‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 4)Chapitre 13 sur 118 · De praescr, 2G · texte numérisé non relu

De praescr, 2G

auraient-ils pratiqué cet arcane qu'ils reprochaient aux gnostiques de pratiquer?

On veut que le catholicisme ait pris au paganisme la discipline de ses mystères : nous venons de voir qu'en fait rien n'est moins exact pour les deux premiers siècles : mais la possibilité même de cet emprunt est dans la catégorie de l'invraisemblable. Clément d'Alexandrie, qui est de tous les auteurs chrétiens celui qui a insisté le plus sur les mystères des cultes païens, nous est un témoin de l'horreur et du mépris que les chrétiens professaient pour ces mystères. « Faut-il te les décrire? Dois-je les révéler, comme Alcibiade les révéla jadis, à ce qu'on raconte? » Il le faut, poursuit-il, il faut que les spectateurs de la vérité les voient au grand jour. Suit une pâle description des Éleusinies, et, lorsque Clément en a fini avec les nuits mystiques : « Voilà, dit-il, les mystères obscurs des Athéniens : si vous avez été initiés, vous rirez d'autant plus de ces rites vénérables! » Clément les traite par l'ironie*. Tertullien est plus véhément, à son ordinaire. Il sait que l'accès des Éleusinies est précédé de cinq années d'épreuves. En faisant durer ainsi l'initiation, les mystagogues accroissent la majesté de leurs mystères. Puis l'initié est lié par le secret qui contribuera à rendre les mystères plus augustes : « Sequitur silentii ofjficium, attente custoditur quod tarde invenitur. » Mais quel est donc ce secret si bien réservé? La divinité est cachée dans un sanctuaire, dont les portes sont garnies de voiles épais, dont les fidèles doivent taire ce qu'ils en savent : et tout cet arcane n'enve-

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