‹ Études d'histoire littéraireChapitre 19 sur 125 · Poetic., I · texte numérisé non relu

Poetic., I

NOTE SUR UN PASSAGE DE VITRUVE

et compléter les indications d'Aristote ou d’Horace. Mais qu’ils séparent le drame satyrique de la satire morale, comme Madius et Scaliger, qu’ils l’y ramènent, comme Robortello, en général ils voient bien, rectifiant ici Donat par Horace et Aristote, que ce drame satyrique est une espèce et un moment de la tragédie : une forme primitive et antérieure, dit Robortello', un dérivé, dit Scaliger^ ; pourtant chez Madius on pourrait trouver l’idée d’un troisième genre, intermédiaire et distinct.

Mais toutes ces vues ne sont chez eux que des vues historiques. Dès qu’ils font la théorie du poème dramatique, le genre satyrique disparaît : il n’y a plus que la tragédie et la comédie. La différence est sensible dans Scaliger, quand on compare le premier livre de sa Poétique {fiistoricus) au troisième {idea). La satyra qu’il décrit dans ce livre théorique ® n’est pas un poème dramatique, mais la satire morale d’Horace et de Juvenal...

Cette double attitude de la critique italienne se reflète de façon amusante dans Lope de Vega : l’Arme de hazer comedias en este tiempo nous parle au début de deux genres, d’après Donat ^ et Robortello, et à la (in, de trois, d’après Vitruve, à travers Robortello :

...Lo que les Competea los tros generos Del aparato que Vitrubio dice h

Si donc on regarde le développement de la théorie de l’art dramatique dans la critique littéraire, on n’aperçoit guère que la tragédie et la comédie, et rien n’attire 1 attention sur un troisième genre®.

Il n’en est pas de même si on lit les traités d’architec-

1. Selon lui, la pièce satirique, primitivement distincte de la tragédie et de la comédie, se confondit dans la suite avec la tragédie qu’elle servit à égayer.

Page 1