‹ Études d'histoire naturelleChapitre 74 sur 119 · CLASSIFICATION ORNITHOLOGIQUE (I · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION ORNITHOLOGIQUE (I

Les premiers naturalistes qui ont eu devant les yeux un nombre assez considérable d’espèces ont été nécessairement poussés à classer. Mais ils se sont toujours appuyés, pour distribuer en ordres et familles, sur des caractères saillants à première vue et suffisants pour caractériser d’un premier coup d’œil. De là des classifications toujours artificielles, quoiqu’à des degrés différents.

C’est ainsi que, pour les oiseaux, les organes de la manducation, de la préhension et de la locomotion, les becs et les pattes, ont tout d’abord attiré l’attention des classificateurs ; et il en est résulté dans les systèmes ornithologiques une imperfection constante que, depuis Linné jusqu’à Cuvier et ses successeurs, on a vu se reproduire partout, imperfection notoire, il ne faut pas se le dissimuler, car les becs et les pattes ne sont que des caractères artificiels d’adaptation, c’est-à-dire variant avec les conditions de vie de chaque espèce. Il fallait trouver un caractère primaire, naturel, dominateur dans la classification , impliquant les autres caractères secondaires et sur lequel on pût toujours s’appuyer. Nous verrons tout à l’heure que le sternum et ses

(1) Conférence du 3 juillet 1874. ( Société d’étude des sciences naturelles de Nimes). — Inséré daus la feuille des Jeunes Naturalistes. — Novembre 1874.

annexes, c’est-à-dire les os furculaires et coracoïdiens, fournissent ces caractères naturels, et que c’est d’eux que doivent partir toutes les classifications de l’avenir.

Avanf d’entrer dans notre sujet, nous voulons encore avertir le lecteur qu’il ne doit pas s’attendre à trouver dans ce travail l’histoire de l’ornithologie, c’est-à-dire des auteurs qui ont écrit sur les oiseaux, mais bien l’histoire de la classification ornithologique, l’étude des principaux systèmes proposés depuis Aristote jusqu’à nos jours, et qui ont eu pour but de distribuer naturellement la seconde classe du règne animal .

Le premier qui distribua les oiseaux avec un peu de méthode fut Aristote fi) qui, au milieu de groupes confus et sans valeur, distingua quelques ordres plus naturels, tels que celui des rapaces , où il établit les deux familles de diurnes et d s nocturnes, et celui des palmipèdes [areyctvoTroJeç).

Jusqu’au xvie siècle, les choses en restèrent là ; le semblant de classification établi par le philosophe grec ayant suffi aux naturalistes peu méthodiques du moyen-âge, qui, d’ailleurs, ressentaient pour les œuvres du maître une admiration fanatique.

En 1555, Belon (1 2), proposa une classification nouvelle moins naturelle encore que celle d’Aristote. Il divise les oiseaux en oiseaux nichant à terre , ordre qui renferme le goéland, par exemple, à côté de l’autruche ; oiseaux nichant dans les arbres , oiseaux nichant dans les haies, oiseaux nichant partout , et enfin, en oiseaux carnassiers, seul groupe naturel de la méthode.

En 1690, Ray (3), naturaliste anglais, classa plus sérieusement les oiseaux en oiseaux terrestres et oiseaux aquatiques; quant aux divisions secondaires, elles sont basées sur

(1) Histoire des animaux , traduite en français par Camus, 1783.

(2) Histoire naturelle dds oiseaux , 1555, avec de bonnes gravures.

(3) Synopsis methodica avium.

l’étude des becs et des pattes ; il arrive ainsi aux groupes secondaires des oiseaux de proie , échassiers, palmipèdes, etc.

En 1735, Linné ù), s’appuyant également sur le bec et les pattes, partagea les oiseaux en six ordres :

1° Aceipitres {oiseaux de proie), parmi lesquels il compta à tort les pies-grièches ;

2° Pieœ (grimpeurs), où il mélangea aux grimpeurs proprement dits, les corbeaux, les pies, les geais ;

3° Anseres, oiseaux d’eau, palmipèdes d’Aristote ;

4° Grallœ , échassiers, comprenant les autruches ;

5° Gallinœ, gallinacés, où se trouvent les pigeons ;

6° Passer es, passereaux, groupe confus et indigeste, que presque tous les ornithologistes n’ont jamais manqué d’adopter.

