Stromat. V,n
à chaque scène. Jadis quiconque eût trahi le secret des Éleusinies eût encouru la peine capitale et la confiscation, comme qui les eût profanés. Quand ces sanctions terribles eurent disparu, le secret se maintint religieusement encore, et aux auteurs chrétiens nous devons les indiscrétions qui expliquent les façons énigmatiques et voilées qu'avaient les auteurs païens d'en parler. Au vi' siècle de notre ère, le rhéteur Sopater donnait ce sujet de développement à ses élèves : « La loi punit de mort quiconque aura révélé les mystères : quelqu'un à qui Tinitiation s'est montrée dans un rêve demande à Tun des initiés si ce qu'il a vu est conforme à la réalité; l'initié acquiesce par un signe de tête, et c'est pour cela qu'il est accusé d'impiété ^ »
Le culte d'Isis, au contraire des Eleusinies, fut un culte émigrant et missionnaire : d'Egypte, où il était né, il avait gagné Antioche, Smyrne, la Macédoine, Athènes, la Sicile, et il avait pénétré à Rome sur la fin du second siècle avant l'ère chrétienne. Poursuivi et prohibé à maintes reprises, sous la république, sous Auguste, sous Tibère, il demeura toujours un culte privé, desservi par des confréries privées; mais la plus haute société de Rome et la cour impériale même lui fournirent des initiés. Les Cultores sacrorum Isidis^ formés en collèges, eurent des temples, un clergé, une liturgie : ils eurent surtout des mystères ^. Plus jeune, le culte de Mithra venait de plus loin, puisqu'il venait de Perse; mais il ne se propagea point dans le monde grec, et, répandu surtout parmi les soldats orientaux, il fut