Act. XIII, 1. — Cf. Acl. XV, .'i
et de Philémon à Colosses : « Saluez Prisca et Aquilas et l'Église qui est dans leur maison. » C'est de cette Église que Paul parlait aux Corinthiens, quand, d'Éphèse, il leur écrivait : « Les Églises d'Asie vous saluent, et surtout Aquilas et Prisca avec l'Église qui est dans leur maison ^ . »
Après le groupe des textes asiates, voici le groupe des textes que nous appellerons européens, et en première ligne la Prima Clementis, que l'on est unanime à reconnaître pour composée à Rome, vers 95. Elle ne porte plus le nom de qui l'a rédigée, mais seulement le nom de l'Église qui l'envoie. Toutefois Denvs, évêque de Corinthe, écrivant au pape Soter (166*-175*), cite cette vieille lettre romaine adressée aux Corinthiens sous le nom de Clément, donnant par là lieu de croire que l'exemplaire authentique portait le nom de son rédacteur, et que ce rédacteur était ce Clément 2.
La Prima Clementis est l'expression de la conscience romaine à la fin du règne de Domitien. Dieu y est prié de délivrer les fidèles de « ceux qui les haïssent injustement ». Car l'Église romaine vient de passer par des « épreuves soudaines et répétées ».
1. Col. rv, 13 : NoiAsâv xai Tr,v xaT' oTxov ajTwv [Hort. lit- aiVrii;] èxx)Ti(i(av. Phile. 2: t?i xax oTxévcoy £xx).r,<7((y. Rom. xvi, 3 : Ty.vxaT* oTxov aÙTÛv lxx),Ti<7ÎxC. I Cor. xvi, 19 : aùv Tij xar' oTxov aOtwv tXXArcTÎqc.
■2. Elseb. D. E. IV, 23.
Que Dieu, « qui abaisse l'insolence des superbes et déroute les machinations des peuples, qui secourt dans le danger et sauve du désespoir, que Dieu soit parmi nous le salut des persécutés, relève ceux qui sont tombés, ramène les égarés, délivre ceux de nous qui souffrent en prison ». Aux princes, « à ceux qui nous gouvernent sur terre, Seigneur, tu as donné le pouvoir de la royauté par la vertu de ta puissance... Dirige, Seigneur, leurs conseils suivant le bien ^ ». Touchants accents de soumission et d'espérance, qui sont, avec je ne sais quoi de plus résigné à rinjustice du siècle, un écho de ceux qu'exprimait quelque trente ans plus tôt la Prima Pétri, dans le premier éclat de la persécution néronienne.
M. Sohm voit dans la Prima Clementis lépiphanie du droit ecclésiastique, et ce n'est pas trop dire. Elle est, en effet, moins une homélie sur la concorde, qu'une décision juridique. Une sorte de sédition a éclaté dans l'Église de Corinthe, une « sédition impie et détestable, œuvre d'un petit nombre d'audacieux et de téméraires ». L'intervention de l'Eglise romaine a été sans doute réclamée par le parti vaincu. A l'Église révoltée contre ses chefs légitimes l'Église romaine tout entière écrit : « Vous marchiez soumis à vos chefs ^, et voici que l'envie, la haine, la colère, l'émeute ont pénétré parmi vous ». Il semble que la police païenne ait dû intervenir. L'odieux scandale ! La discipline est pour une communauté le devoir rigoureux : « Nous devons le respect à nos chefs ^ ». Est-ce que dans l'armée romaine chacun