Oclav
peut les entendre '. « Où est Farcane chrétien? Le nombre fut grand, dès le premier siècle, de ceux qui, après avoir embrassé le christianisme, l'abandonnèrent. Dans son enquête sur le christianisme en Bithynie [ca. 112), Pline, sur la liste des citoyens dénoncés comme chrétiens, en rencontre qui ne font aucune dilTiculté de tout dire au légat des usages de cette religion dont ils se sont retirés, les uns depuis trois ans, d'autres depuis plus de vingt ans. Pline consigne leurs aveux, ils confessent que toute leur faute ou leur erreur n'a jamais consisté qu'en ceci : s'assembler à jour marqué avant l'aurore; chanter ensemble un carmen au Christ comme à un Dieu ; s'engager par serment à ne commettre ni adultère, ni brigandage, ni vol, ni manque de foi; après cela ils se séparaient et se réunissaient à nouveau pour prendre ensemble une nourriture ordinaire et innocente. Pline, pour plus de sûreté, a fait mettre à la torture deux servantes ou diaconesses ministrae] : il n'a rien constaté de répréhensible, sinon une superstition grossière, immodérée ^. Laisson s de côté les aveux de ces deux diaconesses mises à la torture et dont le témoignage est arraché par la violence, mais les autres dépositions sont des témoignages d'apostats, qui n'ont rien à craindre du légat : ils révèlent tout, spontanément, même l'eucharistie. Aucun serment ne leur interdisait donc pareil aveu.
On peut raisonner de même et mieux encore sur la littérature chrétienne des deux premiers siècles. Ni les livres canoniques, ni les apocryphes les plus lus, n'étaient des livres secrets, ce qu'ils auraient dû