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ET DE TIIÉOLOGIE POSITIVE. lûQ
quelques éviîques dont on respecta les motifs, opposition qui du temps de saint C yprien avait cessé d'i^lre, Dôllinger a voulu trouver dans l'œuvre d'Origène un prolongement de cette opposition, et associer Origène à l'auteur des Philosophoumena et à Tertullien dans une altitude rigoriste et dans une tenace animosité contre Calliste * . Pour cela, on fait êlat du passage du De oratione où Origène s'élève vivement contre les évèques qui ont la prétention de remellre les fautes d'idolâtrie, d'adultère et de fornication : le passage, en eifet, est fort instructif; mais, dès l'instant qu'il y est question de remettre l'idolâtrie, bien manifestement la situation visée par Origène est autre et plus récente que la situation de Calliste. Au surplus, le De oratione appartient à la fin de la vie d'Origèue, il se place, croyons-nous, au temps de Philippe l'Arabe (244-249) :àCésarée,aîtard| quellcH raisons particulières aurait-on eues de polémiser contre Calliste? Du moins, ce passage d'Origène nous révèle d'abord le sentiment même d'Origène, et sans doute aussi celui de l'Église de Ccsai'ée : l'évèque a le pouvoir de remettre les fautes involontaires, même les fautes formelles, mais de ce pouvoir on exclut l'adultère, l'homicide et l'idolâtrie. C'est la discipline des Eglises dissidentes signalées par saint Cyprien, c'est la discipline défendue par Tertullien et les Philosophoumena, Mais Origène sait que certaines Églises sont plus indulgentes : II est des évêques, écrit-il, qui, je ne sais comment, osent s'attribuer un pouvoir bien supérieur au pou-
1. JiHf.\.i.iiiG'ÊK,Bippolyt uail KuUiai, p. 9ûl e( Bulv. cilé par Uariock, BoQmenyesckicle, t. I^, p. 411, Dote, qui se raogeù t'uitinioii errooce, I Ciojoiis-iious, (le DOlUnger.
ÉTLDES DHISTOIIIE
voir cpiscopat : Us se vantent de remettre l'idolàtrio, l'adultère, la fornication, comme si leur prière suffisait à remettre des fautes qui sont mortelles. Us ne savent pas qu'il est écrit : Est peccalum ad morteiii, non pro illo dico ut roget quis*. n Cependant Origène reconnaît aux martyrs le pouvoir qu'il ne reconnaît pas aux évêques. 11 n'existe pas de rémission des péchés autre que le baptême, et l'on ne peut être baptisé deux fois. Mais le martyre est un baptême, puisque la passion du Christ a été un baptême, Buplismo haheo baptizari. De même donc que la passion du Ctirist a purifié le monde, la passion des martyrs purifie. Les martyrs « procurent à ceu.t qui les prient la rémission de leurs fautes » : ils sont, eux, les prêtres immaculés qui seuls peuvent offrir à Dieu une victime immaculée *. Par là, tout ensemble, Origène est un témoin de la tendance contraire à celle de Calliste et de saint Cyprien, rien de plus.
Calliste nous amène à redire, en terminant, ce que nous disions d'Uermas : il y a dans les Eglises des controverses, des hésitations, des réactions, mais le développement se fait, continu et lent, avec une suite vitale. L'Encratisme a été éliminé, le Montanisme a été éliminé, le Novatianisnie va être éliminé, cependant que l'organisme pénitentiel fixe ses formes jadis malaisées à reconnaître.
LA CRISE NOVATIENNE (250-251)
L'édit du pape Calliste a fixé la doctrine et la discipline sur le pouvoir qu'a l'Église de remettre les péchés cpie Ton avait cru devoir, avant lui, réserver à Dieu. Le pape Cornélius va être amené à confirmer redit de Calliste et à en étendre la compréhension. Mais tandis que Calliste n'a soulevé que des controverses, Cornélius provoquera un schisme.
Sur la fin de 249, un édit publié par Dèce intima l'ordre à tous les sujets de l'empire, citoyens, soldats, affranchis, esclaves, d'offrir des sacrifices expiatoires aux dieux : quiconque refuserait d'obtempérer à l'ordre impérial serait incarcéré et soumis à la torture : les magistrats devaient particulièrement veiller à ce que les chrétiens ne se dérobassent pas à ces prescriptions ^
