Sim, IX
vuiiicnt propre du pcchcur, qui ne saurait ôtre guéri par Dieu s'il n'a voulu lui-mùmo sa guérison.
Si tel est le principe de rindulgence, il est clair qu'aucune faute ne devra ôtre exclue du droit d'en bénéficier. Seul les pécheurs seront réprouvés « qui auront péché et qui ne se seront point convertis », comme les païens seront réprouvés parce qu'ils n'ont pas connu leur créateur '. La concupiscence du mal est figurée aux yeux dllermas par des femmes belles, mais de noir vêtues, aux épaules découvertes, aux cheveux épars, tandis que les vertus sont figurées par des vierges pudiques et blanches. Ilermas imagine des fidèles, qui, après avoir pris rang avec les saints dans la tour mystique, se sont laissé détacher de la tour par le désir de ces femmes mauvaises. Ilermas demande : « Si ces hommes se convertissent, s'ils répudient le désir de ces femmes, s'ils reviennent, ne seront-ils pas à nouveau recueillis dans la maison de Dieu? » Et Ilermas s'entend répondre : « Oui, ils seront recueillis, à condition qu'ils répudient les œuvres de ces femmes... Mais s'ils ne se convertissent pas, d'autres les remplaceront, et eux pour jamais seront rojetés ^. »
Nous pouvons préciser : l'adultère, le meurtre, l'apostasie, ces trois fautes qui plus tard constitueront de véritables cas réservés, ne sont pas exclus du bénéfice du pardon.
Hermas suppose le cas où une femme chrétienne
\. Sim. IV.
i. i>im. IX, 14.
02 KTUDES I) IIISÏOIKE
commet un adultère. En Romain qui sait que radultcre entraîne la répudiation, Ilermas se demande si le mari pèche en continuant de vivre avec sa femme coupable. La réponse est qu'il ne pèche pas, tant qu'il ignore l'adultère de sa femme; mais s'il en a connaissance et si sa femme ne se convertit pas, mais persévère dans sa conduite coupable, il doit la répudier et vivre seul. Que si sa femme, après avoir été répudiée, se convertit, fait pénitence et veut revenir à son mari, son mari doit la recevoir, et, s'il ne la reçoit pas, il commet un grand péché. Car « il faut recevoir celui qui a péché et qui se convertit » de son péché ^. Et son mari, après l'avoir répudiée, n'a pas la faculté de prendre une autre femme, pour cette raison, non pas que le premier mariage demeure, mais que le mari, prenant une seconde femme, ravirait à la première l'occasion de se repentir, si indiscutable est pour Hermas le droit de l'adultère au pardon.
Que le meurtrier ait droit aussi au pardon, c'est ce qu'établit au mieux un récit rapporté par Clément d'Alexandrie et emprunté par lui très certainement à l'enseignement des presbytres d'Asie -. Il est peu de récits plus populaires. Lorsque l'apôtre Jean fut revenu de l'île de Patmos à Éphèse, sollicité de tous côtés, il allait visiter les localités voisines peuplées de païens, tantôt pour établir des évêques, tantôt pour admettre dans le clergé les fidèles que l'Esprit-Saint