De Spiritu sancto
3. Zeitschrift fur hist. Théologie, t. XLIII (1873), p. 274-278.
ÉTUDES D'UISTOinE. 3
M ÉTUDES D'ilISTOIRI
que à la messe. On christianisa ses dérirës ou ses congénères : teXitov, wXtvuaTa, tiàiÎv, xif^ÎMVn, etc. Le mot [AU(7Tr,?tov était de la langue de saint Paul : on eut (XuaTaYO)Yi«, \ivvTa'(t»y6i, \i.\ja':ai'iornh, fi\ir,ai;, K^^<<i «}xur,toç. I.e mut ÊTroTTTr,; devint banal. Le pseudo-Aréopagile est, croyons-nous, l'écrivain le plus abondant en adaptations de ce genre. Il en invente de nouvelles : aixuaTOç, ÔioTrTÎa, Giaawrr,;, lepoauar/^Uport^âCTr^ç, TiÀetop- ■^ia, TeXeToupyia. La hiérarchie est pour lui pleine de (jLuaTaYWYoî, ^^ TeXtatoupYoi, de icpeU : les prêtres sont des UpoupYo-', les sous-diacres des ôcpaTcty-raî. Assurément il n y a là que des jeux de mots, mais ils produiront rillusion de Tarcane, surtout si, loin de voir dans le pseudo-Aréopagite le représentant, le dernier en date, de cette affectation littéraire, on voit en lui un contemporain de saint Paul '
VU
Le moment où, dans la liturgie et dans la catéchèse, l'arcane atteignit sa plus grande rigueur réelle, semble avoir été la première moitié du v' siècle. C'est à ce moment que le pape Innocent I" écrivait sa célèbre lettre àTévêque d'Eugubio (19 mars 41G . Lévêque était souvent venu à Rome consulter sur les rites qu'on doit observer « i>el in consecrandis mysteriis s>eZ in céleris arcanis agendis ». Le pape répond à de nouvelles questions de lévèque; il répond avec des expressions obscures qui devront faire comprendre ce qu'il ne veut pas dire en clair. La paix doit, à la messe, être donnée, non « ante confecta mysteria », mais
€ post omnîa quae aperire non debeo, » dit le pape. Nous n'avions pas rencontré trace d'un pareil langage dans la littérature des quatre premiers siècles. Plus loin, le pape parle de la consîgnatio des enfants par l'évêque dans la cérémonie du baptême, et il en décrit les rites, mais il en tait la formule : « Verba dicere nonpossum, ne magis prodere videar quant ad consultationem respondere. » Le pape répond encore à d'autres questions, et il termine ainsi : « Reliqua quae scribi fas non erat, cum adfueris, interrogati poterimus edicere \ » Les esprits juridiques qui se plaisent à tirer des moindres textes des lois implicites, avaient la partie belle avec ces affirmations du pape Innocent : une loi interdisait d'écrire les formes sacramentelles, évidemment. Mais cette loi n'était antérieurement attestée par rien et contredite par tout : puis, après le pape Innocent, rien dans saint Léon, rien dans saint Grégoire, toute trace disparaissait d'elle et les sacramentaires apparaissaient. Le sacramentaire Léonien, le plus ancien de tous, ne nous est parvenu que mutilé et le canon de la messe manque dans l'unique manuscrit qui en existe, mais « il devait se trouver au commencement, dans la partie perdue » ^, et, dans la partie intacte, nous avons les formules de la consécration des évêques, des prêtres et des diacres, formules sans doute aussi arcanes que celles de la confirmation dont Innocent ne consentait pas à écrire une ligne ! Or le manuscrit du sacramentaire Léonien est du vii^ siècle et les pièces r^\î\\ contient s'espacent entre le iv® et le vi^ siècle. L'évolution que l'on constate ainsi en Occident aa