‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 3)Chapitre 5 sur 46 · Bulletin de litl. ceci. 18C9, p. G · texte numérisé non relu

Bulletin de litl. ceci. 18C9, p. G

lui consacrées ou prétendues telles. Athanase reproche aux ariens d'avoir, eux, jeté cette discussion dans le public. Invoque ra-t- il la loi chrétienne de l'nrcane? Non, il dira simplement : « Les arieus n'ont pus honte de produire les mystères (Tpay^^'" ^^ [Auirripi») devant les catéchumènes, et, ce qui est pis, devant des païens, alors qu'il est écrit que l'on doit f^ardor le secret du roi, et que le Seigneur nous fait un précepte de ne donner pas le saint aux chiens, les perles aux porcs. 11 ne faut pas révéler les mystères aux non-initiés (où ;tP^ Ti jiuo-nîpia à|xur|ioiî -Zf^iiaSiiv], de peur que les païens n'en rient dans leur inintelligence, et que les catéchumènes ne se scandalisent ù les connaître ainsi'. » Aux yeax d'Athanase, c'est moins une loi, qu'une forme supérieure du respect et de la prudence que nous devons pratiquer, respect envers les saints mystères et prudence envers les catéchumènes.

La suite de la discussion le montre bien, où Atlianase rapporte que le concile arîen de Tyr demanda qn'une commission d'enquête instruisît sur les lieux l'affaire de Macaire. Cette commission semble avoir été toute laïque, car, nous dît Athanase, des prêtres ayant demandé à y prendre part, essuyèrent un refus formel. — Mais l'empereur Constantin, qui n'était même pas alors catéchumène, n'avait-il pas assisLé aux délibérations du concile de Nicée? — C'est en présence du préfet d'Egypte et de sa suite qu'on procède à l'interrogatoire des témoins : « On les interroge, écrit saint Athanase, sur le calice et sur la table, en présence de païens et de juifs ! Ce serait in-

*, Spçl. contra Arian. n.

ETUDES DHISTOIDE I

croyable, si ce n'élaît daiis le dossier. Oui, des prêtres, eux qui sont ministres des mystères, sont exclus de l'audience, mais le juge est un homme du dehors (iïuTiMç); mais des catéchumènes sont là; mais, pis encore, des païens et des juifs sont là ; et on interroge là des témoins sur le sang du Christ, sur le corps du Christ. Il fallait, conclut Athanase, que cette enquête fût faite dans l'église par des clercs, légalement, et non par des païens qui ne connaissent pas la religion*. » Le sentiment d'Atlianase est que les ariens en provoquant celte enquâte ont produit le scandale de voir un préfetd'Egyptepaïen interroger des fidèles sur l'eucharistie, en présence de païens, de juifs et de catéchumènes ; mais n'est-ce pas la preuve que le concile de Tyr n'était nullement arrêté par l'arcane, comme si cet arcane était une règle catéchétique que l'on pouvait sacrifier à loccasion?

Une règle catéchétique, l'arcane est cela, rien que cela, et il est cela partout. Sainte Silvia, sur la fin du [v° siècle, recueille l'allocution de l'évêque aux catéchumènes de Jérusalem, à la cérémonie de la reddition du symbole : « Per iatas septem septimanas tegein omnem edocCiestis Scripturariim, necnon eliam de flde andistis, audislis eliam et de rcsui-recUone carnis... B Au cours des sept semaines que dure la catéchèse, on a exposé aux catéchumènes l'histoire sainte et les articles du symbole. « Tamen adhuc cateckumeni audire verbiim aiit quae suiU myslerii allions, id est ipsius baptismi, quia adhuc catechumeni audire non poteslis... Quia adhuc catechumeni estis, mysteiia Dei secretiora dici vobis non pos-

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