‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 4)Chapitre 48 sur 118 · Epistul. Lv · texte numérisé non relu

Epistul. Lv

quelques évêques dont on respecta les motifs, opposition qui du temps de saint Cyprien avait cessé d'être. Dôllinger a voulu trouver dans l'œuvre d'Origène un prolongement de cette opposition, et associer Origène à l'auteur des Philosophoumena et àTertullien dans une attitude rigoriste et dans une tenace animosité contre Calliste ^ Pour cela, on fait état du passage du De oratione où Origène s'élève vivement contre les évêques qui ont la prétention de remettre les fautes d'idolâtrie, d'adultère et de fornication : le passage, en effet, est fort instructif; mais, dès l'instant qu'il y est question de remettre l'idolâtrie, bien manifestement la situation visée par Origène est autre et plus récente que la situation de Calliste. Au surplus, le De oratione appartient à la fin de la vie d'Origène, il se place, croyons-nous, au temps de Philippe l'Arabe (244-249) : à Césarée, si tard, quelles raisons particulières aurait-on eues de polémiser contre Calliste? Du moins, ce passage d'Origène nous révèle d'abord le sentiment même d'Orio'ène, et sans doute aussi celui de l'Eglise de Césarée : l'évêque a le pouvoir de remettre les fautes involontaires, même les fautes formelles, mais de ce pouvoir on exclut l'adultère, l'homicide et l'idolâtrie. C'est la discipline des Eglises dissidentes signalées par suint Cyprien, c'est la discipline défendue par Tertullien et les Philosophoumena. Mais Origène sait que certaines Eglises sont plus indulgentes : « Il est des évêques, écrit-il, qui, je ne sais comment, osent s'attribuer un pouvoir bien supérieur au pou-

\. DoELLiNOEP,, Hippolyt und Kallist, p. 2oi et suiv. cité par Harsack, Dogmengeschicte, t. is, p. 411, noie, qui se range à l'opinion erronée, croyons-nous, de Dôllinger.

voir épiscopal : ils se vantent de remettre l'idolâtrie, l'adultère, la fornication, comme si leur prière suffisait à remettre des fautes qui sont mortelles. Ils ne savent pas qu'il est écrit : Est peccatum ad moî^teni, non pro illo dico ut roget quis ^ . » Cependant Origène reconnaît aux martyrs le pouvoir quil ne reconnaît pas aux évêques. Il n'existe pas de rémission des péchés autre que le baptême, et Ton ne peut être baptisé deux fois. Mais le martyre est un baptême, puisque la passion du Christ a été un baptême, Baptisîuo habeo haptizari. De même donc que la passion du Christ a purifié le monde, la passion des martyrs purifie. Les martyrs « procurent à ceux qui les prient la rémission de leurs fautes » : ils sont, eux, les prêtres immaculés qui seuls peuvent offrir à Dieu une victime immaculée -. Par là, tout ensemble, Origène est un témoin de la tendance contraire à celle de Calliste et de saint Cyprien, rien de plus.

Calliste nous amène à redire, en terminant, ce que nous disions d'Hermas : il y a dans les Eglises des controverses, des hésitations, des réactions, mais le développement se fait, continu et lent, avec une suite vitale. L'Encratisme a été éliminé, le Montanisme a été éliminé, le Novatianisme va être éliminé, cependant que l'organisme pénitentiel fixe ses formes jadis malaisées à reconnaître.

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