‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 3)Chapitre 35 sur 46 · Eph. n, 30 et III. IS. 7 Cor. iiv, 3, 3, Didach · texte numérisé non relu

Eph. n, 30 et III. IS. 7 Cor. iiv, 3, 3, Didach

.*. / Cor. XII, 39 : itpwtov dirooTÔXou;, SsiJTïpo-' :tfOf^Ta;.

^fe] ÉTUDES D'UlSTOtRE

et prophètes sont les expressions primitives de U hiérarchie de l'ËgUse à l'état de mission.

Puis voici apparaître la hiérarchie, non plus missiimnaire et itinérante, mais locale, immobile, la hiérarchie des Ég-lises individuellement vivantes et organisées. La Prima Clemenlis, à Rome, en 95' parle des épiscopcs et dea diacres institués par le: apûtres. La Didachê, d' épiscopcs et de diacres élus par la communauté. L'épltre aux Philippiens, en 64, d'épiscopes et de diacres institués à Philippes. — Épiscopes et diacres sont deux vocables purement helléniques '. U faut concéder à Ilatch et à Harnack que la fonction des épiscopes et des diacres est dans une cerlaine mesure une fonction d'administration matérielle ; si saint Polycarpe, si les Pastorales, si la Didachè, si la Prima Pétri, exigrent si instamment des épiscopes el des diacres des garanties de désintéressement, d'aipiXapïypî", el la preuve qu'ils savent bien gouverner leur maison, c'est qu'ils ont il administrer le temporel de l'Eglise : aumônes à recueillir, aumônes à distribuer, tout passe par leurs mains. — Mais les épiscopes et les diacres ne sont pas seulement des Irésoriers, et si on leur demande tant de vertus, el non point seulemeol d'avoir de l'ordre cl du désintéressement, c'est sans doute qu'ils ont d'autres soins, et plus religieux : ici, avec M. Sohm et M. Harnack, il faut supposer clair ce que les lextes ne disent qu'à mots enveloppés, et

1. Voyez B. UjiUssuuLUEn, arl. Epi^kiipes du DM. ila ant, tout lei dJacrei, lokiiig, p. 47, n, % sur l'emploi du mol npcaSûrepK ea Egypte pour désigner dca roncUouaairet civils et aussi des prtlres païens, dés l'épotiue de< FlolèniÉei. vojez Revue bittliqut, L Vil [(8S8), il. tsi.

que la liturgie sacramentelle est aux mains des diacres et des épiscopes. Ils partagent cette fonction avec les apôtres et les prophètes. Et enfin la liturgie saci-amentelle suppose le ministère de la parole aussi bien que celui de la discipline. Les épiscopes et les diacres, dira la Dîdachè, remplissent la liturgie des prophètes et des didascales '.

Or le personnel missionnaire est destiné à disparaître : les apôtres, puisque leur privilège d'avoir vu le Christ s'éteindra avec eux; les prophètes, parce qu'un jour viendra oii la source des charismes sera tarie. La Didachè ne monlre-t-elle pas l'Eglise préoccupée déjà de se défendre contre les prophètes sans mission vraie?

Prophètes et vierges prophétisantes ne se retrouveront bientôt plus que dans les conventicules dissidents, marcionites ou montanistes. Le titre d'apôtre ne sera usurpé par personne. Qui donc alors remplacera les apôtres dans l'exercice de cette autorité personnelle et bien véritablement despotique (au sens premier du mot) qu'ils avaient sur chaque communauté^? Les textes ne disent pas comment le passage d'un régime à l'autre s'est opéré, mais ils permettent de constater que l'épiscopat monarchique s'est trouvé avoir en mains cette autorité despotique, par droit de succession. D'autre part, chaque Église

1. mdttch. Xï, \ : 'j|iïv XeiTOUpïOÙrrt xaî aùtoi vfyt XsiTOUpïiav tûv icpofAïuv Kit EiianxaXuv.

i. I Cor. ïii, IT : oiItio; iv t«î( âiKlr,ffi»;î Ttâsai; Bi»Ti<raop.oi. — XI, St : Ta SI XoiTrà &i àv DM Emnioiiat. — xvi, 1 ; ùaitep iiÉTo&i Toilï iKxJ.itsiii; Tj{; roXaTia;, oStu; xil ù^leÏ; nai'ftiTatE. — TU. i, & : biàià ooi 3t(ta£dp.T|v, — Rom. iiii.S :■*] toù Beau Biato-ni. — I Cor. "i xûpu); Sihalt. Cf. IGMAT. ad iiom.n, 3 : oùx i>iïlixftir.ai

JlgAXw EiaTàaoD^i ii|tîv.

