Origines du christianisme, t. II, 353; t. ni, i248, etc
3. ^YF.I^•GAnTEN, dans la Historische Zeitschrift, t. XLV (4881), cité par Loning et Sohm.
fmancier éUit plus étendu, on le centralisa entre les mains d'un épiscopc en chef, qui bientôt devint 1 épiscope souverain*.
D'autre part, l'opinion ancienne (elle remonte a Vitringa, De synagoga vetere, 1696), qui cliorche dans la synagogue le prototype de l'Eglise, retrouvait un défenseur en M. lloltzmann. Les communautés pauliniennes, à ses yeux, étaient inorganiques, et l'action de l'Esprit y éUit libre de toute loi ; le paulinisme aurait cédé à un christianisme, non point judaïque, mais juridique, et, dans cette évolution, les formes souples de l'association religieuse pratiquée par les Grecs auraient cédé aux formes plus dures et plus serrées du régime des synagogues juives : presbytres-épiscopes (termes synonymes) et diacres seraient à l'origine les archontes et hypérètes des synagogues; plus tard, pour mieux affermir l'unité dans la lutte contre Ihéresie, l'un des presbytres-épiscopes serait devenu lévêque
souverain ^. .
M. Harnack3, reprenant l'idée de Hatch. distingue dans les communautés chrétiennes une double organisation. La première partage la communauté en communauté dirigeante et communauté dirigée, en TrpcaêuTspoi et en v£o')te?ou Cependant l'administration, dons à recueillir, aumônes à distribuer, culte à exercer est la fonction déléguée à des presbytres spécialement désignés sous les noms de diacres et d'épis-
4. E. HXTCH, The organizalion of ihe early ehrisHan (fhurches (Oxfrf^rd 48811, Cité par Lôning et Sohm. -» , ^ .
o H J HOLTZIUNN, Pastoralbriefe (1880), cité par LOn.ng et Sohm.
3 ?;v;z si tr^duàioB allemande du livre de Hatch (18^)^ ses pmlé'omènes àla Didachè (18^), et sa Dogmengeschxchte.i. is,p. «*-2(n.
copes. On eut ainsi des presbytres et des presbytresépiscopes. Ni aux uns ni aux autres n'incombait le ministère de la parole, lot des apôtres, des prophètes et des didascales, investis par vocation ou par charisme. Lorsque prophètes et didascales disparaissent, les épiscopes les remplacent dans la Siaxovia tou Xoyou, en vertu, non d'un charisme, mais de la délégation vraie ou supposée des apôtres. La crise amenée par le gnosticisme crée, par besoin d'unité doctrinale, I9 monarchie épiscopale.
Pour Weizsàcker, les presbytres sont les plus anciens membres (aTuap/^ai) de chaque communauté, les témoins des apôtres, comme les apôtres l'étaient de Jésus-Christ : c'est parmi ces presbytres que l'on a choisi les membres chargés de fonction dans la communauté (7:poï<jTa[jL£voi, -^lYoufxEvoi, ItticxoTroi), l'investiture de ces fonctions appartenant sans doute aux suffrages des presbytres. Les prophètes et didascales de l'époque primitive ont été éliminés par les épiscopes. Le ministère de la parole, devenu le lot des épiscopes^ a été. centralisé entre les mains d'un épiscope suprême, et les autres épiscopes ne se sont plus trouvés être que des presbytres, avec cette différence que ces deutéro-presbytres avaient une fonction, tandis que les proto-presbytres n'avaient qu'un titre ^.
M. Lôning a le mérite d'avoir fait une critique excellente des systèmes de Weingarten et de Hatch, et d'avoir bien montré que les institutions hiérarchiques de l'Église ne devaient rien aux institutions collégiales ou municipales de la société païenne, l'assimilation de nos épiscopes aux l/riaxoTroi des inscriptions
i. K. Weîzsaecker, Apostolische Zeitalter (Freiburg 1892), p. 613 et suiv.
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p^recques étant tout spécialement insoutenable. M. Loninp croit reconnaître trois fornncs d'org-anisation de ri!lglise chrétienne coexistant au début du second siècle. Une comnnunauté souveraine élisant le comité d'épiscopes qui l'administre, le ministère de la parole et du culte, d'abord individuel, tendant à être réservé aux seuls épiscopes. Une communauté ayant à sa tôte un comité souverain de presbytres, investis par l'imposition des mains des presbytres eux-mêmes, et auxquels appartient la parole, le culte, la discipline. Une communauté régie par un épiscopat monarchique à linstar de la communauté de Jérusalem régie par Jacques, puis par Siméon. Ces trois formes de constitution se seraient composées dans le système hiérarchique préconisé par saint Ignace '.
Pour M. Sohm enfin, l'Eglise a commencé par être inorganique, tout y était subordonné aux seuls charismes, et d'abord au charisme de la parole. La liturgie eucharistique fait la transition entre l'état charismatique et l'état organique, car l'eucharistie, après avoir été administrée par qui avait le charisme de la parole, l'a été ensuite par qui avait l'administration de la propriété collective. Eucharistie et propriété ont donné naissance à Tépiscopat et au diaconat. Le presb}iératest un titre d'honneur porté parles membres de la communauté que leur vertu, leur ancienneté, leurs services distinguent, et font asseoir à la table eucharistique à côté de l'évêque. L'institution de l'épiscopat monarchique a été inaugurée à Rome : la Prima Clementis fait époque dans l'histoire du droit