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Troas? Cependant les dogmalistes de Tagape veulent trouver leur fondemoiit le plus solide dans la première rpilre aux Corinthiens. Saint Paul y rappelle la coupe et le pain de rcucharistie : « Puisqu'il y a un seul pain, nous, qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps, car nous participons tous à un môme pain » (x, 17;. On voit déjà là que l'unité des fidèles, la xoivwvi'a, n'a pas besoin pour s'exprimer d'un autre symbole que l'eucharistie : que signifierait un repas matériel au regard du corps même du Clirist'r*
Saint Paul veut que la décence la plus rigoureuserègne dans les réunions chrétiennes : l'homme n'y doit pas avoir la tète couverte, mais la femme au contraire doit y porter un voile (xi, 4-lG). Ces réunions ne doivent pas être des occasions de manger (>t de boiie. Le Seigneur a institué le rite auguste de la coupe et du pain : « Toutes les fois que vous mangez ce pain, et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne ». Il ne faut point manger ce pain et boire cette coupe indignement, de peur d'être responsable du corps et du sang du Seigneur : il faut « discerner le corps du Seigneur ». Ces réunions chrétiennes ne sont point faites pour rassasier : « Si quelqu'un a faim, qu'il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour votre condamnalion » (xi, 34). Telle est la règle.
Mais telle n'est pas la pratique des Corinthiens : « Vous vous réunissez, mais ce n'est pas cela manger la cène du Seigneur; car l'un a faim, l'autre est ivre : n'avez-vous donc pas vos maisons pour y manger et boire? Est-ce que vous méprisez l'Église de
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Dieu? Est-ce que vous voulez faire honte k ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je? Vous louerai-je / Non, ici je ne loue point » (21-22).
Saint Paul ne dit pas aux Corinthiens : Quand vous vous réunirez désormais, puisque l'usage est de joindre à Teucharistie un repas en commun, que ce repas soit vraiment commun et que chacun ait une part égale, ceux qui ont partageant ave ceux qui n'ont rien. L'apôtre ne dit rien de pareil. Il exprime, par contre, aussi nettement qu'on peut souhaiter que se réunir pour autre chose que pour la coupe et le pain eucharistique, c'est mépriser l'Eglise de Dieu, c'est faire autre chose que le repas du Seigneur. Quiconque veut manger à sa faim et boire à sa soif n'a qu'à rester chez soi : « X'avez-vous donc pas vos maisons pour y manger et Loire? »
On ne peut désirer un texte plus formel pour définir que les réunions chrétiennes sont exclusivement eucharistiques, et que l'indécence est absolue de joindre à la cène du Seigneur un repas.
M. Keating — et nous pouvons dire qu'il n'est ni le premier, ni le seul, mais qu'il représente bien r Ecole, — M. Keating échappe à cette conclusion en supposant que saint Paul a pris occasion du désordre qui s'est produit à Corinthe, pour séparer l'eucharistie de l'agape. « Je réglerai les autres choses, quand je serai arrivé », écrivait saint Paul (xi. 34 . Désormais l'agape sera une réunion à part de la réunion eucharistique! Dans cette hypothèse, on le voit, l'agape existait donc et elle était conjointe à l'eucharistie : ce qui est supposer établi justement
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ce qui est an question, rexistence de l'agape. Quant à l'union do l'at:»:ape et de l'eucharistie, on oublie de noter que saint i\iul ncii condamne pas les abus, mais le principe même. Et si saint Paul avait pensé organiser Tagape sous une autre forme, aurait-il aussi fortement prescrit aux lidèles de Corinthe de manger et de boire chez eux, dans leurs maisons, et non dans les réunions de « l'Kglise de Dieu » ^f
M. Funk, qui est venu à la rescousse de M. Keating, dans un récent article de la Revue d'histoire ecclésiastique, pour défendre contre nous la théorie traditionnelle de l'agape, maintient que saint Paul témoigne de l'existence d'un repas commun distinct de Teucharislie. Pourquoi, dit-il, saint Paul exhorlet-il les simples fidèles à « s'attendre les uns les autres » (33)? « Ces paroles ne se comprennent que si Ton admet l'existence d'un repas aux frais duquel contribuaient les particuliers, et qui devenait ainsi un repas de communauté, ce qui, à ce moment, n'était pas observé à Corinthe ^ » — J ai le regret de ne pouvoir être, sur ce point, du mrme avis que mon savant collègue de Tubingue. Saint Paul écrit : « Lorstjue vousvous réunissez pour manger, accueillez-vous les uns les autres : si quelqu'un a faim, qu'il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour votre condamnation. » Qu'est cette réunion « pour manger i», sinon la même dont, au y 20, saint Paul écrivait : « Lorsque vous vous réunissez, ce n'est plus manger le repas du Seigneur! Car chacun prend d'abord son propre repas tv tw cpay-î^»