‹ Etudes d'histoire et de théologie positive (volume 2)Chapitre 27 sur 118 · Sitn. IV · texte numérisé non relu

Sitn. IV

conserver intact'. Personne, en deliors de quelques marcionites, ne concevait que le baptôme pût ôtre renouvelé.

Dans les Acla Thomae, quand il a donné le baptême aux nouveaux convertis, ce baptême qui « ressuscite Tâme trois fois », l'apôtre bénit le pain : Seigneur, dit-il, « fais de ce pain le pain de vie, pour que ceux qui en mangeront restent incorruptibles : Toi qui as daigné permettre qu'ils reçoivent ce don, daigne permettre qu'ils participent à ton royaume, qu'ils demeurent toujours immaculés en cette vie, afin que demeurant tels ils reçoivent ces immortels et grands bienfaits^ ».

Telle est la notion que la conscience chrétienne du 11^ siècle a de la vie, de la très pure vie, qui doit être celle du baptisé.

Sans doute, il n'était pas impossible au baptisé de garder toute sa vie cette pureté baptismale : la sainteté était assez commune parmi les chrétiens pour que la conservation de cette pureté ne parût pas être un privilège spécial. En thèse, cette fidélité était normale. Et cette thèse est celle qu'avait exprimée déjà l'épître aux Hébreux : « 11 est impossible que ceux qui ont été une fois illuminés [dans le baptême], qui ont goûté le don céleste [de l'eucharistie], qui ont eu leur part du Saint-Esprit, qui ont goûté la beauté de la parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, — et qui sont tombés, — soient une seconde fois renouvelés et convertis... Quand une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, quand elle produit une herbe utile à ceux pour qui elle est culti-

\. Sim. IX, lG(cf. Vis. HI, 3). Sim. YUT, 6. 2. Acta Thomae (éd. 3Iax Bonnet), p. 73.

vt'-e, elle participe à la bénédiction de Dieu; mais si elle produit des épines et des ronces, elle est réprouvée et près d'être maudite, et sa fin est d'être brûlée ' . «

Mais, si certains avaient conçu l'Église comme une communauté de saints, en fait, Texpéricnce contredisait douloureusement cet idéal. La loi de Dieu était comme un saule, arbre vivace entre tous et dont les rameaux, quand on les coupe et qu'on les met en terre, sont capables de pousser, de verdir, de fleurir : et c'est la figure des fidèles. Combien cependant Hermas aperçoit de ces rameaux qui sont languissants, ou desséchés, ou pourris? Ils figurent les âmes « qui ont entendu [la parole de Dieu], qui ont cru, qui ont reçu le sceau, mais qui ne l'ont pas gardé intact ». Voici les « apostats et les traîtres », ceux qui renient le Seigneur et ceux qui dénoncent leurs frères. Voici des chrétiens qui retournent aux plaisirs de ces païens au milieu desquels ils vivent*-^. Voici des riches, des honestiores, qui par superbe tournent le dos aux petits dont leur foi les avait faits les frères. Voici les gens de négoce qui par intérêt et pour un gain sordide trahissent le Seigneur. Voici les ambitieux qui ont la folie de briguer les premières places^... L'auteur de V Apocalypse de saint Pierre voit dans l'autre monde le lieu destiné au châtiment des pécheurs : il est rempli de fidèles qui ont failli. Ceux-ci ont « blas.

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