‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 4)Chapitre 103 sur 118 · Revue d'hist. eccl., t. IV (1003), p · texte numérisé non relu

Revue d'hist. eccl., t. IV (1003), p

si bien que celui-ci a faim, celui-là est ivre. » Saint Paul désigne la réunion des fidèles par l'expression x'jpiax.ovoîTTTvov'faYEÏv, d'abord. Puis, quand il veut dire ce qui se passe au cours de ce repas dominical, il dit £v TCO 'j^-x-fth. Et ainsi duvsoy^ooLsvoi el; To cpaysTv est synonyme de cuvEp/ô.uLevoi sU to cpavelv to xupiaxbv ôîTttvov. Or, Iv tw cpaY^Tv, saint Paul ne veut pas que l'on mange rb ÏSiov ocî-vov, mais seulement TO xupiaxbv SîTttvov. Que l'on mange à sa faim et que l'on boive à sa soif, chacun chez soi. « Si quelqu'un a faim, qu'il mange chez lui. » Pas de petits groupes dans rassemblée commune, mais une parfaite fusion, un égal accueil : àXX/.Àouç exo-'/jjOe, c'est-à-dire accueillez-vous les uns les autres gracieusement, fraternellement, comme des fidèles venus à un festin, qui est le même pour tous, et qui est le repas du Seigneur.

L'épître de saint Jude fournit aux défenseurs de l'agape leur troisième texte classique. L'auteur de l'épître, parlant de certains chrétiens dissolus, les accuse de suivre là voie de Caïn, l'égarement de Balaam, la révolte de Goré, et il ajoute : « Ils sont des écueils dans vos agapes, faisant impudemment bonne chère, se repaissant eux-mêmes : ce sont des nuées sans eau, poussées par les vents ; des arbres d'automne sans fruits, deux fois morts, déracinés; des vagues furieuses de la mer, rejetant l'écume de leurs impuretés; des astres errants, auxquels l'obscurité des ténèbres est réservée pour l'éternité » (12-63). Voilà bien les agapes, nous dit-on.

Non, ce ne sont pas encore les agapes. La preuve en est que la seconde épître de saint Pierre, qui

dépend de l'épître de Jude, a reproduit ce passage sans y voir d'agapes :

II Pet. II, 13 : Jud. 12 :

yo'jULEvo'. 'j\xvi.

La seconde épîlre de saint Pierre a compris : « Ils se délectent dans leurs tromperies, en faisant bonne chère avec vous. » Oublions que certains manuscrits aussi importants que l'Alexandrinus ne lisent pas dJYâitatçdans le texte de Jude, mais àaa-ai; : acceptons àvaTtai; comme la leçon la plus plausible, et supposons que la seconde épître de saint Pierre a voulu dire autre chose que l'épître de saint Jude ; — il restera à se demander si le terme à'fir.yn de Jude désigne nécessairement un repas. Or Jude (2 et 21) se sert deux fois du mot i^iâirri, comme (3, 17, 20] il se sert du mot àYaTtrjoî, et aussi bien (1) de ri'{OLT:r,[xiyo\., au sens d'amour et d'aimé. Nous le voyons employer emphatiquement des pluriels pour le singulier : il dit oo'îa; (8) pour Sd;av, et aî(7/uva; (13) pour aïoybvr.v. Si bien que le passage où l'on veut retrouver It'S agapes s'entendrait : « Ils sont des écueils dans votre amour ». Erasme, reprenant l'interprétation de saint Augustin, voulait qu'on traduisît : In dilectionibus vestris ou inter charitales vestras. Et ici le mot amour signifierait l'ensemble des fidèles, au niilieu de qui ces impies sont des pierres de scandale. On ne comprendrait pas, étant donnée la généralité des avertissements de l'épître, qu'il fùl fuit

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