Epiitul. XXIX
316 ÉTUDES DHISTOIRE
tionnel de distribuer aux pauvres des aumônes en aro-ent, et tel est l'usage que saint Augustin veut qu'on encourage.
Saint Jérôme * . dans une lettre qui date de 384, raconte en termes mordants que les veuves chrétiennes de Rome ne savaient pas faire Taumône discrètement, mais quelles y mettaient une publicité du plus mauvais goût : n Cum ad agapen vocaverint, praeco conducitur ». Et il rappelle à ce propos a la plus noble des dames romaines », distribuant de sa main des nummi un à un aux pauvres dans la basilique de Saint-Pierre pour mieux établir sa réputation de femme pieuse, « quo religiosior putaretur ». Ces aumônes faites ainsi publiquement dans une basilique, c'est ce que saint Jérôme appelle du nom d'agape. Saint Augustin dira de même : « Plerumque in agapibusetiam carnes pavperihus erogantur... Agapes nostrae pauperes pascunt, sive frugîhus, sive carnibus »'. Ao^ape était devenu en latin le synonyme d'aumône. On pourra voir dans Ducange la persistance de ce sens dans le bas latin, où faire l'agape, demander rao"ape, signifie faire l'aumône, demander l'aumône. Et si l'on veut bien se rappeler la collecte dont j arle soit Tertullien. soit saint Cyprien, on pensera eue Tao^ape-aumône est pour les Latins la forme traditionnelle de l'agape ^.
Passons à l'Orient grec.