2at . ÉTUDES D'HISTOIRE

étant pourvue d'un comitô d'épîscopes, du momeafl que l'un de ces épiscopes était investi de la suprématie, ] ses co-épiscopes voyaient leur ordre diminué d'autant. L'cpiscope souyeraio fut aux épiscopes subordonnés ce que nous voyons lévèque être aujourd'hui à ses prêtres, l'évêque (avec une pleine juridictioaYT ayant l'exercice du sacerdoce total, les prêtres na J'ayant pas. Nous sommes, nous prêtres, les succe^ seurs des épiscopes primitifs et non des presbytresfl

Que seront alors les presbytres primitifs?M. L0« ning a bien établi que le titre de itptaëÙTEpoç était v titre qui se trouve dans l'épigraphie grecque des" Juifs, pour désigner ceuK que cette même épigraphie appelle ailleurs des archontes. Seulement ces pres- Jbytres, aussi bien que ces archontes, étaient, non des chargés du culte, mais des magistrats au civil, et ni les uns ni les autres n'étaient des magistrats à vie. L'analogie entre les presbytres juifs et les. presbytres chrétiens est donc purement verbale. Disons, avec le R. P. de Smedt, que le presbytérat était un litre d'honneur attribué dans les communautés primitives aux convertis de la première heure, aux n prémices u fBiio!p;tii), aux bienfaiteurs et patrons (npoTtâtïiî) comme Stephanas à Corinthe. aux notables qui dans leur maison donnaient l'hospitalité à l'Église locale, comme Nymphas à Laodicée, ou Philémon à Colosses, ou Aquilas à Eplièse, et que ce titre pouvait mettre qui le portait en tète de la communauté, sai lui conférer ni ordre ni juridiction. C'est ainsi qu'ai] fin du second siècle et encore au troisième le faS d'avoir souffert le martyre donnait, au confessed qui survivait à la comparution et à remprisonnemenB le titre de presbytre, sans qu'on puisse dire que cett

praerogativa martyrii, comme on rappelait, conférai rien du sacerdoce. On pouvait donc i^tre prcsbytre sans sacerdoce, et tel a dû être le cas de bien des presbylres primitifs. Mais c'était parmi ccspreabytres sans sacerdoce que l'on choisissail, sinon nécessairement, au moins de fait, les membres de la communauté qu'on élevait à la charge de lÏTcioicoitvî : on eut ainsi des TcpEsëÛTEpoi ^nicxaRoùvTEt, ceux du discours de saint Paul à Milet; des 7rpeo6ù«poi TcposoTiÔTiç, ceux des Epîtres pastorales; des xpesSûiEpot qualités de itoi{ii£vE;, ceux de la Prima Pétri; ou de i-yoûfiEwi, ceux de l'épttre aux Hébreux; ou de 5tpoïaTï(ievot, ceux de l'épître aux Romains et de l'épître aux Tliessaloniciens. Ces divers termes supposent tous une fonction de gouvernement, qui s'ajoute au simple presbytérat, et que le presbytérat par lui-mt^me n'impliquait pas.

Ce presbytérat primitif était l'enveloppe originelle de la hiérarchie; il disparut comme une forme simplement préparatoire. Et le mot seul s'en conserva pour désigner les prêtres, c'est-à-dire les cpiscopes subordonnés à l'évÉque souverain.

