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entre le prAtre et l'évf^que, consiste en ce que le prtHro ne fait point d'ordinations.
Cette théorie dilïïjre de celle que nous avons proposée, en ce que, à nos yeux, le presbytérat primitif est une dig^nité qui a disparu et qui ne constituait qu'une notabilité de fait : dans ce collège de notables ou presbytres étaient inclus les épiscopes, c'est-à-dire les notables investis de la fonction liturgique, de la prédication, du service de la communauté : en ce sens tout épiscope est un presbytre, tout presbytre n'est pas nécessairement épiscope, mais chaque église a, à sa tète, un collège de presbytres. Quand les apôtres disparurent, un épiscope, en chaque église, fut préposé aux autres épiscopes : on eut alors l'évéque et son presbyterium. Comment se fit la transition de l'épiscopat plural au monarchique? Cette évolution capitale est pour tous obscure. Saint Jérôme vraisemblablement n'avait pas d'autres sources d'informations que nous, — une donnée seule exceptée, — et nous pouvons penser qu'il conjecture, quand il parle des schismes qui ont conduit à fortifier le gouvernement de chaque église par Tinstitution de la monarchie épiscopale, et quand il parle avec un sensible anachronisme, des résolutions prises dans la catholicité {in toto orbe decretum est). Mais il est clair que, aux yeux de saint Jérôme, l'épiscopat est une institution purement ecclésiastique ^ :
1. Voyez dans le commentaire sur Tile, la fin dn passage cité plus haut : « Sicnt ergo presbjteri sciunt se ei consoetndine Ecclesiae ei qui sibi praeposilus fuerit esse subiectos, ila episcopi noTerint se magis consuetudine quam dispositionis dominicae veritate, près* bjleris esse maiores. » P. L. xxvi, 563.
pour nous, au contraire, Fépiscopat est antérieur au moment où il devient monarchique, et seule cette qualité de monarchique est d'initiative ecclésiastique. Le partage des attributions entre le sacerdoce souverain de l' évoque et le sacerdoce restreint du presbyterium qui entoure l'évêque, est pareillement d'initiative ecclésiastique. Saint Jérôme, qui était prêtre et traitait de haut les évêques, a exalté l'éminente dignité des prêtres aux dépens de celle des évêques, et toute sa théorie est d'allure tendancieuse.
Mais il l'appuie sur un fait qui est, avons-nous dit, la seule donnée nouvelle qu'il apporte : l'usage de l'église d'Alexandrie. A en croire saint Jérôme, le presbyterium alexandrin élisait dans ses rangs un prêtre, et l'appelait évêque, sans autre forme d'ordination, semble-t-il, comme des diacres élèveraient l'un d'entre eux pour le faire archidiacre. Bonne preuve que le presbytérat et l'épiscopat ont été longtemps estimés identiques. Jérôme ne dit pas que le presbyterium ordonnait l'évêque d'Alexandrie, mais que le presbyterium élisait un prêtre, qui, par le fait de son élection, se trouvait être évêque, comme s'il n'était besoin d'aucune ordination pour faire d'un prêtre un évêque. Saint Jérôme dit que cette règle subsista jusqu'à Héraclas (f 249) et Denys {f 265). Mais ces deux noms ne constituent pas un vrai terminus ad quem. Si, en effet, la règle a été abrogée, elle a cessé d'être appliquée à une élection, non à deux élections consécutives. Aussi peut-on conjecturer que Jérôme veut dire que, à sa connaissance, Héraclas avait été fait évêque selon la forme ancienne, et Denys aussi : après eux, mais à une date
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ignorée de Jcrâme, la règle ancienne avait été abrogée * .
Ce fait, rapporté par saint Jér/ime, est confirmé par quelfjues t<*moignages indépendant» de Jérôme lui-mômo. On a^ tout récemment signalé, dans un recueil de lettres de Sévère d'Antioche, le célèbre évéque monophysite d'Antioche (511-518), un rescrit de Sévère adressé « aux orthodoxes d'Emèse », qui était la lettre 93 du livre II des lettres écrites par Sévère après son bannissement (518-538 . Dans ce rescrit, Sévère discute le cas d'un certain Isaïe qui, ayant été consacré évêque par un seul évoque, prétendait que sa consécration était valide, et citait à l'appui de sa prétention un canon soi-disant apostolique^ permettant pareille consécration en cas de nécessité. Sévère répond qu'on n'a pas le droit d'invoquer contre l'usage ecclésiastique des règles tombées en désuétude. Ainsi, dit-il, « 1 évoque de la cité renommée pour son orthodoxie, la cité des AJeiandrins, était primitivement établi par les prêtres; mais plus tard, conformément au canon qui a prévalu partout, leur évêque fut institué par la main des évéques ». Sévère était un des hommes les plus
1. Peut-être saint Jérôme »-t-il prii ion information dans Origène. L'épiscopat d'Héraclas (233-549) est le temps où Origene à Césarée compose ses homélies et ses tomes, et à la Gn de cette pt riodo appartiennent les tomes (perdus) sur l'épîlre à Tite. On comprendrait quo Jérôme, se référant à ce qu'il voyait affirmé pour son temps par Origene, ait écrit : • jusqu'au temps d'Héracias et de Denys » : autrement dit jusqu'au temps où Origène écrivait sur ce sujet. Une observation donne du poids à cette supposition : Jérôm* a pris à Origène son développement sur la désignation d'Aaron.Voy. Origène, In Num. hom. XXII, 4 et Jérôme, Comment, in Tit., p. S6i B (P. L. t. XXVI).
2. E. w, Brooks, dans le Journal of theologieal Studies, t. II (19(M), p. 612-C13.