Mand. IV
2. Qiiis dives salvelur. Ce récit n'a rien de commun avec la TTôpîooo; 'Icoàvvou, et le pseudo-Âbdias le tient de Clément par l'intermédiaire de Rufin et d'Eusèbe {H. E. III, 23). Clément le donne comme un ),6yov Tzapaôeôoixévov xal [av^qu.^ TrefuXayjxévov, un récit traditionnel et oral.
désignait, tantôt pour or<^aniser entièrement des Kgliscs. 11 vint ainsi à une ville peu éloig-née, « dont quelques-uns disent le nom ». L'apôtre y remarqua un adolescent, beau de visag-e et de caractère ardent, ([u'il recommanda solennellement à l'évêque. « Le presbytre, ayant pris l'adolescent dans sa maison, le nourrit, l'éduqua et finalement l'initia [aux saints mystères]; après quoi, il se relAcliade ses soins et de sa vigilance, pensant que le sceau du Seigneur était une suffisante sauvegarde. » Le jeune homme fut entraîne par des adolescents de son âge, oisifs et dissolus : ce furent d'abord des banquets, puis des courses nocturnes pour détrousser les passants ; enfin, « méconnaissant entièrement le salut de Dieu, et ne voulant plus rien que de grand dans le crime même, il réunit ses amis, forme une bande de brigands dont il prend la conduite et devient sans rival dans la violence et le crime. » Quand l'apôtre Jean revint et qu'il demanda à l'évêque ce qu'il avait fait du dépôt confié à sa garde, l'évêque ne put que répondre en pleurant : « Celui-là est mort. » Et comme Jean demandait de quelle mort : <( Il est mort à Dieu, » répondit l'évêque.
Ce récit est trop connu pour que nous ne l'abrégions pas. L'apôtre Jean court à la recherche du jeune homme, qu'il trouve dans la montagne au milieu de sa troupe. Mais le jeune homme à la vue de l'apôtre prend la fuite. Et Jean courait après lui de toutes ses forces, oublieux de son ûge, criant : « Pourquoi fuistu, mon enfant?... Je suis ton père, aie pitié de moi, mon enfant, ne crains rien, tu as encore l'espoir de vivre... » L'autre « s'arrêta, baissant les yeux; ensuite il jeta ses armes; puis, tremblant, il se mit à
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pleurer amèrement, et, tombant dans les bras du vieillard, ses sanglots étaient toute son apologie, ses larmes le baptisaient une seconde fois » ^
Adultères et meurtriers peuvent donc retrouver la vie qu'ils ont perdue. Ilermas n'exclut pas les apostats, mais pour ces derniers il distingue les espèces de leur apostasie. Il accorde la faculté de se convertir aux chrétiens qui ont renié le Seigneur, pourvu quils ne l'aient pas renié de cœur. Et, de peur que cette casuistique ne fausse la règle du devoir, Hermas marque que cette faculté vaut pour le passé et non pour l'avenir ^.
Toutefois on ne conçoit pas que l'exercice de cette miséricorde divine soit sans condition et, pour ainsi dire, à la seule merci du pécheur. Que le pécheur se convertisse de tout son cœur, mais qu'il ne croie pas que ses fautes lui sont remises aussitôt, car il n'en est « pas tout à fait » ainsi. Nos moralistes du second siècle distinguent la conversion (asTavoia) et la guérison (laaiç) : la première est l'œuvre de l'homme pécheur, la seconde est le don de Dieu. Il faut que, une fois converti, le pénitent fasse souffrir son âme : il faut qu'il Thumilie; il faut qu'il la mortifie. C'est seulement après ces épreuves que Dieu lui donnera la guérison. Ce mot de guérison revient à mainte reprise sur les lèvres d'Hermas. Il la comprend comme une intervention de Dieu. Car à « Dieu seul » il appartient de guérir, lui seul étant tout-puissant. Au pécheur il appartient de se purifier de ses actions mauvaises et de n'ajouter plus une faute aux fautes
1. Hermas {Sim. VIII, 6, 3) présente de même la (xerdcvoia comme une seconde crçpaytç. Cf. Sun. IX, 4G, 2-4.