Et de même ces !iSâo»t«ioi, que tant de textes nous ont montrés enseignant à côté des apôtres, des prophètes, et aussi des « pasteurs n, remplissaient une fonction transitoire qui s'absorba dans la hiérarchie définitive. Leur place était indécise entre le personnel missionnaire et le personnel localisé. Les didascales sont mis par Paul écrivant aux Corinthiens immédiatement à la suite des apôtres et des prophètes; dans l'épître aux Ephésiens, Paul les met à la suite des apôtres, des pasteurs ; l'épître de Jacques n'est pas favorable à la multiplicité des didascales ; la ^MMuchè montre la fonction des didascales remplie

Î6ti ÉTUDES DllISTOIRE

parlesépîscopes et les diacres, conçu cre m ment avec les didascfdes eux-mêmes ; les Paslorales font de la didascalie le lot aussi bien de Timolliée que des presbylres. Le ministère de la parole, exercé d'abord par des mandataires des apôtres, Timolliée ou Apollos, est destiné à devenir la prérogative de l'épiscopatj responsable de la préservation de la doctrine. H

C'est ainsi du moins que nous croyons que l't^H pourrait concevoir l'organisation primitive des Églises : 1° des fonctions préparatoires, missionnaires, l'apostolat, la prophétie, la disdascalie ; — 2° un ordo local purement honorifique et ne conférant qu'une notabilité de fait, le presbytérat ; — 3° une fonction liturgique et sociale, le diaconat; — 4° une fonction liturgique, sociale et de prédication, l'épiscopal, épiscopat plural comme le diaconat; — 5° l'épiscopat plural disparaissant au moment où les apôtres disparaissent, et se démembrant pour donner naissance à l'épiscopat souverain de l'évéque et au sacerdoce subordonné des prêtres.

M. Michiels, professeur au séminaire de Malines, dans satlièse L'origine de l'épiscopat {Louv&'m 1900), a consacré à notre étude sur le même sujet une mention et des critiques, que nous ne pouvons pas ne pas relever. D'après M. Michiels, uous udmellrions que Il l'organisation primitive de l'Eglise a subi une transformation danslaliiérarcliie même, et notamment dans l'épiscopat n ; les presbytres seraient « distincts des

épiscopes », mais « en dehors du minislère clirétien et des fonctions liturgiques ». M. Michiels nous reproche d'être « peu explicite sur la naturo de cet épiscopat plural et sur la mauière dont il s'est démembré en deux ordres ».

L'excellent M. Michiels ne nous a pas compris. Nous n'avons pas écrit que la hiérarchie « a subi une transformation n. Nous tenons que la hiérarchie (évi'que, prêtres, diacres) est le terme d'un développement, dont l'achèvement a eu pour condition préalable la disparition des apûtrcs, d'une part, et aussi de tout le personnel missionnaire coadjuteur des apôtres (prophètes, didascales). Nous tenons que le presbytérat des presbytres n'est identique en soi ni àl'épiscopat des évêques, nia la prêtrise des prêtres, et qu'il est une préséance, simplement. Nous tenons I que les épiscopes sont des presbytres, sans que les I presbytres puissent être dits avoir été tous des épis- I copes. Nous tenons enfin que les prêtres sont des épiscopes de second degré, ce qui n'est pas dire que la prêtrise est un démembrement accidentel de l'épiscopat « en deux ordres », mais bien, et au contraire, qu'il n'y a pas de différence d'ordre entre le prêtre ot l'évêque.

Sur ce point une confirmation précieuse de notre théorie nous est fournie par la controverse qu'a récemment soulevée la discussion du privilège des abbés de Cîleaux d'ordonner des diacres. Comment ces abbés, étant simples prêtres, pouvaient-ils être ministres de l'ordination des diacres, et sur quoi était fondé le privilège qu'une bulle d'Innocent VllI (1489) leur concède à cet effeti' La réponse proposée par le ^^^l P. Pie est que tout prêtre a une capacité ministé-

