‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 109 sur 142 · Eph. n, 20 et m, 15. / Cor. xiv, 3. S. Didach. x · texte numérisé non relu

Eph. n, 20 et m, 15. / Cor. xiv, 3. S. Didach. x

4. / Cor. XII, 28 : iipwiov àTroaxoXov»;, Sêûtepov Tipoç^Ta;.

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<ît prophètes sont les expressions primitives de la hiérarchie de l'Eglise à l'état de mission.

Puis voici apparaître la hiérarchie', non plus missionnaire et itinérante, mais locale, immobile, la hiérarchie des Églises individuellement vivantes et organisées. La Prima démentis, à Rome, en 95*, parle des épiscopes et des diacres institués par les apôtres. La Didnche, d'épiscopes et de diacres élus par la communauté. L'épître aux Philippiens, en 04, d'épiscopes et de diacres institués à Philippes. — Episcopes et diacres sont deux vocables purement helléniques ^ Il faut concéder à Hatch et à Ilamack que la fonction des épiscopes et des diacres est dans une certaine mesure une fonction d'administration matérielle; si saint Polycarpe, si les Pastorales, si la Didachèy si la Prima Pétri, exigent si instamment des épiscopes et des diacres des garanties de désintéressement, d'a^iXapvupia, et la preuve qu'ils savent bien gouverner leur maison, c'est qu'ils ont à administrer le temporel de lEglise : aumônes à recueillir, aumônes à distribuer, tout passe par leurs mains. — Mais les épiscopes et les diacres ne sont pas seulement des trésoriers, et si on leur demande tant de vertus, et non point seulement d'avoir de l'ordre et du désintéressement, c'est sans doute qu'ils ont d'autres soins, et plus religieux : ici, avec M. Sohm et M. Harnack, il faut supposer clair ce que les textes ne disent qu'à mots enveloppés, et

\. Voyez B. Hadssoclliir, art Episkopes du Dict. de» ant. Pour les diacres, Lôsiîjg, p. 47, n. 2. Sur l'emploi du mot T.ç,t<jo\)'tç>oz en Egypte pour désigner des fonctionnaires civils et aussi des prêtres païens, dés l'époque des Ptolémées, voyez Revue bibliqite, t, VU (18W), p. 481.

que la liturgie sacramentelle est aux mainà des diacres et des épiscopes. Ils partagent cette fonction avec les apôtres et les prophètes. Et enfin la liturgie sacramentelle suppose le ministère de la parole aussi bien que celui de la discipline. Les épiscopes et les diacres, dira la Didachè, remplissent la liturgie des prophètes et des didascales ^

Or le personnel missionnaire est destiné à disparaître : les apôtres, puisque leur privilège d'avoir vu le Christ s'éteindra avec eux; les prophètes, parce qu'un jour viendra où la source des charismes sera tarie. La Didachè ne montre-t-elle pas l'Église préoccupée déjà de se défendre contre les prophètes sans mission vraie?

Prophètes et vierges prophétisantes ne se retrouveront bientôt plus que dans les conventicules dissidents, marcionites ou montanistes. Le titre d'apôtre ne sera usurpé par personne. Qui donc alors remplacera les apôtres dans l'exercice de cette autorité personnelle et bien véritablement despotique (au sens premier du mot) qu'ils avaient sur chaque communauté ^? Les textes ne disent pas comment le passage d'un régime à l'autre s'est opéré, mais ils permettent de constater que l'épiscopat monarchique s'est trouvé avoir en mains cette autorité souveraine, par droit de succession. D'autre part, chaque Église

4. Didach. xv, 1 : 'Jixtv XntoupyoOdi xai aOrot tt?)v )ieiTOupYcav tûv ipoçiTiTiov xat ôioaoxâXwv.

2. I Cor. VII, 47 : oÛTox; èv xaîç £xx)T,(7tat; Ttàaaiç 6iaTàcr(jO{j.ai. — XI, 34 : Ta Sa Xotuà w; àv èXOtô SiaTà$0[xai. — xvi, 4 : wauep ôiéiaÇa tat; âxx>r,ctai!; ttj; FaXaTÎa;, ouTto; xat ùp-eTç Tzoiri(ja.rz. — TU. i, 5 : &); iytîi (TOI 8t£TaHa{xy)v. — Rom. xiii, 2 : t| xoù ôeoO 6taTaY>i. — / Cor. IX, 4 : ô xOpio; ôtéxaÇe. Cf. Ignat. ad Rom. iv, 3 '- où^ û)çlléxpo;xal naOXo; 5iaxà(raojj.ai {({jlîv.

