ROMAINES CONSULAIRES KT GAULOISES
F., quioQlélé longtemps attribuées auxSéquanes (Franche- Comté), mais que leur absence dans les dépôts de ce pays doit faire tenir comme étant d'une attribution incertaine.
Vingt-neuf appartiennent à ce peuple des Éduens (Autun, Nevers, Mâcon) qui a joué un rôle si grave dans la guerre des Gaules, et dont les monnaies, dès 1846, ont été l'objet des savantes rechercbes d'un membre éminent de votre Société, ancien chef respecté de notre Académie, M. de La Saussaie, membre de l'Instilut. Ces vingt-neuf monnaies des Ëduens présentent H types dilTérents, dont huit (avec 13 exemplaires) sont anépigraphes, et six types (avec 18 exemplaires) portent les légendes Atpillii, Orciitirix, Uno, Anorbo, Dubnorex, Doub, Dou, Bno, et une pièce qui parait porter Diasulos, mais dans laquelle un autre maître d'une trës grande autorité, M. de Saulcy, lit de préférence DIVISapoS [Divitiacus .)
Neuf pièces viennent des Bituriges (Berry), dont six portent les légendes Solima niSolim. Sur une autre nous croyons lire (ab) udo (a).
Nous nous approchonsainsi de notre contrée, du Poitou. Huit pièces appartiennent aux: Saatous (Saintonge), et portent les légendes â'anlono ei Arivos. Entiti dix-sept appartiennent aux Pictons ; neuf portent la légende VUrotal, avec le revers au guerrier debout tenant une enseigne au sanglier de la main droite et s'appuyantde la gauche sur un bouclier. Huit sont anépigraphes : il s'agit de la pièce présentant au revers un cavalier ailé courant à droite sur un Ûeuron composé de trois demi-cercles, qui l'aurait fait désigner en Poitou, ainsi que le constate le Dictionnaire archéologique de la Gaule, sous le nom de pièceaux limettes. Sur deux de ces pièces le cheval semble androcéphale. Telles sont les pièces gauloises dont se compose le lot dont j'ai l'honneur de vous rendre compte. Vous voyez que je n'ai pas eu la bonne fortune d'y trouver un Durattus. Nous savons cependant que cette pièce, d'uuo. assez grande rareté, se trouvait dans le reste de la trouvaille^
puisque celui crentre vous qui a pu en voir une partie avant son transport à Paris a sagement retenu deux ou trois exemplaires de ce curieux monument numismatique. Peut-être même la présence dans le trésor de Vernon de plusieurs spécimens de cette rare pièce de Duratius (1) pourra-t-elle vous mettre sur la trace de l'explication historique de cet important dépôt?
Néanmoins, vous voyez que les monnaies des Pictons et des Santons occupent, comme de raison, une place importante de ce lot de monnaies gauloises dont j'ai l'honneur de vous remettre le catalogue.
Vous êtes peut-être frappés de cette circonstance que, sauf la pièce Ateula-Ulatos, si l'on refuse de l'attribuer aux Turons^ toutes ces pièces gauloises appartiennent aux peuples de la Gaule qui, en allant de l'Ouest à l'Est, en occupaient le centre, en formant une ligne presque continue qui relie la Saintonge, le Poitou^ la Touraine^ le Berry, le Nivernais, la Bourgogne.
Là encore, plus même que pour la question de date que nous avons agitée tout à l'heure, l'examen du reste de la trouvaille pourrait démentir les conjectures fondées sur la détermination des peuplades qui ont émis les monnaies qui composent cette portion du trésor de Vernon. Quoi qu'il en soit encore Je livre ces éléments à déplus savantes appréciations.
Une circonstance de fait serait importante à préciser pour compléter les éléments utiles aux recherches historiques. Ce serait la détermination bien exacte du lieu même du dépôt. Depuis que je suis devenu propriétaire de ces pièces, j'ai cherché à me renseigner davantage à cet égard; j'ai appris que l'inventeur du trésor, comme le principal agent de la vente, soit à M. Feuardent, soit à
(1) Nous avons reçu un exemplaire de M. Feuardent, et nous pensons qa*il en a un certain nombre dans sa portion de trouvaille, car nous constatons que le ptix de sa pièce est réduit de moitié.