En 1752, Mœhring (1 2 3 *\ un médecin de Westphalie, tout en conservant les groupes de Linné, les rassemble en quatre ordres seulement :

1° Les Hyménopodes, oiseaux dont les pattes sont recouvertes d’une peau mince (passereaux) ;

2° Les Dermatopodes, oiseaux dont la peau des pattes est plus épaisse (aceipitres, gallinacés, etc.);

3° Les Brachyptères, oiseaux à ailes courtes, volant peu, comprenant les autruches et les outardes, groupe à moitié naturel, non entrevu par Linné ;

4° Les Hydrophiles, oiseaux aimant l’eau (palmipèdes et échassiers).

En 1760, Brisson (8) reprit les classifications antérieures, les remania et les subdivisa à sa façon, et aboutit enfin à une méthode composée de vingt-six ordres peu dignes d’être conservés.

(1) Systema naturœ .

(2) Avium généra.

(3) Ornithologie ou Méthode contenant la division des oiseaux en

ordres , sections , etc., 6 vol.

Latham, naturaliste anglais, en 1783, ajouta aux ordres de Linné trois ordres, dont deux naturels, savoir :

1° Columbœ , comprenant les pigeons et les tourterelles.

2° Strutiones, qui sont les brachyptères de Mœhring et renferment les autruches, les casoars

3° Pinnatipèdes , renfermant les espèces qui ont les pattes comme dentelées, par suite de la présence d’une membrane diversement découpée, ordre hétérogène, où l’on trouvait des échassiers (foulques, phalaroques) à côté de vrais nageurs (grèbes).

Lacépède, en 1798 fi), proposa, lui aussi, une table méthodique des oiseaux, qui est plutôt une clé analytique pour arriver à déterminer le genre d’un oiseau qu’une classification tendant à distribuer les espèces, suivant leurs rapports et leurs affinités naturelles.

Il crée deux sous-classes :

I. — Bas de la jambe garni déplumés, non palmipèdes. Cette sous-classe est ensuite distribuée en divisions et sousdivisions, suivant la disposition et la force des doigts, la grosseur des ongles ; enfin en ordres , suivant que le bec est crochu, dentelé, échancré , très- court , droit, comprimé, arqué , etc. ; il arrive ainsi à cinq sous-divisions et à vingtet-un ordres, savoir :

1° Grimpeurs, six ordres (perroquets, pics, coucous) ;

2° Oiseaux de proie , un ordre : il n’y admet pas les piesgrièches ;

3° Passereaux , sept ordres ;

4° Platypodes , cinq ordres, comprenant les espèces qui ont le doigt extérieur uni au médian dans presque toute sa longueur (martin-pêcheur, guêpier) ;

5° Gallinacés, comprenant les colombes de Latham et les gallinacés ordinaires.

(1) Cette méthode se trouve dans le premier volume de l’édition en 11 volumes, revue par Desmarest (1826-1833).

II. — La deuxième sous-classe comprend les oiseaux dont le bas de la jambe n’est pas emplumé ou qui ont les doigts réunis par une membrane : quatre divisions, suivant l’importance de cette membrane ; dix-sept ordres établis , suivant que le bec est crochu, dentelé, etc. ;

1° Oiseaux d’eau , six ordres , partie des palmipèdes des auteurs ; il y admet l’avocette ;

2° Oiseaux d'eau latirèmes , trois ordres, renfermant les oiseaux dont les quatre doigts sont palmés (frégate , cormoran) ;

3° Oiseaux de rivage , sept ordres : échassiers des auteurs ;

4° Oiseaux coureurs , deux ordres ; ce sont les brachyptères de Mœhring et les struthions de Latham.

En 1817, Cuvier, dans son Règne animal (b, proposa aussi une classification ornithologique ; mais on n’y reconnaît pas le génie puissant et investigateur , le coup-d’œil si sûr, qui firent tant progresser les autres parties de la zoologie. Sa méthode n’est , à peu de chose près , que celle de Linné, auquel il ajoute un groupe déjà déterminé par Lacépède , les grimpeurs ( Scansores ).