ÉTLDES D'HISTOIRE

cas prévu^^^l

' plus

des

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rielle à cel effet : il l'a reçue dans sa propre ordinaLi< presbylérale et elle est mise en acte, dans le cas parle Souverain Pontife. M. Boudinhon, allant plus au fond que le R. P. Pie, rappelle la doctrine des anciens théologiens, aux yeux de qui l'épiscopat n'était pas un sacrement, et il explique celte doctrine en disant que l'épiscopat et la prêtrise SOI un seul et môme sacerdoce : n L'évêque est le SHi mus sacerdos, le prêtre ùst secundi ordinis sacerdos : mais comme le plus et le moins ne cliangent pas l'espèce, l'épiscopat et la prêtrise ne sont que deux modes inégaux du même sacerdoce, du même ordre sacerdotal, du même sacrement... 11 arrivera nécessairement que l'unique sacerdoce sera conféré en deux fois lorsqu'un diacre sera d'abord ordonné prêtre, et que plus tard le prêtre sera consacré évêque... Mais quand un diacre était (car la pratique s'est modifiée sur ce point) élu et sacré évêque, la consécration épiscopale lui donnait en une seule fois le sacerdoce total... De nombreux archidiacres de l'Eglise romaine ont été ainsi sacrés évèques de Rome par une seule ordination, et le premier archidiacre qui ait reçu après son élection la prêtrise et l'épiscopat en deux ordinations distinctes fut, autant que je puis le savoir^ saint Grégoire Vil. " M. Boudinhon conclut piscopat n'est qu'accidentellement le complément la prêtrise... La prêtrise est le sacerdoce incompi et restreint. »

Ce principe pose, M, Boudinlion rejoint nos clusions : « Ce qui est parfait et complet, dit-il, pi cède régulièrement ce qrni est incomplet et imparfait l'épiscopat est antérieur à la prêtrise. II ne faut pai ■se représenter l'épiscopat comme un développement^

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historique de la prêti'ise; au contraire, il faut voir dans la prêtrise une participation diminuée et restreinte à l'épiscopat, c'est-à-dire à l'unique sacerdoce primitif. C'est la prêtrise qui procède de l'épisoopat par voie de restriction' . » Nous l'entendons de même.

Quant à la théorie propre de M. Michiels, nous nous bornerons à reproduire l'exposé et la critique que la Reçue biblique, t. X (1901), p. 130-133, en a faits :

« M, Michiels voit dans irptaÊirEpoî un mot grec seulement par la forme, car il est emprunté qitoad rem aux institutions judaïques (E.ir., m, 16; ly, 29, etc.; Math., viii, 31; Luc, xx, 1). Dans l'Eglise chrétienne, les anciens, les U^caS., ne constituent pas un rang purement honorifique, n'ayant qu'une notabilité de fait, mais ils exercent des fonctions religieuses et juridiques, ils sont des pasteurs, des docteurs et des administrateurs. Ils apparaissent pour la première fois dans l'histoire, à Jérusalem, vers l'époque de la dispersion des Apôtres, ils existent aussi dans les communautés où Télément juif est représenté. Aucun texte ne laisse à entendre que certaines Églises n'auraient pas eu d'anciens à leur tête, aucun document n'attribue au presbj-térat une origine récente, aucun ne fait allusion à diverses catégories parmi les anciens, aucun ne connaît un changement d'attributions. Ces npi<i€. sont institués parles Apôtres ou par leurs délégués ou par leurs successeurs. Leur institution se fait par la communication d'une partie de la mission et du pouvoir apostolique, donc par l'imposition des mains. Sans doute, ils sont choi-

LCanoniile contemporain, 1001, p.3no-39i.

sis de préférence parmi les plus anciens disciples, parmi ceux que leur zèle distingue, mais cette nota' bilîté de fait ne suffit pas pour faire un ancien. — Jusqu'au ii" siècle, les 'Eitfoxoitoi sont les mêmes personnages que les npEoë-, ils correspondent aux simples prêtres actuels ; il n'y a parmi eux aucun évêquc au sens actuel du mot. Les termes TupoîsTBjiivoi et iiyo{iii.svù: désignent, en général, les pasteurs des chrétiens, apûtres ou simples prêtres. L'organisation de la hiérarchie primitive se conçoit donc ainsi : des diacres, des presbytres-épiscopes ou simples prêtres gouvernant en corps les Eglises particulières, sous la direction des Apôtres ou de leurs délégués, les évêques ublquistes, ou évèques au sens actuel du mot, maïs sans sièges fixes et sans appellation particulière, comme Timothée et Tite, enfin les Apôtres. 11 n'y eut d'évèques au sens actuel du mol, avec un siège fixe, qu'après la disparition des Apôtres. Cependant, quelques rares Eglises étaient déjà gouvernées par un évèque à poste fixe (celles qui ressortissaient de l'activité de saint Jean, en Asie Mineure, Jérusalem où siégeait Jacques l'Apôtre, frère de Jude, et ensuite Rome où les Apôtres installèrent Lin, Anlioche où saint Pierre délégua Evode, Alexandrie, gouvernée par saint Marc). A côté des diacres, des prêtres, des évêques et des apôtres, existaient aussi, à l'âge apostolique, d'autres dignitaires : les proplictes et les docteurs, les évangélistes, minisires itinérants, qui n'ont pas de troupeau, pas de communauté particulière à gouverner. Les prophètes ont reçu la pléni tude de l'ordre, la dignité épiscopale; les évangi listes ont été aussi promus à la même dignité, mai ne sont pas doués de charismes. Les docteurs sont

