Jaffé n
16i ÉTUDES D'HISTOIRE
gérant, si nulla interveniat aegritudo, quinta feria antepaschaeis remittenduniRomanae ecclesiae consuetudo demonstrat ' . » C'est la cérémonie solennelle de la réconciliation. Mais il ne faut pas la confondre avec rimposition des mains dont il vient d'être fait mention, et qui est une sorte de coulpe publique, pratiquée à lissue du service divin : cette coulpe est tout ce que retient encore de publicité la pénitence pro lenoî'ibus commissis.
La réconciliation est une fonction épiscopale, comme le baptême solennel du samedi saint, comme la consécration du chrême le jeudi saint : saint Jérôme le dit à propos de Fabiola, et le concile de Carthage de 418 (can. 3), interdit aux simples prêtres de consacrer le chrême aussi bien que de réconcilier personne solennellement : « Reconciliare quemquam puhlica mîssa presbytero non licere ». Quanta l'imposition des mains, même quand elle est seulement le signe et le rite de la coulpe publique, elle est aussi réservée à l'évêque : saint Léon, traitant de chrétiens qui par crainte ou par ignorance se sont laissé rebaptiser, exige qu'ils fassent une pénitence et passent par l'imposition des mains épiscopales, « non nisi per paenitentiae remedium et per impositionem episcopalis manus ^ ». Saint Léon ne dit pas si la faute de ces chrétiens était légère ou grave : il est permis de conjecturer que des fidèles, coupables de fautes très minces, s'abstenaient de la communion et recouraient à l'imposition des mains, par scrupule et par dévotion.
Celte différence existait aussi entre les pénitents