‹ Études d'histoire naturelleChapitre 101 sur 119 · INFLUENCE DE LA NOURRITURE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA NOURRITURE

1° Buffon, Manesse, Buble et Moquin-Tandon admettent que l’alimentation exerce une certaine influence sur la coloration des œufs.

Les œufs blancs , comme les unicolores et comme les maculés, sont soumis à cette influence. C’est ce qui est démontré par de nombreuses expériences faites avec la garance.

M. des Murs, peut-être avec raison, n’admet pas ces expériences comme concluantes ; car la garance, ayant des effets toxiques sur l'oiseau , il est naturel que le poison atteigne toutes les substances renfermées dans le corps de l’animal, de même que chez l’homme certains poisons peuvent , indépendamment des troubles intérieurs, colorer la peau en violet, en jaune ou en noir. On ne peut donc, par conséquent, induire des effets d’un poison l’influence d’une nourriture saine. Cette argumentation , quoique un peu exagérée , me semble vraie. Mais une expérience du docteur Sacc nous permet d’affirmer l’action de la nourriture sur la matière colorante. Sacc , ayant mêlé aux aliments d’une pondeuse une substance de couleur ochracée , retrouva cette couleur sur les œufs , et, cela, sans que la poule en fût incommodée. D’ailleurs , le raisonnement physiologique suffirait pour mettre hors de doute cette influence. En effet, l’alimentation doit être un agent puissant de coloration , par suite de son action reconnue sur le système glandulaire , dont elle peut modifier les produits, aussi bien sous le rapport de l’odeur et de la

saveur. Cependant cette action n’est pas assez marquée pour qu’on puisse lui attribuer, comme Barge, uniquement, le rôle colorant.

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