‹ Études d'histoire littéraireChapitre 18 sur 125 · Sat. I · texte numérisé non relu

Sat. I

ÉTUDES LITTÉRAIRES

fuit, ul in ua, quamvis duro et veliiti aj^resti modo, de vitiis civium, tanien sine ulloproprii noniinis titulo, carmen esset.

Cette satyre dramatique de Donat est visiblement la comédie moyenne, ijui n’a rien d’essentiellement pastoral. Mais le nom de salera convenait à la sceria satyrira, et les mots duro et veluli agresti modo suggérèrent à Serlio l’idée que la correction morale s’exerçait mieux par la « gent rustique » (jui parlait « sans respect » *.

La conception de Serlio, plus érudite que celle d’Alberti, est moins heureuse. Ainsi défini, le troisième genre fait double emploi avec la comédie, dont il est, selon Donat, une forme historique. Et de plus, cette matière âpre et satirique s’accorde mal avec le décor champêtre dont elle ne peut utiliser les meilleures propriétés esthétiques.

Les critiques de la Renaissance connurent bien le passage de Vitruve. Il leur servit surtout à expliquer la décoration tragiijue et la décoration comique : ils mentionnaient alors incidemment la décoration satyrique dans la citation ou le rappel qu’ils faisaient du texte de Vitruve. Ainsi font Josse Bade-, Robertello ^ Madius \ Scaliger\ ils s’en servent aussi pour éclaircir la notion du drame satyrique,

1. Marlius (lo.'tO) voyait aussi dans les satyi'es du décor rustique des « homines agrestes » dont le drame imitait les actions, mais sans aucune idée de satire des mœurs de la société. Robortello (lo-48) au contraire, toul en voyant dans le drame satyrique une espèce de tragédie, arrivait à le confondre avec la satire morale.

2. On lit dans les proenotamenta de Josse Bade (P. Tercntii Aphri... Comedie a Guidone Juvenale familiariter exposite una cum planationibus Jodoci Badii Ascensii. Impresse Rothoinagi (1504,) in-4): De Scenis el Prosceniis, Cap. ix. Scenas aiitem quæ triplices simt, Tra gice. Comice, Satyrice, Victunnus (Vitruvius) in libro quem de architectura composuit, ita distinguit, ul Tragicas scenas Culumnis (Colum- 7iis) et fastigiis et signis regalibus ornandas precipiat, propterea quod regum gesta ante illas agebant. Comicas autem ad similituclinem domorum privatorum et civium et communium personarum conficiendas. Satyricas vero priscas in quarum prosceniis satyri ludebant : speluncis et montihus arboribusque ornandas, propterea quod satyri qui inde prodibant, dii silvestres sunt et in hujus modi locis versantur.

3. Fr. liobortelli Vtinensis in libnim Arist. De Arte poetica explicationes. Florence, 1348, in-l'ol., p. 42. Paraphrasis in lib^um Horatii... De Arle [loetic.a, De comoedia, [i. 41).

4. Vincentii Madii lirixiani... in Arist. librum De poetica... explicationes, Venise, 4530, in-fol., jiart. 27, p. 84. Madius induit du décolle caractère du jioème ; il cherche entre les deux une convenance étroite.

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