U Tim. I, 15-18; iv
a. Ibid. I, 18. Cf. Rom. xvi, 1-5.
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manuel du didascale, de celui qui « sait loyalement dispenser la parole de vérité et n'imite pas HyménéDs et Pliilétos, dont l'enseignement est une g-angrène ■ (il, 15-17). Pas une expression qui témoigne que les fidèles forment quelque association ou soient gouvernés par une hiérarchie : l'apôtre entend parlera mots couverts (ii, 7); mais pas môme à mots couverts il ne parle do prosbytres, ni d'évêques, et le mot de diaconie est pris par lui dans son sens le plus littéraire (i, 18; IV, 5 et 11). La fonction que seule il a en vue est l'instruction, la SiSacxaXia.
Dans l'autre épître à Timothée, le mystère dont s'entourait l'auteur se dissipe soudain. Les temps sont meilleurs, la tranquillité semble maintenant acquise. Que l'on prie pour tous les hommes, pour les rois, pour tous ceux qui sont en haut, afin que nous menions une vie paisible et tranquille dans la piété et dans la pureté (ii, 2). Les termes s'éclaircissent aussi. Le mot d'ekklesia est prononcé et pris au sens de collège ^ Le presbyterium apparaît. Le mot de Siaxovo;, au sens non plus littéraire, mais hiérarchique, apparaît et prévaut. Même, l'épître énumère les qualités que devra posséder le diacre : il passera par un examen d'épreuve ou docimasie, avant d'être appelé à ce service ; il devra n'avoir été marié qu'une fois, savoir bien gouverner ses enfants et sa propre maison, être honnête et droit, point sujet à boire, point attaché au gain sordide (m, 8-13). La communauté compte des esclaves, des pau^Tes, des riches; les pauvres ne doivent pas s'imaginer que la religion est un moyen de vivre (vi, 5) ; les riches ont pour de-
voir de donner sans peine et de s'enrichir de bonnes œuvres (vi, 17-18); les esclaves doivent être soumis à leurs maîtres , que ces maîtres soient chrétiens ou qu'ils ne le soient pas (vi , 1-2). La communauté prend à sa charge des veuves , c'est-à-dire des femmes âgées d'au moins soixante ans, vertueuses, sans soutien : l'Eglise les nourrit comme nos petites sœurs des pauvres nourrissent leurs vieilles. Quelque indécision se traduit dans l'emploi du terme de TrpeaSutepoi, qui est pris tantôt au sens littéraire de vieillard ou^ d'ancien, tantôt au sens hiérarchique de presbytre : notre épître parle de irpeaSurepoi et de upecSuTepai,, comme elle parle de vsojTEpoi et de vstoTspai (v, 1- 2) , en même temps qu'elle parle du presbyterium comme d'un collège organique (iv, 14). En ce dernier sens elle dira : « Que les presbytres qui président bien aient double récompense , surtout ceux qui peinent à enseigner*. » C'est dire que les presbytres ont individuellement pour charge celle de irpoeaTwç, quelques-uns y ajoutent la SiôacjxaXia. Une charge enfin peut s'ajouter à la 8i5aaxaXia, une charge que notre épître qualifie d'IiriaxoTcvi : « Si quelqu'un, dit-elle, ambitionne l'épiscopat, il désire une bonne œuvre : et donc, que l'épiscope soit irrépréhensible, marié seulement une fois, hospitalier, capable d'enseigner, désintéressé de l'argent, bon chef de sa propre maison , entouré d'enfants soumis et chastes : celui qui ne sait pas gouverner sa propre maison pourrait-il gérer l'Église de Dieu^?» Ainsi l'épiscopat est une charge d'administration matérielle analogue au gou-
1. I Tim. V, 17 : ol xaXtôçTïpoeffTtÔTeçTrpetrêuTepo» SiirXijç TifJiyj; «ÇtoûoOojirav, [xocXiciTa oî xotciwvtê; èv Xdytp xaî StôawxaXCot. 1. Ibid. III, 1-7.
Tcrnoment familial ; elle est aussi une charge d'ins- InicUon. La description des Pastorales n'a pas la rigueur des formules ignatiennes, mais elle les fait pressentir, en donnant Tévôque comme le curateur, comme répimélète de l'Église, ixxlr^<sioiç 6eoû tnae- X^oExai. La première épître à Timothée n'est pas le manuel de l'instruction ou didascalie, elle est plutôt le manuel de l'administration temporelle de l'Église.
La troisième Pastorale, l'épître à Tite, est adressée par l'apôtre Paul à un de ses disciples établi dans L'île de Crète. Elle est identique de ton et de sujet à la première épître à Timothée. Chaque ville a une église; chaque église, des presbytres. Tite est un ôiSfltffxaXoç (il, 1). L'épiscopat est une charge qui demande un chrétien désintéressé de l'argent, hospitalier, capable d'enseigner et de controverser : Tépis- Gope est comme l'économe de Dieu (i, 7-9).
On peut rapprocher de l'épître à Tite l'épître dite aux Hébreux. Ce n'est pas la place de dire quelles raisons permettent de voir dans cette épître un texte contemporain de la persécution néronienne et de la Prima Pétri, et pourquoi nous inclinons à y voir une épître d'origine romaine. Cette opinion importe peu, du moment que l'on est unanime à tenir l'épître aux Hébreux pour antérieure à la Prima Clementis. Pour l'auteur, le mot de r^pe^SuTEpoi ne semble pas avoir de sens hiérarchique, et désigne les anciens littéralement (xi, 2). Mais notre auteur emploie un terme bien autrement expressif, cher à la langue romaine, le terme de r,Yoouievoi(xiii, 7 et24). C'est le mot qui, dans l'armée, désigne \es officiers généraux. « Souvenez-vous de vos higoumènes qui vous on
parlé la parole de Dieu... » Ces higoumènes ont le ministère delà parole, ils sont des StôàaxaXoi. « Obéissez à vos higoumènes, soyez-leur soumis, ils veillent sur vos âmes comme [des gardiens qui] en doivent rendre compte. » Ces higoumènes ont donc le ministère de riTrKTxoTTrj. Et l'auteur termine sa lettre par ces mots : « Saluez tous vos higoumènes, » d'abord, puis « saluez tous les saints », c'est-à-dire les fidèles.
Un quatrième et dernier groupe de textes sera le groupe que nous appellerons syro-palestinien.
« Frères aimés, lisons-nous dans l'épître de saint Jacques, ne sont-ce pas les riches qui vous tyrannisent, et qui vous trament devant les tribunaux, ces mêmes riches qui blasphèment le beau nom dont nous avons tiré le nôtre » , c'est-à-dire le nom du Christ (il, 6-7)? Les chrétiens auxquels s'adresse l'épître de Jacques sont des pauvres, des gens de métier, moissonneurs à gage auxquels le riche propriétaire ne paie pas toujours leur salaire (v, 4), petits marchands qui vont de ville en ville, s'établissant ici, puis poussant plus loin (iv, 13), Juifs, car ils sont Juifs comme le rédacteur de l'épître (ir, 21), répandus dans les villes d'un littoral où abordent les grands navires (m, 4) et ces flots que le vent de la mer soulève et retourne (i, 6). Ces pauvres sont facilement éblouis par la richesse : si dans leur synagogue ^ en-
i. Suvaywyyiv Oatôv. Le mot de synafîoq:ue est pris ici dana son sens littéraire et veut dire simplement voire assemblée, — eure Versammlung (Soden) — conventum veslrum (Vulgate). Sur l'emploi de (TuvaYwyTn dans la littérature apostolique, voyez la noie de Harnack sur Herm. Mand. xi, 9.