G ÉTUDES D'HISTOIRE
est investi de Vimperium, ou chiliarqne, ou centurion? Non, chacun, à son rang, exécute ce qui est commandé par le basileus et par les chefs *. Dieu a envoyé le Christ, le Christ a envoyé les apôtres; « les apôtres ont prêché dans les pays, dans les cités, et ils ont, après les avoir éprouvés parl'Esprit-Saint, institué [les fidèles qui étaient] leurs prémices épiscopes et diacres de ceux qui devaient croire ensuite- ». Voilà posé le fondement du droit divin de la hiérarchie. Plus encore, « les apôtres ont prévu que riiTKîxoTrr^ provoquerait des rivalités; aussi, ayant institué leurs prémices, ils ont réglé que, ces premiers [évoques] morts, d'autres devraient recueillir leur ministère, après avoir été dûment éprouvés ' ». Voilà posé le principe de la succession dans la hiérarchie. Et tout aussitôt : « Ceux qui ont été établis, par les apôtres ou par les créatures des apôtres, toute l'Église y consentant, — et qui ont rempli leur ministère sans reproche, selon le témoignage persévérant de tous, — ceux-là, notre avis est que l'on ne peut les déposer de leur ministère'' ».
A Corinthe donc nous rencontrons en 95* une Église composée d'un nombre indéterminé de laï-
1. Id. xxxvn, 3 : Sxaoro; èv tû ISîw TaYiiaxi ta èitiTaffffôttevjt ûirà toû pa(7tXEtù; xaî twv tjo'jjaévcùv âniTsXet.
2. Id. XLH, 4 : xaTà yu)pa;xaly.aTà:T6),£i;XY;pû(i(70VT£(;xa8:(rTavov ta; ànapxà; aÙTwv, ôox'.[jiâ(7avT$; tû TTVE-jaati, £:; èitioxÔTToyç xal 5taxôvou'î TWV (leUôvTwv 7ri(rrewetv. Les prémices, àira&y.aî. ^^^^ ^l'"sion à Rom. xvi, 5 el / Cor. x\7, 15. L'examen ou docimasie est un souvenir de // Cor. viii, 2-2 et de / Tim. m, ^0. ^ ^
Z. Id. XLiv, 1-2: ol à7rÔ5To).oi T,[A(I)v ÊYvuuav... oTilpi; ÉTraiiTCl toO ôvdiiaTOî xfi; èuKJXOTtrj; ... xaT£(TTr,<Tavi toy; TtpoEipïijiévou;, xal (j-ETa^ij i7:i'.0[j.rjv êow/av ôtcw; Èàv xoi;ir,6û)CT'.v, S'.aoEÇtovTat ëxepot Se8oxi{ia(T|A£voi âvSps; tt;v yEitoypyîav rjxwv.
k. Ibid.Z : TOÛ; xaTaatixOévxa;... (7'jv£'j5Gxr|iâ(rr,; Trj; £xx).ïi<jîa; Tixar,;... oO ôixaîw; vojiiîIojiEv à7to6â/7£76a'. Tf,; ).£i-oypYta;.
ques, le mot est de notre auteur (xl, 4). Ces laïques sont gouvernés par une hiérarchie à deux termes : les diacres, les épiscopes. Ces épiscopes sont appelés aussi presbytres ^ Corinthe compte sûrement plusieurs presbytres épiscopes ^.
Moins de quarante ans auparavant, écrivant aux Corinthiens sa première épître, dans un moment où d'autres divisions agitaient déjà cette Église, saint Paul ne parle ni d'épiscopes, ni de diacres, ni de presbytres. 11 parle de pédagogues (iv, 14], de prophètes (xi, 4, etc.); il parle de l'apôtre et du père qu'il est pour les Corinthiens ; il enverra Timothée, « son enfant aimé et fidèle dans le Seigneur, pour leur rappeler les voies que partout en toute Eglise il enseigne » (iv, 17). Et ce serait tout s'il n'ajoutait : « Vous connaissez la maison de Stéphanas, et qu'il est les prémices de l'Achaïe, et que pour le service des saints ils se sont constitués : je vous prie de leur être soumis, ainsi qu'à quiconque travaille et peine avec moi '. »
En Macédoine, de même, nous tenons les deux extrémitésdela chaîne. — Polycarpe, évoque de Smyrne, écrit aux Philippiens une lettre que nous possédons dans le recueil des épîtres ignatiennes. « Polycarpe et les presbytres qui sont avec lui à l'Eglise de Dieu qui est à Philippes... » Smyrne possède la hiérarchie à trois termes : un évêquc, le presbyterium, les diacres. Mais il n'en est pas ainsi de Philippes. Poly-
i. Id. Liv, 2; Lvii, 1.