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étant pourvue d'un comité d'épiscope»; du moment que l'un de ces épiscopes était investi de la suprématie, SOS co-6pisco{)es voyaient leur ordre diminué d'autant. L'épiscope souverain fut aux épiscop«*s subordonnés ce que nous voyons l'évêque être aujourd'hui à ses prêtres, l'évêque (avec une pleine juridiction) ayant l'exercice du sacerdoce total, les prêtres ne l'ayant pas. Nous sommes, nous prêtres, les successeurs des épiscopes primitifs et non des prf'sbytros. Que seront alors les presbytres primitifs? M. Loning a bien établi que le titre de TrpeaCJTepo; était un titre qui se trouve dans l'épigraphie grecque des Juifs, pour désigner ceux que cette même épigraphie appelle ailleurs des archontes. Seulement ces presbytres, aussi bien que ces archontes, étaient, non des chargés du culte, mais des magistrats au civil, et ni ks uns ni les autres n'étaient des magistrats à vie. L'analogie entre les presbytres juifs et les presbytres chrétiens est donc purement verbale. Disons, avec le R. P. de Smedt, que le presbytérat était un titre d'honneur attribué dans les communautés primitives aux convertis de la première heure, aux « prémices » ((XTrap/r'), aux bienfaiteurs et patrons (upoTTarr,;) comme Stephanas à Corinthe, aux notables qui dans leur maison donnaient l'hospitalité à l'Eglise locale, comme Nymphas à Laodicée, ou Philémon à Colosses, ou Aquilas à Ephèse, et que ce titre pouvait mettre qui le portait en tête de la communauté, sans lui conférer ni ordre ni juridiction. C'est ainsi qu'à la fin du second siècle et encore au troisième le fait d'avoir souffert le martyre donnait, au confesseur qui survivait à la comparution et à l'emprisonnement, le titre de presb}i,re, sans qu'on puisse dire que cette

praerogativa martyrii^ comme on l'appelait, conférât rien du sacerdoce. On pouvait donc être presbytre sans sacerdoce, et tel a dû être le cas de bien despresbytres primitifs. Mais c'était parmi ces presbytres sans sacerdoce que l'on choisissait, sinon nécessairement, au moins de fait, les membres de la communauté qu'on élevait à la charge de l'iTciaxoTrTi : on eut ainsi des irpEcSuTEpoi Ittktxottouvtsç, ceux du discours de saint Paul à Milet; des TcpeaêuTepoi irposaTtoTeç, ceux des Épîtres pastorales ; des TrpecSuTspoi qualifiés de Troifxéveç, ceux de la Prima Pétri; ou de :^jYoutji.evoi, ceux de l'épître aux Hébreux ; ou de 7rpoïaTà(jt,evoi, ceux de l'épître aux Romains et de l'épître aux Thessaloniciens. Ces divers termes supposent tous une fonction de gouvernement, qui s'ajoute au simple presbytérat, et que le presbytérat par lui-même n'impliquait pas.

Ce presbytérat primitif était l'enveloppe originelle de la hiérarchie ; il disparut comme une forme simplement préparatoire. Et le mot seul s'en conserva pour désigner les prêtres, c'est-à-dire les épiscopes subordonnés à l'évêque souverain.

Et de même ces SiSacxaXoi, que tant de textes nous ont montrés enseignaoït à côté des apôtres, des prophètes, et aussi des « pasteurs », remplissaient une fonction transitoire qui s'absorba dans la hiérarchie définitive. Leur place était indécise entre le personnel missionnaire et le personnel localisé. Les didascales sont mis par Paul écrivant aux Corinthiens immédiatement à la suite des apôtres et des prophètes; dans l'épître aux Ephésiens, Paul les met à la suite des apôtres, des pasteurs; l'épître de Jacques n'est pas favorable à la multiplicité des didascales ; la Didachè montre la fonction des didascales remplie

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par les épiscopes et les diacres, concavemment avec les (lidascales eux-mêmes ; les Pastoralex font de la didascalie le lot aussi bien de Timotliéequedes presbytres. Le ministùre de la parole, exercé d abord par des mandataires des apAtres, Timothée ou Apollos, est destiné à devenir la prérogative de Tépiscopat, responsable de la préservation de la doctrine.

C'est ainsi du moins que nous croyons qne l'on pourrait concevoir Tor^i'anisation primitive des Églises : 1® des fonctions préparatoires, missionnaires, Tapostolat, la prophétie, la didascalie; — 2" un ordo local purement honorifique et ne conférant qu'une notabilité de fait, le presbytérat ; — 3** une fonction liturgique et sociale, le diaconat: — 4* une fonction liturgique, sociale et de prédication, Tépiscopat, épiscopat plural comme le diaconat ; — 5" 1 épiscopat plural disparaissant au moment où les apôtres disparaissent, et se démembrant pour donner naissance à l'épiscopat souverain de l'évéque et au sacerdoce subordonné des prêtres.

EXCURSUS A Discussion d'un texte de S. Jérôme.

L'étude qui précède était suivie, dans la première et la seconde édition de ce volume, d'un court épilogue justificatif, où l'auteur répondait à quelques objections, qui ont perdu de leur actualité, semble-t-il. Au contraire, la note de la page 252 sur le témoignage de saint Jérôme appelle un éclaircissement.

Jérôme écrit lalettre CXLVI, de date indécise, vraisemblablement après 385, en réponse à une consultation que lui a demandée un correspondant du nom d'Evarigelus : ^i Audio, écrit Jérôme, quemdam in tantam erupisse çecor^diam ut diaconos presbi/teris id est episcopis anteferret. Nam cum apostolus perspicue doceat eosdem esse presbyteros quos episcopos, quid patitur mensarum et viduaram minister ut sU" pra eosse tumidus efferat, ad quorum preces Christi corpus sanguisque conftcitur ? » ^ L'infériorité du diaconat par rapport au presbytérat va être tirée par Jérôme de ce fait que le presbytérat et l'épiscopat sont un même ordre. Jérôme invoque les textes

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