1. J. Gregg, The decian persécution (Londres 1897), p, 84, a essayé de restituer le texte de redit.
ETUDES DllISTOlRE
C'était l'idolàlric ou la mort, scmblait-U. Mats, fait, il se trouva nombre de clirétiens a qui leitv rang ou leur fortune doima le moyen de prendre la fuite : Cyprien a Carthage, Novatien à Rome furent de ceux-là. Les autres payèrent de leur tète leur refus de sacrifice, ainsi le pape Fabien exécuté le 21 janvier 250; d'autres furent incarcérés de longs s, et survécurent à leur comparution, à leur torture, à leur incarcération, ce furent les martyres, les confeaaorea , deus mots alors synonymes; d'autres enfin [lapsi] se soumirent à l'édil, sacrifièrent aux idoles; ou bien, profitant de la connivence de la po-^ lice, obtinrent, sans sacrifice, un certificat de sa( fice [libellatict]. Or le nombre des lapai de ces versos catégories fut immense'. Novatien pourra écrire : « Aspice toltim orbem pêne vastatum, et ubique iacere deiectorum rellquias et ruinas ', «
On était mis brusquement en présence de ce fait inouï que la plus grande partie des fidèles, coupable d'un péché « irrémissible o, était maintenant hors de l'Église.
Un second fait se produisit concurremment, fut que les martyres ou confessores, usant de la pi rogative dont nous avons constaté l'existence à Lyon avec saint Irénée, à Rome avec Calliste, à Césarée avec Origène, à Cartbage avec Tertullîen, prirent sur eux de remettre en masse leur apostasie aux lapsi. A Carthage, notamment, les cpnfesseï prisonnés voyaient les fidèles les visiter n gîomeraA tim et per muttitadinem b, comme noua l'appreni' saint Cyprien {Epistitl. v, 2). Or, second désordre,
les confesseurs étaient fort nombreux, et, s'il en était d'admirables, il en élait aussi de qualité inférieure, vulgaires, glorieux, querelleurs, arrogants, et certains même de mœurs équivoques (xiii, 5). Ils refusaient d'obéir aux prêtres et aux diacres (xiv, 3). En relevant ainsi l'indignité de tels martyrs, saint Cyprien rappelait (en conformité avec saint Irénée) que le pouvoir des martyrs était un simple pouvoir d'intercession par la prière auprès de Dieu : tant valait le martyr, tant valait l'intercession. Mais cette restriction ne suffisait pas, et il était urgent de régler l'usage de cette intercession, sous peine de voir la discipline de l'Eglise échappep aux mains légitimes.
L'équilibre de l'Eglise était donc compromis à la fois par le nombre des lapsi et par l'ingérence des confessa rcs.
A Cartilage, saint Cyprien intervint avec une clairvoyante énergie', d'abord pour limiter \a praerogalica martyrum (xviii, 1). 11 interdit aux prêtres de rendre la communion aux lapsi sur le simple vu du billet de communion délivré par un martyr, 11 voit dans cet acte une offense à l'épiscopat, une méconnaissance de l'extri^me gravité de l'apostasie commise par les lapsi. Pour des péchés moindres les pécheurs font pénitence un temps convenable, puis ils reçoivent le droit de communier par l'imposition des mains de l'évêque et du clergé : et ces lapsi, alors que la persécution dure encore, seraient reçus à la communion, avant toute pénitence faite, avant toute imposition do mains de l'évoque et du clergé?
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ÉTUDES DllISTOIRE
Nam c»m in laînoribiis peccatls agant peccatores paenitcntiam iusto tempore, et secandum disciplinai ordinem ad exomologesim veniant, et per nianus impositionera ppiscopi et cleri ius communications accipiant, — nunc cnido tcmpore persecutione adhuc persévérante, nondura restituta ecclestae îpsius pace, ad commuaicationem admittuntur, et offertur nomine eorum, et nonduna paenitentia acta, nondum eïomologesi facta, nondum manu ei^ ab episcopo et clero impoaita, eucharistia illis da,tar(xvi,2).
Ces déclarations sont très importantes, car Glle^| décrivent Vordo disciplinae pratiqué à Carthage a^| moment où la persécution a éclaté. Les pécheoeffl coupables de péchés moindres que l'apostasie foo^l une pénitence dont la durée est proportionnée à leunH péchés [iusto tempore] ; concurremment ils sont afrfl treints à l'exercice de l'exomologèse [ad g.ro/wofa^B geslm veniunl) ; enfin l'évâqiie et le clergé lenij Imposent les mains, et cette imposition des maipïH évidemment publique, puisque le clergé y est associai à l'évèque, leur rend le droit à la participation aji;^| saints mystères [ius communicationis). Telle est a^ procédure normale in minoribas peccatis. Cette pra-^ cédure, dans ses lignes générales, doit être identiqual à celle que TertuUien trente ans plus tôt, à Carthag^f même, appelait « pnenilentiae species post fiden^Ê qttae levioribus deliclis veniam ab episcopo consfl^H quititr^ ». ^1
Saint Cyprien ne professe pas que l'apostasie SO^H un péché irrémissible en ce sens qu il serait réserviH à Dieu, et ceci est à noter comme un symptôme diB développement de la doctrine pénilenlielle depui^l Calliste. Car Callistc avait soulevé dos p rotes ta tionsfl