des catécliisles, vrai semblable m en l prèlres, comme les pasteurs des Églises.

a Ce sont là les conclusions que soutient M. MicMela, après beaucoup d'auteurs compétents, et ce sont celles qui, croyons-nous, s'imposeront de plus en plus, au moins dans leurs lignes générales, à quiconque étudie les témoignages prîmitiTs sans opinions préconçues. Le principal mérite de l'auteur n'est donc pas tant d'avoir proposé un système nouveau et ingénieux que d'avoir apporté h une thèse depuis longtemps soutenue l'appui d'une érudition patiente et de bon aloi, et c'est de ce travail personnel qu'il faut lui savoir gré.

ti Maintenant nous nous permettrons de discuter les appréciations de M. Michiels sur le système que Mb' Batiffol proposait ici même, en 1895, sur l'organisation de la hiérarchie dans l'Église naissante. Les termes ambigus dans lesquels M. Michiels rejette la thèse du savant Recteur de l'Institut catholique de Toulouse nous donnent à penser qu'il n'a pas suffisamment compris un système qui, en substance, est d'ailleurs le sien. Si nous ne nous abusons, M" Batiffol veut que le « presbytérat » [sans plus) ait été d'abord un titre d'honneur attribué dans les communautés primitives aux convertis de la première heure, aux bienfaiteurs et patrons. Les témoignages historiques nous assurent qu'au 111° siècle on décorail encore du titre de « presbytre » les confesseurs échappés aux tourments. On pouvait donc être presbytre (honorifique) sans avoir le privilège du sacerdoce, et tel semble avoir été le cas des « presbytres » (honorifiques] primitifs. Maïs . ^'filait parmi ces presbytres (honorifiques} sans sa-

ÉTUDES DUISTOIUE

cerdoce (jue l'on choisissait, s'mon nécesaairemeBi au moins de fait, les membres de la communaill

qu'on élevait à la charge juridique de nniTxojtïî; > i?ul ainsi des irpinGûtepoi — liri(rnortQÎîvT£î, — Trp^EOTwxtt, — Troi[j.£vet, — -Jif oiîfjitïoi, — 7rpoïCTTâ|i.ïïoi.PourM*'Batifrol xpisSÛTEpoi; (sans plus) désigne donc ou peut désigner une simple fonction honorifique, l'adjonction à ce mot de l'un des adjectifs ci-dessus mentionnés [iTtioxoiroùvte(, etc.] donne alors à itftaS. le sens primitif d'imoxoitoç (synonyme lui-même de irptaëuîEpM ImsxojtSv, TiYoûfjiEvot). Les divers termes (liriî>ioitoùv«î, etc.) supposent tous une fonction de gouvernement qui s'ajoute au simple presbytérat (honorifique) et que le presbytéral (honorifique), par lui-même, n'impliquait pas. Le presbytérat (honorifique) était l'enveloppe originelle de la hiérarchie, il disparut comme une forme simplement préparatoire. Le mot seul s'en conserva pour désigner les priîtres, c'est-à-dire les épiscopes subordonnés à l'évêque souverain iau sens actuel du mot); — le système ainsi entendu, quelle raison de le dénoncer comme n une théorie nouvelle qui semble opposée au sentiment commun des docteurs catholiques >i ?

