BOMAINES CONSULAIRES ET GAULOISES
Sans doute il ne peut être question ici d'un fait aussi considérable; vraisemblablement même, suivant le temps où il se place, est-il d'une importance secondaire; néanmoins il y a là matière à une recherche intéressante pour rhistoire de ôette époque.
L'un des caractères principaux de cette découverte est le mélange, expliqué d'ailleurs par les dates qui précèdent et les relations établies entre les vainqueurs et les vaincus, de pièces portant l'empreinte du monnayage romain avec les pièces portant l'empreinte du monnayage gaulois. Cette circulation concomitante de la monnaie romaine et de la monnaie gauloise était du reste facilitée par cette circonstance que la valeur d'un denier romain était égale à celle de deux deniers gaulois, et s'échangeait pour eux.
M, Fenardent ; ce sont les pièces suivantes : Corneîia (Cîohen, n® 20) 697-57 av. J.-C. ; Postumia (Cùh. n» 10) 705-49 av. J.-C. ; et Cœlia (Coh. n*» 11) 707-47 av. J.-C. Il n*y en avait pas de postérieures.
Enfin une dernière observation snr l'ensemble de la partie romaine du tré. sor de Vemon doit être ici faite. Nous avons constaté ci-dessus, dans notre mémoire, que le lot par nous acquis ne contenait que des deniers. Le lot de M. Fenardent contenait unvictoriat comprisjdans les pièces ci-dessus analysées (Matiaf Cohen n» 3, dont la date d'émission peut être placée entre 5.S8 et 558 delà fondation de Rome, pendant la 2« guerre punique), et deux quinaires (Egnatuleia^ 652-102 av. J.-C, et Claudia, Cohen, n» 2, 653-101 av. J.-C). Dans le 3« lot présenté par le sieur G... et dont il vient d'être parlé, nous avons également vu un autre exemplaire de chacun de ces deux quinaires, et deux quinaires de la famille Porcia (Coh. n** 5 et 8) émis l'an 694 de R.-96 av. J.-C, et l'an 707 de R.-47 av. J.-C.
En outre, il y avait dans ce 3» lot, et nous avons a^jquis, un sesterce, qui doit être unique dans le trésor de Vernon, puisque le gros lot même de M. Feuardent n'en contient aucun. Ce sesterce est au type primitif portant à l'avers ia tête casquée de Pallas à droite, avec le signe du sesterce lis derrière, et au revers les dioscures courant à droite, dessous Roma, L'émission de cette pièce remonte à la première guerre punique, entre les années 486 et 527 de la fondation de Rome, au moment de l'introduction de la monnaie d'argent ; elle est contemporaine du premier denier qui figure dans notre catalogue, et qui se trouve être également unique dans la trouvaille. Cette date d'une aussi haute antiquité «explique à la fois : !<> que ce sesterce soit seul dans le trésor de Vernon, la présence de cette pièce dans Ja circulation monétaire devant être très rare en 710 ; et 2o que ce sesterce Boit extrêmement usé,. puisqu'il circulait depuis plus de deux siècles dans le monde romain avant d'être enfoui dans le sol poitevin.
J'arrive ainsi à l'examen de la seconde partie de mon catalogue, relative aux pièces gauloises, toutes également d'argent (1).
J'y donne les noms des peuplades ou civitates qui ont émis les pièces, en distinguant les monnaies anépigraphes et les monnaies avec légendes ; je fais la description de chacune, avec indication du nombre d'exemplaires qui se trouvent dans cette partie delà trouvaille ; enfin, comme la plupart de ces pièces ont été gravées dans les planches de monnaies gauloises du Dictionnaire archéologique de la Gaule, j'en indique le numéro dans une colonne spéciale.
Ces 102 pièces se répartissent inégalement entre six peuples de la Gaule.
L'une d'elles, dont il ne se trouve dans ce lot qu'un exemplaire, est attribuée par les uns aux Véliocases ou aux Gaietés (peuplade du pays de Gaux en Normandie), par d'autres aux Leuques (peuplade occupant la partie méridionale de la Lorraine et dont Toul était la capitale) ; le Dictio7inaire archéologique de la Gaule^ qui en donne la gravure, considère la controverse comme étant loin d'être résolue, car il la fait suivre de cette mention : « sans attribution déterminé.e » ; une opinion plus récente, qui est de nature à nous intéresser davantage et qui peut tirer argument de la présence de cet exemplaire dans le trésor de Vernon, attribue cette pièce à nos voisins les Turons. Cette pièce porte à l'avers la légende Ateula avec un buste imberbe ailé à gauche, et au revers la légende Ulatos^ avec cheval corna à droite, au-dessus un renversé, dessous une étoile, à l'exergue un croissant. C'est la pièce bien connue que les anciens antiquaires etMionnet lui-même avaient cru pouvoir rapporter à Attila, roi des Huns.
Trente-huit pièces portent, avec des variétés, les légendes connues deTogiriXy Togir^ Q, Docirix et Q,ûocL Sam.
(1) Dans d'autres parties du trésor de Vernon, il s'est trouvé quelques pièces d'électrum.