Cl. RlKDEL, Op. cit., p. Ti
réputés de son temps pour sa doctrine : mais, do plus, c'est à Alexandrie qu'il se retira quand il eut été banni d'Antioche, et c'est à Alexandrie qu'il résida jusqu'à sa mort. Quand il vante l'orthodoxie d'Alexandrie, il rend hommage au monophysisme qui y^ régnait de son temps en maître. Nous avons donc ici un témoignage alexandrin du début du VI® siècle, qui confirme avec autorité celui de saint Jérôme.
L'autorité de Sévère s'est ajoutée à l'autorité beaucoup moindre qui jusque-là corroborait seule saint Jérôme. On citait, en effet, un texte des Annales d'Eutychius, qui, sous son vrai nom de Said Ibn Batrik, fut patriarche melkite d'Alexandrie de 933 à 940. Eutychius rapporte que l'évangéliste saint Marc institua Ananias évêque d'Alexandrie, et institua avec lui douze prêtres : à la mort de l'évêque, les prêtres devaient choisir l'un d'entre eux et lui imposer les main^ pour le faire évêque. Après quoi ils devaient choisir un sujet nouveau pour compléter leur collège de douze prêtres, car ils devaient être toujours douze. Cette règle par laquelle les douze prêtres instituaient leur évêque se maintint jusqu'au temps de l'évêque Alexandre, qui fut un des trois cent dix-huit pères de Nicée, et qui interdit que dorénavant les prêtres d'Alexandrie instituassent l'évêque * . — Assurément, on voudrait savoir où Eutychius a puisé cette information. Mais pour l'infirmer il ne suffit pas de rappeler qu'Eutychius est pris sur d'autres points en flagrant délit d'ignorance, car sur ce point précis son témoignage est, au fond, d'ac-
1. p. G. CXI, 982 c. Cf. G. GoRE, The ministry of t/ie Christian Church (Londres 1883), p. 358.
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cord avec celui de Sévère et celui de Jérôme. Jérôme, en effet, ne dit pas expressément que 1 élection de l'évêque par le presbyterium ait été abolie au temps d'IIéraclas et de Denys : nous avons montré que Jérôme n'a pas de date ferme à assigner à ce changement de régime. Quand M. Gore avance que ce changement fut décidé sous Héraclas et mis en pratique pour la première fois lors de l'élection de Denys, en 249, il nous semble tirer du texte de Jérôme bien plus qu'il ne contient. Mais quand le même M. Gore s'étonne qu'Origène, contemporain de ce changement, n'y ait jamais fait allusion, lui prêtre, pour se plaindre de voir diminuer à Alexandrie les prérogatives du presbyteriura , on peut répondre à M. Gore que l'on n'a pas droit de s'étonner, si, en réalité, aucun changement ne s'est produit à Alexandrie, au temps d'Origène, dans le régime de l'élection épiscopale. — M. Gore insiste et nous renvoie à Ihomélie XXII d'Origène sur les Nombres, où Origène explique pourquoi Moïse n'a pas désigné lui-même son successeur, et blâme les évêques qui dans leur testament désignent l'héritier de leur épiscopat. Origène ajoute : Si le grand Moïse n'a pas osé désigner son successeur, « quis erit qui audeat, i>el ex plèbe.... vel ex ipsis etiam sacerdotibus? Quis erit qui se idoneum ad hoc iudicet, nisi si cui oranti et petenti a Domino reveletur ? ^ » M. Gore voit là trois modes d'élection épiscopale : la désignation par le prédécesseur, l'élection par le peuple, l'élection par « un des prêtres^ ». On peut