‹ Etudes d'histoire et de théologie positive (volume 2)Chapitre 97 sur 118 · Mrmoires, t. VI, p · texte numérisé non relu

Mrmoires, t. VI, p

i. Jlaer. LXIX, â;P. G. LXH, col. 505). Cf. I.XVIIf, 4 (col. 189).

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(l'enlever au presbylerium alexandrin le privilège que lui conférait l'ancien régime, et de faire rentrer dans le droit commun des prêtres qui venaient de troubler si profondément l'Église V

L'importance exceptionnelle du presbyterium d'Alexandrie jusqu'au temps de Nicée, est un indice qui confirme bien le dire d'Eutychius, quant à la date du changement de régime électoral d'Alexandrie. Quant au fond, savoir si vraiment Tévéque dAlexandrie était élu par le presbyterium sans l'intervention d'évêques pour le consacrer, deux faits peuvent «Hre produits.

Le premier a été signalé par Dom Butler dans les Apophtegmata Patriim, en un passage qui, dit-il, peut difTicilement être postérieur au iv^ siècle. Des hérétiques viennent trouver l'abbé Poemen et entreprennent de calomnier Tévêque d'Alexandrie, l'accusant d'avoir été consacré par des prêtres. L'abbé Poemen ne répond pas, et se contente de donner l'ordre de faire servir à manger à ces hérétiques, et de les congédier ensuite en paix^ Leur grief a si peu de fondement que l'abbé Poemen ne daigne même pas y répondre. Mais ce grief même ne donne-t-il pas à entendre que, à pareille époque, en Egypte, on tenait pour illégitime, mais non pour inouïe, l'intervention des prêtres dans la consécration de l'évêque d'Alexandrie? N'y a-t-il pas là une allusion à l'ancien régime alexandrin? J'avoue que je n'oserais l'affirmer.

Le deuxième fait, qui n'a été, croyons-nous, si-

1. Apophtegm. 78 (P. G. LXV, 341). G. Butler, Tlie Lausiac Histûry (Cambridge 1808), p. 213.

pnalé jusqu'ici par personne, est fourni par saint Mpiphane, à propos de It-lertion du successeur d'Alexandre. La coutume à Alexîindric, écrit-il, est que, sitôt la mort de l'évc^que, on lui donne un successeur, pour couper court aux factions populaires qui pourraient troubler la paix'. Et donc, tandis que dans s autres cités on attend un moment favorable à la réunion des évoques de la province, à Alexandrie on n'attend pas, on procède aussitôt [^aa] à l'élection de i'évéque. — l^pipliane tient celte règle pour si constante à Alexandrie, qu'il ne comprend pas comment entre la mort d'Alexandre (17 avril 328, trois jours après Pâques) et l'élection d'Athanase (8 juin), il puisse exister une vacance de près de trois mois. Il rapporte donc, lui seul, que, aussitôt Alexandre mort, on élit son successeur Achillas, qui meurt trois mois environ plus tard, et aussitôt Athanase • stélu; et il explique que si Athanase n'a pas été élu à la mort d'Alexandre, c'est qu'Atlianase était à ce moment précis en mission à la cour impériale, et qu'Alexandrie ne pouvait pas attendre ! C'est là une histoire controuvéo, car Achillas est en réalité le prédécesseur d'Alexandre. Mais la confusion d'Epiphane, inexpliquée jusqu'ici, s'explique au mieux par la persuasion où il est qu'à Alexandrie l'élection de l'évoque se fait sitôt que le siège est vacant. — Or, dirons-nous, cette règle, une exception à l'usage général, est propre à Alexandrie, et elle n'est applicable que si le collège électoral est présent à Alexandrie. Nouvel indice que le presbyterium alexandrin est ce collège électoral.

i. Ilaer. LXIX, Il (col. itO) : "EOoc £v 'A)e^avc6eîa |ir, xpoviCeiv

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L'exceptionnelle importance dn presbyterium alexandrin jusqu'au temps de Téveque Alexandre, qui est le fait le plus simple et le mieux établi par cette enquête, s'accorde bien avec le souvenir qui s'est gardé du caractère quasi épiscopal des prêtres qui composaient ce presbyterium ^ C'était là un vestige de la plus haute antiquité. Nous devons ici à saint Jérôme une information dont nous pensons avoir montré la valeur^.

i. Ainsi s'expliquerait l'implacable rigueur mise par Demetrius, évêque d'Alexandrie, à ne pas vouloir reconnaître la prêtrise conférée à Origène par l'évêque de Césarée.

2. Sur le sentiment de saint Jérôme, on pourra consulter L. San- DERs, Études sur saint Jérôme (Bruxelles 1903), p. 296-344. — Sur la hiérarciiie primitive en général, D. Bop.kowski, Die neueren Forschungen ûber die Anfdnge des Episkopats (Freiburg 1900).

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