Ep. 88, col
ioo JULES ROY
leur père ; Nicolas s'était proposé de leur adresser de vives remontrances, quand il apprit par Pévèque de Beauvais qu'ils étaient revenus à de meilleurs sentiments ; il ne leur en écrit pas moins, autant pour les avertir d'éviter pareil crime à l'avenir que pour leur ordonner de se présenter humblement au synode qui sera tenu sous la présidence de ses légats, et s'y soumettre à l'application des lois canoniques 1 . »
Vers 865, la guerre fut sur le point d'éclater entre l'empereur Louis II et Charles le Chauve; le pape intervint avec la plus grande activité, écrivit à Charles le Chauve pour le presser de rester en paix avec son frère; aux évêques de son royaume pour les entraîner à agir sur lui dans ce sens, et il envoya enfin un légat, Arsène, qui devait régler le différend 2 . Ne se préparait-il pas à disposer des couronnes en obligeant Charles à laisser à Louis les pays en litige? « Laissez votre neveu posséder en paix son empire avec le royaume de son propre frère 3 . » Jusqu'où n'étendait-il pas sa domination en donnant à Arsène le pouvoir de terminer cette querelle, d'attirer à lui toutes les affaires, de les juger et de ne réserver à Rome que celles qui lui sembleraient trop difficiles 4 !
Avec une puissante autorité, les deux lettres qu'il écrivit dans cette circonstance nous révèlent un désir fort louable, celui de réprimer l'abus des guerres. C'était là une de ses grandes préoccupations; il l'interdit aux Bulgares pendant le carême 5 ; il prouva 6 à l'empereur Louis II, par l'exemple de Salomon et de Charlemagne, qu'il était utile à la religion de faire des traités avec les barbares pour assurer le bonheur des peuples chrétiens, et il n'excommunia pas Lothaire pour éviter l'effusion du sang 7 .
Voilà des faits qui ont une valeur assez précise ; voici des paroles qui ont aussi leur signification : « Nous avons été constitués par la grâce de Dieu dans sa maison princes sur toute la terre 8 ». II le dit à Rodolphe archevêque de Bourges ; il le répète à Michel, à l'homme qui se considérait comme l'héritier de Théodose, qui
i. Ep. 39, col. 839.