Id. Liv, 2; Lvii
î. Id. XLIV, .'j.
3. / Cor. XVI, 15: oIôits ttiv olxi'av I-reçavâ 5ti Iotiv àîrapyr^ xr;; *A*/Œta; xal el; Siaxovîav xoï; àYtot; É":a;av £a'j:oO;, îva xai Ojjlsï; 07;oTâo<jYi<TÔ£ Tot; xoiojço'.; xal navTi tû (jvvîp-joOvTi xal xoTitûivTi...
238 ÉTUDKS D'IIISTOIFIE
carpe s'adresse aux diacres cl aux prosbytres de Pliilippes, le mot d'cpiscope n'est pas prononcé. Les diacres seront les serviteurs, non des hommes, mais de Dieu et du Christ, sans avarice, miséricordieux, empressés (v, 2). Les presbytres seront miséricordieux pour tous, ramèneront les égarés, visiteront les infirmes, auront cure des veuves, des orphelins, des pauvres, seront sans avarice et sans colère (vi, 1). « Je suis attristé avec vous, ajoute-t-il, du cas de Valons, qui a été fait presbytre chez vous, et qui méconnadt à ce point la charge qui lui a été confiée : je vous en conjure, gardez-vous de l'amour de l'argent » (xi, 1). La discipline est le premier devoir ecclésiastique : «Soyez soumis aux presbytres et aux diacres comme à Dieu et au Christ^ ». L'épître de saint Paul aux Philippiens permet d'établir que quarante ans auparavant la hiérarchie est déjà à Philippes une hiérarchie à deux termes, mais les termes ne sont pas exactement ceux de Fépître de Polycarpe. A qui, en effet, l'apôtre adresse-t-il sa lettre? Aux « saints », c'està-dire, selon le langage familier à Paul, aux chrétiens qui sont à Philippes, et il ajoute : «... aux saints qui sont à Philippes avec les épiscopes et les diacres » ^. — A Thessalonique, on en a pour gage la première épître aux Thessaloniciens, l'administration locale ne marque pas, dans les quelques mots que Paul lui consacre, par des termes aussi précis. Mais les termes dont il use, si on les rapproche de ceux qu'il employait au sujet de la maison de Stéphanas à Corinthe, donnent à penser que l'orga-
1. POLYCARp. ad Philipp. v. 3 : ûuoTa(rffO|J.£vou; toT; îrpeaouTspoiç xai Staxovot;.
2. Phili. I, 1 : Toïç ouaiv èv ^iXîtttcoiç cùv èîîiffxoTroiç -/.al oiaxovoiç.
nisatioii de la communauté est à Thessalonique la même qu'àCorinthe. ^<. Nous vous demandons, frères, de reconnaître ceux qui travaillent chez vous, et qui sont à votre tête dans le Seigneur et vous prêchent... », ainsi parle Paul aux Thessaloniciens *. A Corinthe, il veut qu'on soit soumis à ceux qui sont constitués pour le service des saints : à Thessalonique il dit aux saints de reconnaître leurs chefs, leurs icpoïaTajxsvoi. Le mot est celui-là même qui servira aux Epltres pastorales à désigner le gouvernement du père de famille dans sa maison.
A Rome, la Prima Clementis autorise à dire que rÉglise romaine tient rcTriaxoTriq, aussi bien que le diaconat, pour une institution des apôtres. Il y aura donc à Rome comme à Corinthe, comme à Philippes, des diacres et des épiscopes. On voudrait y constater explicitement Texistence de l'épiscopat monarchique. Les critiques qu'inlluence encore le Vieux Protestantisme objectent que Tépître de saint Ignace adressée aux Romains ne parle pas d'évéque unique de Rome. Assurément, il est vrai qu'elle ne parle pas davantage de presbytres, ni de diacres. Cependant Ignace s'annonce aux Romains comme l'évéque de Syrie, il recommande à leur prière lEglise de Syrie dont il est le pasteur et l'évéque : dira-t-on que l'épiscopat monarchique est, vers 107, une institution inouïe à Rome? inouïe de cette Église dont Ignace dit qu'elle a « instruit les autres Eglises » ? inouïe de cette Église que saint Ignace, dans les premières lignes si fameuses le son épître, exalte comme l'Eglise modèle, /pi^-
1. / Thess. V. lî : eloévai toù; xoTT'.côvxa; èv 0[xTv xal TTço'iCTaixévou; Hù)V èv xupîti) xai vo'jOsxoOvia; 'j|xâ;.
2iO KIL'DES DHISTUIKK
Tovo(jLO(;? Et assurément encore léveque d Antioche nii liaran^ue pas TEglisc romaine comme il fait les autres. Irait-il faire la leçon à cette T^glise sans «''f^ale, comme il faisait aux Eglises de Smyrne, dEplièse, de Tralles ou de Magnésie? Il la salue en termes d une révérence extrême : il croirait indécent de parler à ses membres révérés de leurs devoirs. On ne saurait donc tirer argument du langage d Ignace. La question reste entière. Enfin, si l'épiscopat romain a été collectif un temps, et nous dirons en quel sens il aurait pu l'être, le souvenir s'en est perdu de bien bonne heure. Le Syrien Ilégésippe, qui séjournait à Kome vers 160, y vit fonctionner l'épiscopat monarchique, et le diacre Eleuthère succéder à lévêque Soter, successeur de Tévêque Anicet ^ Le Smyrniote Irénée, moins de quinze ans après, énumérant les premiers évêques de Rome jusqu'au douzième, Anicet (166*), donne cette succession comme la succession dévêques monarchiques^. Ces Orientaux, venus du pays d'Ignace et de Polycarpe, n'imaginaient pas la succession épiscopale à Rome différente de ce qu'elle était à Antioche ou à Smyrne.
Mais cet esprit est-il celui des plus anciens textes d'origine romaine? La Prima Pétri évoque cette image neuve alors et que saint Ignace devait reprendre, à savoir que le Christ est non seulement le berger, mais l'épiscope des âmes; épiscope et berger sont pour notre auteur deux termes synonymes, oo, si l'on préfère, le berger est la figure de l'épiscope'