De pudicit. xvm
véhémentes en revendiquant pour l'Eglise le droit de remettre une des fautes que l'on voulait réserver à Dieu ; et Tertullien n'avait pas manqué de lui objecter que, s'il absolvait l'adultère, il devait absoudre l'apostat, croyant par là le mettre en face d'une conséquence inacceptable : « Quaecunque auctoritas , quaecunquc ratio moecho et fornîcatori pacem ecclesiasticam reddit, eadem debebit et homîcidae et idololatrae paenitentibus suhçenire, certe negatori et utique illi quem in praelio confessionis tormentis colluctatum saentia deiecit^ . » Saint Cyprien, sur ce point, abonde dans le sens de Calliste et ne se préoccupe pas de s'en justifier devant ses contemporains, comme si toute opposition avait cessé.
Mais saint Cyprien dépasse Calliste sur la question de l'intercession des martyrs. Cette intercession était reconnue par saii^t Irénée et par Calliste, qui semblent n'avoir pas douté de son efficacité auprès de Dieu. Saint Cyprien au contraire n'admet pas que cette intercession dispense un failli de la procédure normale, savoir de l'exomologèse et de l'imposition des mains. 11 condamne les prêtres qui ont réconcilié les faillis sans condition, sur le vu du billet de communion délivré par les martyrs, «... contra euangelii legem^... ante actam paejiitentiam, ante exomologesim gravissimi atque extremi delicti factam, ante manum ab episcopo et clero in paenitentiam inipositant' ». La prudence qui veut qu'en matière de salut