‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 4)Chapitre 84 sur 118 · Id. XLIV · texte numérisé non relu

Id. XLIV

3. / Cor. XVI, Mi: oîôate ti^"' oîxtav ItEpavâ ôti éotîv ànapyji tf;; 'A/ata; xat eI; Siaxovîav xoî; àYtoi; ÏTa^av éayioû;, tva xat ûjieî; iiioTàoar,a6£ xoî; xoioJxoi; xal itavxt xqi ovvepYOùvxi xaî xoniûvxt..

carpe s'adresse aux diacres et aux presbytres de Philippes, le mot d'épiscope n'est pas prononcé. Les diacres seront les serviteurs, non des hommes, mais de Dieu et du Christ, sans avarice, miséricordieux, empressés (v, 2). Les presbytres seront miséricordieux pour tous, ramèneront les égarés, visiteront les infirmes, auront cure des veuves, des orphelins, des pauvres, seront sans avarice et sans colère (vi, 1). « Je suis attristé avec vous, ajoute-t-il, du cas de Valens, qui a été fait presbytre chez vous, et qui méconnaît à ce point la charge qui lui a été confiée : je vous en conjure, gardez-vous de l'amour de l'argent » (xi, 1). La discipline est le premier devoir ecclésiastique : « Soyez soumis aux presbytres et aux diacres comme à Dieu et au Christ ^ ». L'épitre de saint Paul aux Philippiens permet d'établir que quarante ans auparavant la hiérarchie est déjà à Philippes une hiérarchie à deux termes, mais les termes ne sont pas exactement ceux de l'épitre de Polycarpe. A qui, en effet, l'apôtre adresse-t-il sa lettre ? Aux « saints » , c'està-dire, selon le langage familier à Paul, aux chrétiens qui sont à Philippes, et il ajoute : «... aux saints qui sont à Philippes avec les épiscopes et les diacres » ^. — A Thessalonique, on en a pour gage la première épître aux Thessaloniciens, l'administration locale ne marque pas, dans les quelques mots que Paul lui consacre, par des termes aussi précis. Mais les termes dont il use, si on les rapproche de ceux qu'il employait au sujet de la maison de Stéphanas à Corinthe, donnent à penser que l'orga-

d. POLYCARp. ad Philipp. v. 3 : 07iOTa(7<7o[J.Évo\j; tûTç itpeff6yTépoi; xaiotay.ôvoi;.

2. Phili. I, 1 : toï; ouctiv èv 4h),(utvoiç «îÙv Itacy.ôtio'.ç v.oiï Staxôvoi;.

nisation de la communauté est à Thessalonique la même qu'àCorinthe. v( Nousvous demandons, frères, de reconnaître ceux qui travaillent chez vous, et qui sont à votre tête dans le Seigneur et vous prêchent. . , » , ainsi parle Paul aux Thessaloniciens \ A Corinthe, il veut qu'on soit soumis à ceux qui sont constitués pour le service des saints : à Thessalonique il dit aux saints de reconnaître leurs chefs, leurs TrpoïaTaijLEvoi. Le mot est celui-là môme qui servira aux Epitres pastorales à désigner le gouvernement du père de famille dans sa maison.

A Rome, la Prima démentis autorise à dire que l'Eglise romaine tient Vèmaxoitri, aussi bien que le diaconat, pour une institution des apôtres. Il y aura donc à Rome comme à Corinthe, comme à Philippes, des diacres et des épiscopes. On voudrait y constater explicitement l'existence de l'épiscopat monarchique. Les critiques qu'influence encore le Vieux Protestantisme objectent que l'épître de saint Ignace adressée aux Romains ne parle pas d'évêque unique de Rome. Assurément, il est vrai qu'elle ne parle pas davantage de presbytres, ni de diacres. Cependant Ignace s'annonce aux Romains comme l'évêque de Syrie, il recommande à leur prière TEglise de Syrie dont il est le pasteur et l'évêque : dira-t-on que l'épiscopat monarchique est, vers 107, une institution inouïe à Rome? inouïe de cette Eglise dont Ignace dit qu'elle a « instruit les autres Eglises » ? inouïe de cette Eglise que saint Ignace, dans les premières lignes si fameuses de son épître, exalte comme l'Eglise modèle, xpi<r-

i. I Thess. V, 12 : Eiîévai xoù; xoji'.ôivTa; âv 0[ilv xai TifOiT-afAêvoy; {i|xûv èv xupîb) Y.%\ v'y'jOexoOvTa; 'J[jiâ;.

TÔvo[xo;? Et assurément encore lévêque d'Antioche ne harangue pas l'Église romaine comme il fait les autres. Irait-il faire la leçon à cette Église sans égale, comme il faisait aux Églises de Smyrne, d'Eplièse, de Tralles ou de Magnésie? Il la salue en termes d'une révérence extrême : il croirait indécent de parler à ses membres révérés de leurs devoirs. On ne saurait donc tirer argument du langage d'Ignace. La question reste entière. Enfin, si l'épiscopat romain a été collectif un temps, et nous dirons en quel sens il aurait pu l'être, le souvenir s'en est perdu de bien bonne heure. Le Syrien Hégésippe, qui séjournait à Rome vers 160, y vit fonctionner l'épiscopat monarchique, et le diacre Éleuthère succéder à l'évêque Soter, successeur de l'évêque Anicet ' . Le Smyrniote I renée, moins de quinze ans après, énumérant les premiers évêques de Rome jusqu'au douzième, Anicet (166*), donne cette succession comme la succession d'évêques monarchiques 2. Ces Orientaux, venus du pays d'Ignace et de Polycarpe, n'imaginaient pas la succession épiscopale à Rome différente de ce qu'elle était à Antioche ou à Smyrne.

Mais cet esprit est-il celui des plus anciens textes d'origine romaine? La Prima Pétri évoque cette imao-e neuve alors et que saint Ignace devait reprendre, à savoir que le Christ est non seulement le berger, mais répiscope des âmes; épiscope et berger sont pour notre auteur deux termes synonymes, ou, si l'on préfère, le berger est la figure de l'épiscope^

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