‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 4)Chapitre 49 sur 118 · De oraU · texte numérisé non relu

De oraU

2. Exhort. ad mart. 30 : ,..ôt»Kovo\J(7i xoï; eù-/o(i£vot<; àçesiv â^wip- Tri(J.dTa)v.

LA CRISE NOVATIENNE

L'édit du pape Calliste a fixé la doctrine et la discipline sur le pouvoir qu'a l'Eglise de remettre les péchés que l'on avait cru devoir, avant lui, réserver à Dieu. Le pape Cornélius va être amené à confirmer ledit de Calliste et à en étendre la compréhension. Mais tandis que Calliste n'a soulevé que des controverses, Cornélius provoquera un schisme.

Sur la fin de 249, un édit publié par Dèce intima l'ordre à tous les sujets de l'empire, citoyens, soldats, affranchis, esclaves, d'offrir des sacrifices expiatoires aux dieux : quiconque refuserait d'obtempérer à l'ordre impérial serait incarcéré et soumis à la torture : les magistrats devaient particulièrement veiller à ce que les chrétiens ne se dérobassent pas à ces prescriptions *.

i. J. Grf.cc, T/ie decian persécution (Londres 1897), p. 84, a essayé de restituer le texte de l'édit.

C'était l'idolâtrie ou la mort, semblait-il. INIais, en fait, il se trouva nombre de chrétiens à qui leur rang ou leur fortune donna le moyen de prendre la fuite : Cyprien à Carthage, Novatien à Rome furent de ceux-là. Les autres payèrent de leur tête leur refus de sacrifice, ainsi le pape Fabien exécuté le 21 janvier 250; d'autres furent incarcérés de longs mois , et survécurent à leur comparution, à leur torture, à leur incarcération, ce furent les martyres, les confessores, deux mots alors synonymes; dautres enfin [lapsi) se soumirent à l'édit, sacrifièrent aux idoles; ou bien, profitant de la connivence de la police, obtinrent, sans sacrifice, un certificat de sacrifice [libellatici). Or le nombre des lapsi de ces diverses catégories fut immense ^ Novatien pourra écrire : « Aspice totian orhem pêne vastatum^ et ubique iacere deiectoriun reliquias et ruinas ^. »

On était mis brusquement en présence de ce fait inouï que la plus grande partie des fidèles, coupable d'un péché « irrémissible » , était maintenant hors de l'Église.

Un second fait se produisit concurremment, qui fut que les martyres ou confessores, usant de la prérogative dont nous avons constaté l'existence à Lyon avec saint Irénée, à Rome avec Calliste, à Césarée avec Origène, à Carthage avec TcrtuUien, prirent sur eux de remettre en masse leur apostasie aux lapsi. A Carthage , notamment , les confesseurs emprisonnés voyaient les fidèles les visiter « glomeratim et per multitudlnem », comme nous l'apprend saint Cyprien [Epistul. v, 2). Or, second désordre,

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