‹ Études d'histoire littéraireChapitre 32 sur 125 · PENSÉES · texte numérisé non relu

PENSÉES

P.^U. d'I, 6, p. 325 (Br. 274, p. 457). Tout noire raisonnement se réduit à céder au sentiment.

P. R. 31, 26, p. 337 (Br. 283, p. 460). L’esprit a son ordre, qui est par principes et démonstrations ; le cœur en a un autre. On ne prouve pas qu’on doit être aimé en exposant d’ordre les causes de l’amour: cela serait ridicule.

Observation. — L’idée du Discours n’est pas répétée exactement dans la Pensée 283. Mais l’une des remarques est la réciproque de l’autre : on ne prouve pas qu'on doit aimer, on ne prouve pas qu’on doit être aimé. Et toutes les deux ont pour fondement la Pensée 274 sur le sentiment.

P. 125. Il y a deux sortes d’esprits, l’un géométrique, et l’autre que l’on peut appeler de finesse.

Le premier a des vues lentes, dures et inflexibles ; mais le dernier a une souplesse de pensée qu’il applique en même temps aux diverses [larties aimables, de ce qu’il aime. Des yeux, il va jusques au cœur, et par le mouvement du dehors, il connaît ce qui se passe au dedans.

P. B. 31, 2, p. 319 (Br. 1, p. 317). Ily a beaucoup de différence entre l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse. (Et toute la suite du développement).

Observation. — Le fond de l’idée paraît bien avoir été conçu par Méré ; mais le terme « esprit de finesse » ne se trouve que chez Pascal ; Méré disait seulement: lorsqu’on a l’esprit vif et les yeux fins (Br. p. 319, n. 3). Pour ipie notre Discours fût de Méré, il faudrait dire qu’il a trouvé ici l’expression définitive, et que Pascal l’a recueillie de ce morceau. — D’autre part, si les Pensées disent tout simplement l’esprit de finesse, tandis que le Discours use d’une précaution oratoire : « et l’autre que l’on peut appeler de finesse», il faut en conclure (jue l’expression était familière à l’auteur des Pensées, et nouvelle pour l’auteur du Discours, donc que le Discours est antérieur à la Pensée.

DISCOURS SUR LES PASSIONS DE l’ AMOUR

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