Jaffé n
î. DuciiESNE, Origines du culte, p. 129 et s.
V* siècle se reproduit, la même, en Orient. Combien (le fois a-t-on cité les textes où saint lOpiphane, rappelant les paroles de l'institution de l'eucharistie, se borne à écrire : Ceci est telle chose, pour ne pas écrire : Ceci est mon corps *7 Théodoret ne pense pas différemment ^. Vers 445, l'historien Sozoméne, écrivant riiistoire du concile de Nicée, est détourné par « des amis pieux et compétents » de reproduire des textes que seuls « les initiés et les mystagognes ({jLuaxaK; xa\ (jLuffTaYCDYoTç) ont le droit de réciter et d'entendre », car à les reproduire ces textes courraient risque de tomber aux mains de non-initiés ^aaur.Tojv^ : Sozomcne cèlera donc ce qu'on doit taire ^àzcispr.Ta à /p-^ aïoj-aav) ^ Voilà bien la phraséologie de larcane. Mais toute cette phraséologie n'empêche pas l'historien Socrates, à la même époque, d'insérer dans son histoire intégralement le texte que Sozoméne avait scrupule de publier, savoir le symbole de Nicée. Et de même que saint Athanase un siècle plus tôt l'avait publié sans le moindre scrupule, et tout autant Eusèbe, et tout autant saint Basile, ainsi feront Théodoret et Cyrille d'Alexandrie. Sur la fin du v* siècle, l'écrivain qui a le plus abusé de la phraséologie de l'arcane, le pseudo-Aréopagite, écrit au début de sa Théologie mystique : « Prends garde que de non-initiés n'entendent » (txT.ûEiç TÔ5v à}xur]T(i)v) . Et il ajoute : « Par noninitiés, je veux dire ceux qui s'attachent aux seules choses naturelles et ne conçoivent rien qui puisse être au-dessus "*. » La notion de l'arcane catéchétique semble devenue étrangère au faux Denys.