textes abondent, au moins au premier abord. Voici d'abord des actes du onzième siècle, qui appellent cette bourgade Cassinolium 2 f villa Cassanoilo 3 , Cassinoilo villa 4 ; on reconnaît aisément Cassinogilum. — Ceci est plus décisif : — En l'an 1004, une troupe de religieux bénédictins, du couvent de Fleury-sur-Loire,se rendit à La Réole, autre monastère de l'Ordre, qu'il s'agissait de réformer. Le chroniqueur Aimoin, qui était du voyage, nous l'a raconté deux fois. Pendant son séjour à La Réole, il alla, dit-il, visiter, à trois milles de là 5 .... « le palais du grand Empereur, Cassinogilum ». « Détruit par les Normands, ses ruines témoignent encore de sa grandeur et de sa gloire. Il est bâti au confluent du Drot et de la Garonne », ce qui est bien la situation de Casseuil, et Aimoin ajoute des détails précis : « Il renfermait une tour de briques, construite sur les bords du Drot, destinée à empêcher et à prévoir l'arrivée des pirates ; la flotte royale était construite dans la petite rivière, puis lancée en Garonne. Il y avait deux églises contiguës, bâties en briques; dans la plus petite, se trouvait un tout petit sarcophage,- renfermant (on le croyait du moins) la dépouille du frère jumeau de Louis le Pieux 6 ». Il semble qu'on ne puisse être plus net et
1. Die Anfxnge des karolingischen Hauses, 1866, p. 145; cité d'après Abel et Simson, I, p. 542.
2. Acte de 1079, Archives historiques de la Gironde, V, p. 126.