SozoM. h. /;. vil, <(i P. G. t. lAVlI, 11Ô7 cl s
3. Qu'il nous soit permis, pour la prouve do cclto affirmation, de renvoyer à ileux memoiros publit's par nous sur les sources de Sozomène. dans la rii/zantinisch* Zeitschrift, l. VII (1898), p. i6o et s., cl t. X (IdW), p. 1-28 et s.
ailleurs et dont nous montrerons le bon aloi ; mais c'est aussi un démarquage maladroit. Sozomène a copié l'histoire de la dame de qualité qui vient dire ses fautes au prêtre pénitencier et qui reçoit Tordre de jeûner et de prier. Puis, comprenant mal ou lisant trop vite le texte de Socrates, il imagine que cette femme, demeurant « dans l'église » pour y accomplir la satisfaction imposée, y fut outragée par un diacre. Il n'y a rien de pareil dans Socrates, et cette violence est simplement une violence faite par Sozomène au texte de Socrates qu'il copie. Sozomène n'a pas compris pourquoi l'incident de la dame, du pénitencier et du diacre, tel que le raconte d'une façon abrupte Socrates, avait pu causer une si profonde émotion dans l'Eglise de Constantinople : il a voulu l'expliquer par un scandale grossier, répugnant, et il a imaginé le diacre souillant une pénitente dans l'église même. Il peut alors parler de l'émotion du peuple à la nouvelle de « cet outrage fait à l'Eglise », et de la « déconsidération grande qui en rejaillit sur l'ordre ecclésiastique )). Puis il représente Nectaire hésitant longtemps, et finalement se résolvant à déposer le diacre coupable : comme si on avait à hésiter dans un cas si notoire, si prévu, si clair? Puis il rapporte qu'en outre Nectaire supprima Toffice du prêtre pénitencier : comme si, soit le prêtre pénitencier en question, soit son office même, eût rien à voir avec l'infortune de cette dame et le crime de ce diacre? C'est purement incohérent. Nous écartons donc le récit de Sozomène, comme un plagiat et une mésinterprétation de Socrates.
Reprenons maintenant une à une les expressions significatives de Socrates.
ET ni: THÉOLOGIE POSITIVK. 163
Un prôtre pénitencier est cliargé des pénitents : « Sous ce prêtre ils fontexoniolog-èsede leurs fautes », les fautes commises après le baptême. Socratesne dit pas : TouTti) Toj Trpsaôorcpw è^oixoXoYouvTat, ce qui impliquerait simplement l'aveu au prêtre. Il dit : im toutou Tou îTpcff^uTEpou i;oaoXoYOovTai : et cela implique que, non seulement ils révéleront leurs fautes à ce prêtre, mais encore qu'ils accompliront sous sa direction et sous son contrôle la satisfaction qu'il aura imposée. Valois note sur ces mots que Socrates donne à entendre qu'il s'agit là d'une confession secrète, et non d'une confession faite publiquement en présence de tout le peuple : si nous n'attachons pas d'importance à cette nuance, c'est que la confession publi([uc ne nous préoccupe nullement, n'en ayant trouvé nulle trace dans les textes depuis le h" siècle. La lettre du pape saint Léon, du 6 mars 459, aux évêques de Campanie, leur interdisant de lire en public la confession écrite des fidèles qui sollicitent la pénitence, suppose que c'est là une innovation desdits évoques ou une singularité de leurs Eglises : et cet usage est par le pape taxé assez fortement d'abus et d'usurpation illicite pour que nous soyons sûrs que le sentiment était profond de ce que la confession publique avait de périlleux et d'insolite. Sozomène fait écho à ce sentiment de saint [.éon, quand il note tout ce ([u'aurait de pénibl(3 l'obligation « de divulguer ses fautes comme dans un théâtre devant toute l'assemblée de l'église » ' ? Mais l'exomologèse comprend et l'aveu du péché et la satisfaction à donner pour le péché : la satisfaction dépend de l'aveu puisqu'elle est
\. ixrrr. n" 'SVi. Sozom. col. 14C0 A.
15i ÉTUDES D'HISTOIRE
proportionnée au péché : rÉglise ne se désintéresse aucunement de cette satisfaction, elle Timpose, elle la contrôle \ et, si elle ne lui donne pas toute la publicité dont elle l'entourait du temps de Tertullien, encore veut-elle que le prêtre pénitencier ait mission en son nom de veiller à ce qu'elle soit exécutée rigoureusement comme le paiement d'une dette.
Une dame de qualité vient avouer à ce prêtre les fautes qu'elle a commises depuis son baptême : xaTot u.epoç£ço[j.o)vOY£ÎTai xàç àaapTiaçâ; eiTcTrpa/ei u-exaTO |ja:rTi(;{xa, L'expression xaTot (ji.£poç ilo[io'ko*(iixoLi n'est pas claire. On a voulu y voir le fait et le précepte d'une confession intégrale, cette pénitente étant supposée confesser ses fautes sigillatim. On a supposé aussi que xaxà [i-spoç signifiait partim, la pénitente étant supposée faire un aveu incomplet. Si Socrates, remarque-ton, avait voulu dire que la pénitente accusa seulement une partie de ses fautes, il aurait marqué cette restriction par quelque particule ^. Nous le croyons aussi. Nous supposons donc que Socrates a voulu exprimer que la pénitente accuse — le verbe est àTindicatif et marque une action qui commence, mais qui n'est pas achevée encore — accuse ses fautes en détail, une à une. Puis elle s'arrête : elle n'a pas tout dit, mais,
\. Telle est aussi la procédure dans les Constitutions apostoliques, témoin de la discipline en Syrie au milieu du iv* siècle. Mais là le jugement préalable du pécheur appartient à l'évêque ; la surveillance de la satisfaction est dévolue aux diacres ; la réconciliation finale est une fonction de l'évêque. Holl, Enth. undBussgewalt, p. 241. Notons (jue la satisfaction est toujours proportionnée à la faute : Mrj Ttàcrr,; à[xapTia; Ty)v aÙTr)v TïoteTcôs aTioçaatv, àXÀ'éxâtjXiri; lôiav. Certaines fautes ne méritent que des menaces; pour d'autres on imposera des aumônes, pour d'autres des jeûnes, etc. Tïpo; ib [AeyeQoç toO èyx).r,|xaTo;. Const. ap. n, 48, cité par Holl, ihid.