‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 3)Chapitre 46 sur 46 · B ÉTUDES D'HISTOIRE · texte numérisé non relu

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de l'agape (le mot est écrit, mais aucune allusion n'est faite au texte de Luc) : Tagape est distribuée aux vieilles femmes d'une indigence reconnue : sur cette distribution on prélève une part pour l'évêque, quand môme il n'est pas présent à ces erogationes, une double part pour les diacres, autant pour les prêtres. La version syriaque ajoute une part pour les lecteurs. Et ainsi les laïques, est-il dit à la fin, paient l'hommage convenable à chaque ordre du clergé '.

La Constitution exclésiastique égyptienne, que l'on attribue au iv" siècle, parle à son tour de pareilles distributions aux vieilles femmes pauvres ; mais elle ne prononce pas le nnot d'agape et elle ne dit rien de la part à faire au clergé. C'est une distribution, semblable à colle que vient de décrire la Didascalie, bien que le règlement en soit plus vaguement indiqué *. Les Canons dits de saint Hippotyte s'expriment sur cette distribution aux vieilles femmes de la mfime manière que la Constitution ecclésiastique égyptienne '.

Toutefois les Canons d'Hippolyte reviennent à ce même sujet, et ce second règlement n'est pas dans la Constitution égyptienne, comme si les Canons SHippolyte étaient une compilation chaotique de diverses rédactions. Dans ce second règlement, il s'agit des fidèles qui font une offrande à l'Eglise. Cette offrande sera reçue par le diacre, si le prêtre est

4> Keati>g, p. 130.

S. Id. p. III.

3. Canon. 3B (éd. Riedel|. M. Keiting n'a pss m que Tordre de canona est très tmablé, et que notamment lo canon 31 a Irait l repsa ordlnairea et i la déoence qn'un cbréUen doit f obserreri

sent. Sur cette oITrande on prendra pour faire l'auraône aux pauvres, et l'on rendra compte de la distribution à celui qui en a donné les éléments. Si c'est uu repas, un repas offert par quelque laïque aux pauvres, l'évêque y assistera : ce repas sera donné à l'heure du lucernaîre : le diacre allumera les lampes et l'évéquc priera sur les pauvres et sur celui qui les a invités. Les pauvres seront congédiés avant la nuit'. 11 semble que cette seconde forme de repas servi aux pauvres n'est pas une forme plus récente ; nous inclinerions à croire que l'usage qui restreint aux seules vieilles femmes la distribution des vivres, et qui prélève sur la part des vieilles femmes un gros casuel pour le clergé est un usage moins ancien. En toute hypotlièse, cet usage plus chiche ne saurait être ni du même temps, ni de la même église que l'autre plus large '.

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Notre enquête est achevée. M. Keating et tous les critiques reconnaissent que, passé le iv" siècle, il ne faut plus songer à retrouver l'agape. Avonsnous été plus heureux avec les quatre premiers siècles V

Le Nouveau Testament est muet ; saint Paul réprouve comme un désordre l'essai tenté par les Co-

1. m. KuTiNc, p. m, ct[t 1res jDsIemenl ; ■ ... ihe additional détails glïen ia Ihe Canon» of Ilippolylws, na comparad wlih ttia kindied docDmenis, are not incoasiïtent wiih a comparaliiely sarly date for

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ÉTUDES D'HtSTOIKH;

rinthiens de joiodre un repas à la célébratioa de reucliaristte. Le second siècle est muet pareillement. Avec Tertullien,le molàyiirn ou dilecUo désigne la célébrationde l'eucharistie. Clément d'Alexandrie proteste coulre t'essaitentédesontempsd'étendrele nom d'àTimi à d'honnêtes banquets de chrétiens : itâ.Tn\ Bditvoïoixéoxiv, Toutefois, TertuUien donne déjà le nom d'agapekl-A collectequi se fait dans lessynaxes chré. tiennes pour le soulagement des pauvres ou des confesseurs. Nous verroDS ainsi le mol agape, en latin devenir synonyme d'aumône : celte acception esi reçue à la lin du iv° siècle, saint Jérâme en a témoigné. En Orient, on constate une évolution autre ; i^éKrt en vient à désigner une distribution faite aux pauvres, puis plus particulièrement un repas donné par quelque laïque riche aux vieilles femmes secourues par l'Eglise, repas sur lequel une part est prélevée pour le clergé. Encore cet usage, qui se manifeste vers le 111° siècle, disparail-il au v". C'est là tout ce que les textes nous apprennent.

Quant aux distributions de vivres faites chez les Latins sur les tombes des défunts, ce sont des quasi parentalia, d'origine païenne. Et les réjouissances parfois désordonnées auxquelles donnent lieu les anniversaires de martyrs, aussi bien chez les Grecs que chez les Latins, sont des réjouissances do l'ordre le plus bourgeois.

Nous voilà loin du grand rôle que théologiens et archéologues attribuaient aux agapes ! Reproduction de la dernière cène, l'agape aurait été le rite primitif de l'eucharistie. Puis, à un moment impossible à déterminer, l'agape aurait été dissociée de la fraction du pain : la fracUon du pain, dûment stylisée,

devenue la messe, et Tagape aurait disparu diversement. De Bingham à Renan, de Suicer à Kraus et à Zahn, raffirmation était unanime ^ Peut-être les protestants affirmaient-ils avec cette belle humeur, en gens qui voyaient là un fait capable d'infirmer la conception catholique du sacrifice de la messe. Les catholiques, sans se soucier de cet aspect de la question, affirmaient avec autant de confiance. Ne nous flattons pas : on affirmera longtemps encore.

1. F. X. Kraus, dans la Realencyklopddie der christl, Alterthûmery art. Agapen et art. Mahlen Th. Zahn, dans la Realencyklopâdie fur proL Théologie und Kirche, art. Agapen.

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