‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 91 sur 326 · Ep. 1 14, col · texte numérisé non relu

Ep. 1 14, col

7. • Vindictam in eum, ne sanguis effunderetur, et ne bella excitarentur, propalare distu- « limus. » Ep. 83, col. 924.

8. « Dei sumus gratia consfituti in domo ipsius principes super omnem terrain. » Ep, 65. Migne, 1. c. col. 882.

PRINCIPES DU PAPE NICOLAS 1er I0 ,

visait à une sorte de suprématie universelle ; c'est en lui écrivant qu'il interprète le martyre de saint Pierre et de saint Paul à Rome, et qu'il se dit l'héritier de leur puissance qui n'a de limites que celles du monde : « Nous sommes nés leurs fils, et nous avons été établis, bien que leur étant très inférieurs en mérites, princes sur toute la terre, c'est-à-dire sur toute l'Eglise, car la terre c'est l'Eglise ! ».

De même que les rois tiennent leur pouvoir de Dieu, de même ils doivent respecter les prérogatives de l'Eglise : « Les princes séculiers doivent rendre à Dieu l'honneur qu'ils veulent que Dieu leur rende, c'est-à-dire que, de même qu'ils souhaitent que Dieu leur conserve l'honneur de la royauté qu'il leur a conféré, de même à leur tour ils ne doivent pas dédaigner de respecter les prérogatives de l'Église du Christ 2 ».

Non seulement ils doivent respecter l'Église, mais encore la protéger et la défendre, pareeque l'Église est le bouclier des rois et le soutien de leurs Etats, pareeque c'est d'elle qu'émanent leur gloire et leur puissance : « car comment pensez-vous que nous puissions, à l'occasion, seconder votre gouvernement, vos efforts, les églises de votre royaume, ou vous offrir la protection de notre bouclier contre vos adversaires, si autant qu'il dépend de vous (puisque après tout ces choses-là peuvent être absolument brisées) vous laissez jusqu'à un certain. point se diminuer cette puissance, à laquelle vos pères ont eu recours pour y trouver tout l'accroissement de leurs dignités, toute leur gloire 3 ? »

Encore un passage beaucoup trop expressif pour être omis :

« Que Charles n'aille pas forcer l'empereur à tourner contre les chrétiens le glaive qu'il a reçu de Pierre pour s'en servir contre les infidèles ; qu'on le laisse gouverner en paix l'empire qu'il a reçu en héritage, dont la possession lui a été confirmée par l'autorité du siige apostolique, et qui a été rendu plus glorieux par la couronne que le

i. « Nati sumus filii et constatai, licet eis longe meritis impares, principes super omnem « terram, id est super universam ecclesiam; terra enim ecclesia, » Migne, !. c. : ép. 86. col. 949. ep. 29, col. 81 S.

2. « Debent enim mundi principes honorem praestare Deo, quem sibi volunt praestari a Deo, « videlices ut quemadmodum cupiunt a Deo sibi collatum regni honorem conservari, sic « Ecclesic Christi suam non dedignentur servare legem. » ep. 29, col. 817. J'ai cru devoir traduire ici legem par prérogative. C'est le sens qui m'a semblé le plus satisfaisant, et c'est celui qu'il est nécessaire d'admettre si l'on examine attentivement les passages qui suivent et qui précèdent cette phrase.

3. « Nam quomodo putatis, si apportunitas exegerit, ut vestro regno, vestris nisibus, vestri « regni ecclesiis aliquod prsestemus solatrium, aut contra adversarios protectionis clypeum « conferamus, si quantum in regni vestri partibus est, quoniam illa omnino scindi possunt, ea « vos aliquatenus minorari sinatis, quibus usi patres vestri, omne suarum dignitatum incrementum, omnemque gloriam perceperunt? » Ep. 36, col. 836; cf. ep. 42, col. 842. Ep. ad Bulg. c. XVII I, col. 990.

pape a placée sur la tète de l'empereur. Qu'on le laisse administrer pour le plus grand honneur de l'Eglise son empire protégé de Dieu, et qu'il a reçu avec les bénédictions et les onctions par l'intermédiaire du pontife supérieur apostolique. Quiconque combattra contre l'empereur aura pour ennemis Dieu et le siège apostolique l ». Quand nous n'aurions pour preuve de l'action dominatrice exercée par Nicolas que les faits et les paroles que je viens de citer, elle serait suffisante; mais nous pouvons y joindre le témoignage des grands, des rois eux-mêmes ; il en dira plus que toutes les réflexions générales que je pourrais faire.

Les épithètes magnifiques et respectueuses se multiplient dans le langage des rois, quand ils s'adressent au pape, aussi bien que les expressions de leur humble soumission :

« Au Seigneur vraiment bienheureux et très saint, à Nicolas, Pontife et Pape universel de toute la sainte Eglise de Dieu, rachetée par le sang de notre pieux roi le Christ, Louis le Grand et Lothaire, rois par la grâce de Dieu, paix éternelle, gloire et félicité suprême dans le Christ, chef des Pasteurs.

Personne ne désire plus vivement voir votre Pontificat s'affermir et se développer que nous, qui vous portons une même affection, et qui en fils spirituels et très dévoués embrassons de toute l'affection de

notre cœur votre paternité bienfaisante Bien plus d'esprit et de

corps, nous nous confions humblement à votre sainte Paternité

puisque l'apôtre dit : « Toute puissance vient de Dieu 2 ».

Une autre lettre de Lothaire, rapportée par Baronius, à l'année 864, respire la même modestie, le même esprit d'humble soumission 3 .

Dans une troisième du même prince, nous lisons ce passage :

« Le don le plus agréable et le plus précieux que nous tenons de

vos sacrées promesses, c'est que vous êtes décidé à ne nous préférer,

et à ne mettre au-dessus de nous, votre fils obéissant, aucun homme

revêtu de la dignité ou du nom de roi, si ce n'est celui qui tient dans

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