Ed. 1788, p. 87. Ed. Flammarion, ji
UN MANUSCRIT DE PAUL ET VIRGINIE
terrompt et feint de vouloir s’en tenir aux tableaux de la vie heureuse des deux familles. Bernardin le supplie d’aller jusqu’au funeste dénouement.
Les images du bonheur nous plaisent, mais celles du malheur nous instruisent L
Cette réflexion est une correction notée en bas de page sur les brouillons ; voici le premier texte, parfaitement plat.
Ah ! vous n’êtes pas un homme ordinaire ! On voit bien que vous avez eu pour maître l’adversité.
Lorsqu’on retrouve le corps de Virginie, une correction déplorable (cette fois, ce n’est pas le premier mouvement) introduisit cette belle pensée qu’il fit bien ensuite de retrancher :
Nous admirions comme la mer l’avait reportée ^ vis-à-vis l’habitation comme si elle eût voulu la rendre à ses parens.
L’image plastique ne vient pas toujours du premier coup L « Le sommeil seul pouvoit les séparer », écrit-il d’abord des deux enfants. C’est à la dernière revision dont les brouillons portent la trace, qu’il trouve dans l’idée contraire l’ébauche d’un motif charmant.
Le sommeil même ne pouvoit les séparer et les surprenait souvent* dans leurs caresses innocentes, couchés dans le même berceau, leurs petits bras passés® autour de leurs cous et leur joue ® contre leur joue, la joue de l’un ’’ appuyée contre celle ® de l'autre