‹ Études d'histoire et de théologie positiveChapitre 60 sur 142 · Ibid. 2. Cf. Cypru». Epistul. Lxvra · texte numérisé non relu

Ibid. 2. Cf. Cypru». Epistul. Lxvra

mis coepîscopis habita concilio in eamdem nobiscum sententiam pari gravitate et salubri moderatione consensit » (lv, 6). Cette sentence unique avait eu deux effets opposés, à Carthage de supprimer l'indulgence inconditionnée et tumultuaire des martyrs, à Rome de réduire le rigorisme intransigeant des Novatiens. Mais, des deux côtés ensemble, c'était en définitive la discipline consacrée par Calliste qui triomphait. Une fois de plus le traitement des pécheurs se tempérait de miséricorde.

De toutes les Eglises du monde on adhéra à la décision de Cyprien et de Cowielius : l'Afrique et l'Italie étaient acquises, l'Egypte suivit avec Denys d'Alexandrie. Novatien, en se faisant ordonner évêque intrus de Rome, en dépit de la régularité de l'élection de Cornélius, et en travaillant par des émissaires à surprendre la bonne foi des évêques fointains, se disqualifia. En 254, Cyprien, écrivant au pape Etienne, pouvait se flatter d'avoir fait condamner Novatien une seconde fois, c'est-à-dire comme intrus, par tous les évêques du monde, « Noçatiano nuper retuso et refutato et per totum orbem a sacerdotibus Dei abstento » (lxviii, 2). Pourtant, cette unanimité n'alla pas sans hésitations ni défections, et, si vrai qu'il soit que le schisme de Novatien s'est fait sur une question de personne, on n'en doit pas moins reconnaître que l'éternel conflit de la morale rigoriste et de la morale relâchée y eut une part plus grande.

En Gaule, par exemple, tandis que l'évêque de

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Lyon, Fauslinus, était fermement rallié aux principos do (^yprieri et do (^ornolius, l'évoque d'Arles, Marcianus, fut réfraclaire et ne céda pas, sans (|u"on puisse dire qu'il ait eu aucun intérêt commun avec Novatien. Cyprien, comme s'il avait eu mission de veiller à la soumission de tous, écrivit au pape Etienne et le mit positivement en demeure de déposer Marcianus, sur celte unique raison qu'il refusait de réconcilier les lapsi ^ . Le principe de l'indulgence était proclamé par Cyprien a vérité de l'Église catholique », le rigorisme « une dureté inavouable de la présomption hérétique ». Nous voilà loin du temps où, au jugement de Cyprien lui-même, les évêques étaient excusables de se refuser à réconcilier les adultères pénitents!

En Egypte, l'évoque d'Alexandrie, Denys, répugnait autant que Cyprien au rigorisme; il voyait dans la doctrine novatienne du refus de réconciliation une impiété blasphématoire contre Dieu, contre Jésus-Christ, contre le baptême, contre le Saint-Esprit ^. Il organisa la réconciliation des lapsi sur les mêmes bases que Cyprien et Cornélius. Mais à Antioche, l'évêque Fabios était opposé à cette réconciliation, en dépit des pressantes instances que lui adressèrent Cornélius et Denys : il mourut au moment où il réunissait un concile de tout l'Orient pour décider de l'attitude à prendre. Son successeur. Démétrien, put du moins tenir le concile, et l'unité se lit

1. Epistul. Lxnii, 4 :«...» catholicae ecclesiae veritate atque a corporis nostri eisacerdoiii consensione discesserit. tenons haereticae jiraesumptioiiis durissimara pravitat^ni. ut servis Dei paeiiitentibus et dolentibus ... subsidia cludautur, ...sed sine spe pacis etcommunicationis... proiciantur. ■

i. Elseb. h. E. vu, 8.

en Orient contre le Novatianisme : Antioche, Césarée, Jérusalem, Tyr, Laodicée, la Cilicie, la Cappadoce, le Pont, la Bithynie, la Mésopotamie, l'Arabie, au témoignage de Denys d'Alexandrie, ne partagèrent pas les hésitations de Fabios ^ .

De même, il se rencontra dans les Eglises les éléments d'un schisme, que toutes les intrigues des partisans de Novatien n'auraient pas réussi à provoquer, s'il n'avait trouvé sa raison d'être dans un puritanisme latent. Ces éléments formèrent des Églises organisées, chacune avec un évêque, un clergé, des édifices, des cimetières; et ces Églises durèrent. En 326, une loi de Constantin leur reconnaît une existence légale. En 412 seulement, saint Cyrille est assez fort pour les fermer à Alexandrie; en 422, le pape Célestin prend la même mesure à Rome; mais à Constantinople, les Novatiens maintiennent longtemps encore leur culte, leur clergé, et surtout leur prestige qui est grand dans la haute société. L'extension des Églises novatiennes dans le monde romain a été extrême : au v' siècle, on en trouve encore en Afrique, en Egypte, en Italie, en Espagne, dans les Gaules, dans les diverses provinces de l'Asie Mineure, particulièrement en Cappadoce, dans le Pont, en Bithynie et en Phrygie. Sur la fin du VI® siècle, Euloge d'Alexandrie écrit contre les Novatiens un gros traité do controverse. Au iv^ siècle et au \j^ ils font figure de vieux catholiques : ils ne se laissent pénétrer ni par les hérésies dissidentes, ni par les développements catholiques. L'arianisme ne les entame pas, mais ils refusent obs-

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