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ET DE TUKOLOr.IE POSITIVE. 113
les confesseurs étaient fort nombreux, et, s'il en était cradniirables, il en était aussi de ([ualité inférieure, vulgaires, glorieux, querelleurs, arrogants, et certains môme de mœurs équivoques (xiii, 5). Ils refusaient d'obéir aux prêtres et aux diacres (xiv, 3). En relevant ainsi l'indignité de tels martyrs, saint Cyprien rappelait (en conformité avec saint I renée) que le pouvoir des martyrs était un simple pouvoir d'intercession par la prière auprès de Dieu : tant valait le martyr, tant valait l'intercession. Mais cette restriction ne suffisait pas, et il était urgent de régler l'usage de celte intercession, sous peine de voir la discipline de l'h^glise échapper aux mains légitimes.
L'équilibre de l'Kglise était donc compromis à la fois par le nombre des lapsi et par l'ingérence des confessores.
A Cartilage, saint Cyprien intervint avec une clairvoyante énergie \ d'abord pour limiter ]ai praerogati\>a martyruni (xviii, 1). Il interdit aux prêtres de rendre la communion aux lapsi sur le simple vu du billet de communion délivré par un martyr. II voit dans cet acte une offense à l'épiscopat, une méconnaissance de l'extrême gravité de l'apostasie commise par les lapsi. Pour des péchés moindres les pécheurs font pénitence un temps convenable, puis ils reçoivent le droit de communier par l'imposition des mains de Tévéque et du clergé : et ces lapsiy alors que la persécution dure encore, seraient reçus à la communion, avant toute pénitence faite, avant toute imposition de mains de l'évéque et du clero-é?
I. Voyez C. CioF.TZ. Die Buislchrc Cyprians (KûDigsherg i8îV});mais osl une œuvre de vieux catholique écliaulTé.
114 ETUDES IJIIISTOIKE
Nam cnm in minoribus peccatis agant j)CCcatorespaenitontiam iusto tompore, et secundum disciplinae ordinem ad exomologcsim vcniant, et per manus impositionem episcopi et cleri iiis communicationis accipiant, — nunc crudo tempore persecutione adhuc persévérante, nondurri restituta ecclesiae ipsiiis pace, ad communicationem admittuntur, et offertur nomine eorum, et nondum paenitentia acta, nondum cxomologcsi facta, nondum manu eis ab episcopo etclero imposita, eucharistia illis datur(xvi,2).
Ces déclarations sont très importantes, car elles décrivent Vordo disciplinae pratiqué à Carthage au moment où la persécution a éclaté. Les pécheurs coupables de péchés moindres que l'apostasie font une pénitence dont la durée est proportionnée à leurs péchés (iusto tempoi^é) ; concurremment ils sont astreints à l'exercice de l'exomologèse [ad exomologesim 9eniuni) ; enfin l'évêque et le clergé leur imposent les mains, et cette imposition des mains, évidemment publique, puisque le clergé y est associé à l'évêque, leur rend le droit à la participation aux saints mystères [ius communicationis). Telle est la procédure normale in minoribus peccatis. Cette procédure, dans ses lignes générales, doit être identique à celle que Tertullien trente ans plus tôt, à Carthage même, appelait « paenitentiae species post fidem, quae leviorihus delictis s>eniam ah episcopo conse^ quitur^ ».
Saint Cyprien ne professe pas que l'apostasie soit un péché irrémissible en ce sens qu'il serait réservé à Dieu, et ceci est à noter comme un symptôme da développement de la doctrine pénitentielle depuis Calliste. Car Calliste avait soulevé des protestations