TROISIÈME RÉDACTION
Et Paul courut après. Ils montèrent ‘ le revers de la montagne^ où coule la Rivière Noire, et parvenue à cette hauteur, (Virginie) se sentit accablée^ de lassitude et de faim. Ils avaient fait depuis le matin près de six lieues sans mangerV II était plus de midi® : Paul® dit à Virginie; « Redescendons la montagne et allons demander à manger au maître de l’esclave. — Oh ! non dit’’ Virginie, il m’a fait trop de peur. Souviens-toi de ce que dit quelquefois maman, le pain du méchant remplit la bouche de gravier. — Comment ferons-nous ? Ces bois ne produisent que de mauvais fruit(s), tu as faim et soif. — Oh! Dieu, dit-elle, aura pitié de nous, Il fit asseoir sa sœur à l’ombre et se mit à chercher aux environs s’il trouvoit quelque chose à boire®. Comme il cherchait^... dans les bois, il entendit le bruit d’une source voisine qui tombait d’un rocher. Peu après, regardant dans les arbres, s’il apercevait quelque fruit mangeable, il aperçut un palmiste. Cet arbre qui n’est pas plus gros que la jambe, a quelquefois cent pieds de hauteur, et ‘°, quoique son intérieur soit tendre, son aubier (est) si dur que les meilleures haches rebroussent contre Et Paul auroit bien monté jusqu’au haut, mais il est enveloppé de feuilles âpres et piquantes, et il n’avoit
1. On reconnaîtra aisément les parties de ce nouveau texte qui sont reprises des ébauches précédentes ou qui y sont seulement indi- <iuées.
2. Var. : Ils arrivèrent sur le haut de la montagne. — Je mets en variantes ce qui est ajouté en interligne, quand rien n’est biffé pour donner place à la correction ; je rejette en note les jiremières expressions biffées avec la mention : biffé.