‹ Etudes d'histoire et de théologie positive (volume 2)Chapitre 8 sur 118 · Lafaye, art. Isis, ibid · texte numérisé non relu

Lafaye, art. Isis, ibid

porté par eux dans l'Occident latin, cii Pannonie, en Germanie, en Bretaj^ne, en Kspagne, en Afrique. A Uome même, vétérans et esclaves orientaux concoururent à l'acclimater sur la fin du i*"" siècle et à le propager dans la société la plus haute. Jamais prohibé, le culte mithriaque fut au contraire favorisé par lesempereursdepuis Commode, toléré par Constantin, ri\slauré par Julien, et à grand'peine supprimé par Tliéodose. Comme les isiaques, les Cultorcs solis iiwicti Milhrae eurent leurs sodalitiuy des sanctuaires, un clergé, une liturgie, des mystères'.

Le christianisme ne put se propager sans rencontrer presque partout, et notamment à Uome, les cultures d'Isis ou de Mithra, sans avoir à vaincre la concurrence de leur propagande et de leur succès, et sans subir la fâcheuse fortune d'avoir plus d'un point de ressemblance avec eux.

Le mithriacismc était une religion d'initiés : il ne comptait pas moins de sept degrés d'initiation, car l'initié devait acquérir successivement les titres de corbeau, d'occulte (cruphiiis)^ de soldat, de lion, de perse, de courrier du soleil, de père. Mais ni les corbeaux, ni les occultes, ni les soldats ne participaient aux mystères : il fallait être lion pour y participer. L'initiation s'appelait sacra menlum, parce que l'initié y jurait de ne divulguer pas les secrets et les rites qu'on lui révélait. Les initiations avaient lieu (le préférence au printemps, vers le temps de PAques : les hommes seuls pouvai(>ntétre initiés, carde cette maçonnerie militaire les femmes étaient , croit-on, exclues.

Apulée, à la fin du n^ siècle de notre ère, dans

1. F. Ci'MONT, Textes et monuments figurés, relatifs aux mystères de MUhra, t. I (Druxellcs 18W), introd.

li ÉTUDKS DIIISTOIKE

lo roman de la Métamorphose^ a décrit une scènrd'inilialion isiaque, dont lus traits sont bien connus. On y voit le héros du roman, Lucius, décidé à entrer dans la confrérie isiaque (dare nomen sanctae mililiae), à Cenclirée, près de Corinthe, solliciter le prêtre souverain (primarium sacerdotem) de l'admettre à l'initiation des arcanes de la nuit sainte [noctls sacratae arcanis initiari). Le prêtre lui remontre l'auguste gravité de sa demande : la déesse ne confiait les grands secrets de sa religion [magna religionis silentià) qu'à des hommes tout pénétrés de piété : il fallait que Lucius se préparât par Labstiiience à recevoir dignement les arcanes cachés de la plus pure religion [arcana piirissimae religionis sécréta). Passons sur les cérémonies de cette sorte de catéchuménat pour ne retenir que la cérémonie finale, qui est proprement l'initiation, dans le plus profond du sanctuaire. « Lecteur attentif, poursuit alors Apulée, tu me demanderas peut-être avec émoi ce qui s'est dit là, ce qui s'est fait. Je le dirais, s'il était permis de le dire; tu l'apprendrais, s'il t'était permis de l'entendre. Mais le péché serait égal pour les oreilles et pour la langue coupables d'une telle témérité. » Il est vrai qu'aussitôt Apulée nous révèle ce qu'a vu Lucius, et il n'est pas moins vrai que sa confidence est une mystification, encore qu'elle se termine par ce mot solennel : « Voilà, je t'ai rapporté [ce que tu voulais savoir], tu as entendu, mais il est nécessaire que tu ignores ^ » Nous sommes ici en plein arcane.

De cet exposé se dégage bien la nature du secret

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