1° Oiseaux de proie ( Accipitres ), d’où il retire les piesg rièches ;

2° Passereaux ( Passeres ), qu’il divise suivant le degré d’union des doigts en Syndactiles ( Platypodes de Lacépède) et en Dêodactyles , répartis ensuite suivant l’échancrure , la longueur , la forme ou la ténuité du bec , en Dentirostres , Fissirostres , Conirostres, Ténuirostres ;

3° Grimpeurs (Scansores) ;

4° Gallinacés ( Gallinœ) ;

5° Echassiers ( Grallœ ) , groupe dans lequel il place les struthions ;

7° Palmipèdes (. Anseres ).

Toutes les classifications passées en revue jusqu’à présent,

(1) Le Règne animal, distribué d’après son organisation (1817).

offrent des coupes qui ne sont établies que d’après des caractères artificiels, les becs et les pattes.

Déjà cependant, en 1786, un naturaliste allemand, Merrem, avait le premier senti l'importance du sternum et de ses annexes pour la classification, et avait créé deux grandes divisions très-naturelles :

1° Carinatœ , oiseaux dont le sternum s’avance en carène, porte un bréchet (accipitres, passereaux, etc.) ;

2° Ratitœ , oiseaux dont le sternum est aplati et sans bréchet (autruches, casoars, aptérix).

C’était là la première classification naturelle.

Après Merrem, Ducrotay de Blainville, à qui l’on doit une classification générale du règne animal , qui , à côté de certaines imperfections, présente d’ordinaire des coupes trèsraisonnables et très-justes , reconnut aussi, quoique sans en faire usage, l’importance du sternum pour la méthode. Ainsi, dans un mémoire publié dans le Journal de Physique , de Chimie , d Histoire naturelle et des Arts, après avoir établi l’importance des considérations anatomiques pour la classification, il dit :

« Il était donc de quelque importance de trouver dans l’intérieur de ces animaux ( les oiseaux) un moyen, ou de vérifier les classifications établies ou d’en établir une nouvelle; c’est ce qu e/e crois avoir trouvé dans le sternum et ses annexes, c’est-à-dire dans ce qu’on appelle vulgairement la clavicule, l’os furculaire et les côtes ».

Ces dernières paroles sembleraient indiquer qu’au moment où il écrivait cela , de Blainville n’avait pas connaissance des idées de Merrem.

Cependant , malgré ces vues si sages , il ne proposa , en 1816 6), qu’une classification en définitive peu différente de celles déjà créées par ses prédécesseurs. D’abord, il débaptisa la classe, et au nom vulgaire et si ancien d’oiseaux substitua

(1) Prodrome d’une nouvelle distribution du règne animal.

Tappellation de Pennifères , plus scientifique , il est vrai , mais ayant l’avantage de caractériser d’un seul mot toute la classe. Il reconnut neuf ordres :

1° Les Préhenseurs ( Prehensores ), comprenant les perroquets, oiseaux qui sont certainement les plus parfaits et qui établissent le mieux le passage des mammifères aux oiseaux. Lacépède, tout en les laissant parmi les grimpeurs, avait le premier reconnu leur place en tête de la série ornithologique ;

2® Les Raptateurs ( Raptatores ) , oiseaux de proie des auteurs ;

3° Les Grimpeurs ( Scansores ), groupe déjà employé par Lacépède et Cuvier ;

4° Les Sauteurs (Saltatores), renfermant les oiseaux qui s’avancent par sauts et bonds successifs ; — nom bien plus heureux que la dénomination insignifiante de passereaux, que tous les ornithologistes se sont plu à conserver avec un soin étrange ;

5° Les Pigeons ( Giratores ), groupe déjà déterminé par Latham ;

6° Les Gallinacés ( Gallinœ ) ;

7° Les Echassiers ( Grallatores ) ;

8° Les Coureurs ( Cursores ), struthions de Latham ;

9° Les Nageurs (Natatores) , palmipèdes des auteurs ; ordre bien mieux nommé si on songe que parmi les échassiers on trouve un grand nombre de genres réellement palmipèdes (échasse, avocette, flammant).

