‹ Etudes d'histoire et de théologie positive (volume 2)Chapitre 38 sur 118 · Contra haer. I · texte numérisé non relu

Contra haer. I

Denys, qui fut évoque do (^orintlio vers 170, il en est une adressée aux é<^liscs du Pont sur le mariage et la continence (lie pi yai^ou xal aYveia;), c'est-à-dire sur la question encratite : elle était donc le sujet de discussions et de divergences entre Eglises. La doctrine de l'évéque de Corinthc est résumée par Eusèbc en une proposition : Dciiys, dit-il, « pose en règle qu'il faut recevoir ceux qui se convertissent de n'importe quelle chute, soit péché, soit môme égarement hérétique ' ». C'est la doctrine d'ilermas, sans les restrictions et les hésitations d'Ilermas. On ne peut aflirmer plus catégoriquement le droit au pardon. Mais s'il est allirmé ainsi, ne serait-ce pas qu'il était mis en question ailleurs? Marcion, fils de Tévéque de Sinope, semble avoir été élevé dans les maximes encratites : il tombe dans le désordre : quand il veut obtenir le pardon promis au pécheur (pii se convertit, son père le lui refuse impitoyablement. Marcion, toujours repentant, arrive à Rome et demande à être reçu par les presbytres romains : ceux-ci refusent, mais seulement par égard pour l'évéque de Sinope. Le fait est rapporté par saint l'>piplianc, qui a dû l'emprunter à saint llippolyte. On en peut déduire que l'évéque de Sinope était plus rigoureux que les presbytres romains '^.

11 faut conclure : l'Eglise a cru, comme elle croit toujours, à la possibilité pour le chrétien de garder la pureté baptismale. La vocation de l'Eglise est d'ôtre une communion de saints. L'enthousiasme a tendu à faire de cet idéal la règle commune et la con-

l.EusEn. //. E. IV, 23,6.

4. Ei'ii'UAN. Ilaer. XLU, 1. Cf. Piiilastiv. Ilacr. ;:; et Tkutll. Pracscr. :,\.

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(lition du salut, en méconnaissant la distinction des conseils et des préceptes. La conscience clirétienne ne s'est pas laissé fausser : car cette conception aristocratique, c'est rencratisme, etilermasnous a montré de quel côté est l'Eglise *.

\. Cf. Swr.ETE, « Pcnitenlial discipline in first Ihree centuries », •dans le Journal of theological studies, t. IV (1903), p. 330 sqq.

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