B M. Michiels (p. 159, note) rejette la distinction que M"' Batiftol établit entre le presbytérat, « ordo local, purement honorifique et ne conférant qu'une notabilité de fait n, et l'épiscopat, u fonction liturgique, sociale et de prédication n ; il prétend que c'est là « une interprétation erronée ». L'auteur n'a pas eu de peine à qualifier aussi sévèrement un système adverse, il en aurait peut-être eu davantage à justifier ses assertions. Les documents (cf. Duchesne, Bulletin critique, 1891, p. 43-44) sont là qui nous

I assurent qu'au ii" et au iii^ siècle le presbylérat étail I encore un titre « purement honorifique, ne conférant I. qu'une notabilité de fait n, et nous ne croyons pas que M. Micliiels ait prouvé que le même terme n'a pu avoir la même signification aux temps apostoliques. On nous objectera peut-être les textes où il est question des fonctions liturgiques des c presbytres » ; nous répondrons que, dans tous ces passages, il faut voir non pas a les anciens comme tels u, mais les a anciens — ÈJTiaMTtoûvTEç, fjVoùfiiEvoi, etc., dont M" Batiffol n'a jamais contesté le caractère sacerdotal. — Dire qu'il s'agit^des « anciens comme tels >■, c'est tomber dans une pétition de principes, supposer résolue la question qui précisément est débattue.

« Nous ne voyons pas non plus le motif de la critique suivante : « D'après ce système (celui de M"'. Batiffol) Torganlsation de l'Eglisc a Subi une transformation dans la hiérarcliie même et notamment dans l'épiscopat, les presbj-tres sont distincts des épiscopes, mais ils restent en dehors du ministère chrétien et des fonctions liturgiques » [p. 130). — Mais où donc est la transformation? dans le fait que értfoxoTtoî a fini par ne plus désigner que le chef des anciens presbytres-épiscopes , la succession d'un apôtre, en un mot l'évêque actuel? — Mais cette transformation -là, M. Michiels la reconnaît tout le premier, et c'est aussi celle-là que M"' BatifTol affirme s'être produite quand il nous dit que a Tépiscopat plural disparut au moment oit les Apôtres disparurent et qu'il se démembra pour donner naissance à l'épiscopat souverain de l'évêque et au sacerdoce simple du pnHre ». M. Michiels ne niera pas qu'à un moment donné les simples prêtres (pas les

presbytres honorifiques) n'aient cessé c B épiscopes » , et que ce même titre a d'épiscope u lini par ne plus désigner que l'évêque au sens actuel du mot.

« L'auteur combat vivement cet te expression « épiscopat plural « et les suivantes : « épiscopat unitaire, épiscopat monarchique n (p. 329, note), mais pourquoi donc? Si l'on admet qu'au i" siècle le terme « épiscopat » a pu désigner le sacerdoce simple des prêtres {des anciens-surveillants de M. Michiels), pourquoi ne pas parler de 1' « épiscopat plural o ? — Et si l'on admet aussi qu'en ce même i" siècle les évoques pasteurs d'une seule Eglise étaient infuiiment rares, pourquoi ne pas dire d'une manière générale que, du temps des apôtres, l'épiscopat unitaire ou monarchique n'existait pas encore? L'expression (t épiscopat monarchique », nous dit encore M. Michiels, « n'est pas entièrement exacte, car l'évêque d'une Église est toujours soumis à l'évêque de Rome, le seul chef monarchique et souverain de l'Eglise universelle ». C'est là un scrupule qui paraîtra sans doute exagéré. M. Michiels prétend enfin que la thèse de Me' Batiffol « est peu explicite sur la nature de cet épiscopat plural et sur la manière dont il s'est démembré en deux ordres ». Nous lui répondrons que le travail de M*' Batiffol portant sur la hiérarchie en général devait être peu explicite sur l'un des degrés particQliers de celle hiérarchie, et d'ailleurs si M. Michiels désire de plus amples renseignements sur « l'épiscopat plural », il n'a qu'à se référer à sou propre travail ; tout ce qu'il nous a dit, d'après les documents, sur les « anciens- surveillants », M«f Batiffol pourrait le lui dire de l'épiscopat

irai, car dans son système ce furent à l'origine les mes personnages. Notre curiosité scientifique ne a peut-être pas très satisfaite, mais qui pourrait flatter de faire une pleine lumière là où les doments sont si rares et si peu explicites ? »

: il

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