Déjà, en 1815, Temminck (b, naturaliste hollandais, avait publié un système ornithologique nouveau où il admettait seize ordres, savoir :

1° Les Rapaces ;

2° Les Omnivores (corbeaux, geais, rolliers) ;

(1) Manuel d’ Ornithologie ou Tableau systématique des Oiseaux qui se trouvent en Europe , précédé d’une Analyse du système général d9 Ornithologie.

3° Les Insectivores (pies-grièches, merles, bec-fins, traquets, bergeronnettes, etc.) ;

j 4° Les Granivores (alouettes, mésanges, bruants, grosbecs) ;

5° Les Zygodactiles grimpeurs , portant deux doigts en avant et deux en arrière (perroquets, pics) ;

6° Les Anysodactiles grimpeurs , portant trois doigts en avant et un en arrière (grimpereau, huppe) ;

7° Les Alcyons , analogues aux platypodes de Lacépède ;

8° Les Chélidons, comprenant les hirondelles, les martinets, les engoulevents, élévation assez juste au rang d’ordre de la section fissirostre des passereaux de Cuvier ;

9° Les Pigeons ;

10° Les Gallinacés ; *

11° Les Alectorides, ordre purement artificiel, créé pour les agamis et les glaréoles ;

12° Les Coureurs , réédition des brachyptères de Mœhring ;

13° Les Gralles, échassiers des auteurs ; — nom préférable à ce dernier, car il s’applique à tous les oiseaux de l’ordre, tandis que l’autre ne pouvait caractériser certains genres, tels que ceux des vanneaux, pluviers, marouettes, râles, etc. ;

14° Les Pinnatipèdes , ordre déjà établi par Latham ;

15° Les Palmipèdes ;

116° Les Inertes, renfermant les aptéryx et le dronte.

Les coupes nouvelles de Temminck étaient artificielles pour la plupart ; cependant, sous le rapport des genres et des espèces dont il a découvert et nommé un bon nombre, l’Ornithologie lui doit beaucoup ; aussi, malgré son imperfection, sa classification a eu beaucoup de vogue et est encore assez suivie aujourd’hui.

A cette époque également, et jusqu’à ces derniers temps, on voit apparaître une foule de systèmes ornithologiques. Schinz, Pæppig, Naumann, Brœhm père, Wagler, Sundevall, Oken, Kaup, Reichenbach, Gray, Lesson, Ch. Bonaparte, Degland et Gerbe, Jerdon , Fitzinger , Cabanis, Giebel,

Brœhm fils, etc., adoptent dans leurs ouvrages des classifications particulières. Les uns admettent les coupes déjà créées, mais les rangent dans un' ordre différent ; les autres imposent aux classes anciennes de nouvelles dénominations ; d’autres enfin, et c’est le plus grand nombre, établissent de nouveaux ordres plus artificiels encore. Analyser toutes ces méthodes serait inutile et nous conduirait beaucoup trop loin.

Cependant nous parlerons de trois d’entre elles : celle de Sundevall, celle de Lesson, celle de Brœhm fils.

Sundevall divise les oiseaux :

1° En Précoces, oiseaux qui marchent et savent se nourrir en sortant de l’œuf ;

2° En Altrices, oiseaux qui sont faibles et imparfaits au sortir de l’œuf et ont encore pendant un certain temps besoin des soins de leur mère.

Mais ces divisions ne sont rien moins que naturelles, car on voit non-seulement dans les oiseaux, mais dans d’autres classes, celles des mammifères, par exemple, oh voit, de deux espèces évidemment très-voisines, l’une être parmi les précoces, l’autre parmi les altrices. C’est ainsi que le lièvre court peu de temps après sa naissance et fait partie des précoces, tandis que son congénère, le lapin, est tout à fait impotent au sortir du ventre maternel et doit être compté au nombre des altrices.

En 1828, Lesson fi) forma dans la classe des oiseaux deux divisions :

1° Oiseaux anomaux , brévipennes et nullipennes (autruches, aptéryx) ;

2° Oiseaux normaux , comprenant cinq ordres : accipitres, passereaux, gallinacés, échassiers, palmipèdes.

Classification assez naturelle, sous des dénominations mauvaises.

(1) Manuel d’ Ornithologie ou Description des genres et des principales espèces d’oiseaux. — Paris, 1828, 2 vol .

Brehm 0) , tout récemment , admet dans la classe des oiseaux cinq sous-classes et dix-sept ordres, savoir :

Ire sous-classe , les broyeurs ( enucleatores ), trois ordres : perroquets, passereaux, coracirostres (corbeaux) ;

IIe sous-classe, les prédateurs (prœdatores) , 3 ordres: rapaces, fissirostres (hirondelles), chanteurs , (pies-grièches, becs-fins, merles, etc.) ;

IIP sous-classe , les investigateurs ( investigatores ), trois ordres : grimpeurs, colibris, lévirostres (guêpiers, martinspêcheurs, coucous, toucans) ;

IVe sous-classe, les coureurs ( cursores ) , quatre ordres : tourbillonneurs (pigeons) , pulvérateurs (gallinacés) , brévipennes (autruches), échassiers ;

Ve sous-classe, les nageurs ( natatores ) , quatre ordres : lamellirostres (canards) , longipennes (sternes , mouettes) , stéganopodes (fous, frégates, pélicans), plongeurs (grèbes, guillemot s, manchots).

Cette classification fantaisiste, sous des noms plus fantaisistes encore pour la plupart, où il n’y a guère qu’une sousclasse naturelle sur quatre , est regrettable dans un ouvrage tel que la Vie illustrée des animaux , ouvrage fait dans un but populaire , et fort recommandable d’ailleurs pour tout le reste. Nous avons tenu à en parler, malgré sa notoire imperfection, afin de signaler un écueil à éviter, une -faute à corriger dans un livre qui est dans beaucoup de mains aujourd’hui.

Enfin , Isidore Geoffroy Saint-Hilaire , reprenant les idées de Merrem et de Blainville, adopta les deux coupes « carinatœ et ratitœ » sous d’autres noms , et ajouta pour les manchots une troisième division, les impennes :

1° Les alipennes , oiseaux voiliers , comprenant tous les ordres, sauf les struthions et les manchots ;

(1) La Vie des Animaux illustriez par À.-E. Brœhm, édition française revue par Z. Gerbe.

iO

2° Les rudipennes , oiseaux à ailes rudimentaires (autruches, aptérix) ;

3° Les impennes , oiseaux ne pouvant voler , mais nageant (manchots).

Cette classification est sans contredit la plus naturelle que nous ayons encore eue , car elle s’appuie sur le caractère essentiel de la classe des oiseaux, le vol.

D’ailleurs, les recherches de M. Lherminier sur le sternum et ses annexes ont corroboré cès coupes, et M. Blanchard , après des études ostéologiques destinées à voir si les caractères fournis par le sternum correspondaient aux autres caractères du squelette, a confirmé de nouveau la classification d’Isidore Geoffroy. Elle peut encore ne pas être parfaite, mais ce sera certainement le point de départ de toutes les méthodes et de tous les systèmes ornithologiques à venir. Cependant il ne faudrait pas s’exagérer l’importance du sternum et de ses annexes comme caractères dominateurs. Il est évident qu’ils doivent fournir les caractères primaires ; mais si on ne s’appuyait absolument que sur ces caractères, on aboutirait à une classification presque artificielle. L’examen des autres parties du squelette et même des autres parties de l’organisme n’est pas à négliger. C’est ainsi que si on considérait seulement le sternum, les perroquets, mauvais voiliers, ne pourraient être placés en tète de la méthode ornithologique ; mais si , au contraire , on examine leur langue, leurs moyens perfectionnés de préhension, si enfin on pense à leur intelligence supérieure relativement à celle des autres oiseaux, on sera sans doute conduit à leur donner de nouveau le premier rang. Ce n’est donc plus des becs et des pattes, mais bien des considérations anatomiques que nous devons attendre, désormais, une classification ornithologique vraiment naturelle.

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