‹ Études d'histoire naturelleChapitre 84 sur 119 · VI. — Zoologie · texte numérisé non relu

VI. — Zoologie

Donner la physionomie botanique d’une région est chose facile, relativement. Après une quinzaine d’excursions, on a pu récolter les plantes les plus communes du pays et ce sont celles-là surtout, il ne faut pas l’oublier, qui constituent par leur assemblage une florule locale. Mais autre chose est de pouvoir, après quinze jours, donner des notions suffisantes sur la faune de cette même région. Ainsi donc, qu’on ne s’attende pas à trouver, dans les lignes qui vont suivre, des listes assez étendues pour qu’une idée juste des richesses zoologiques puisse en résulter.

Le gibier n’est pas très-abondant dans la localité. Il y a quelques lièvres et quelques lapins sur les collines. Les hauteurs fournissent des aires aux Faucons, aux Buses, aux Milans. Les bois de génévriers sont les asiles favoris des Merles et des Grives. Les bords de la rivière fourmillent de Martins-pêcheurs, et les arbres qui la bordent sont visités par des vols de Fauvettes et de Gros-becs. Sur les rives sautillent les Traquets, les Hoche-queues et les Bergeronettes ; dans la rivière le Merle d’eau, le Cincle, fait impunément sous l’eau, ses excursions si funestes aux poissons. Dans les champs les vols de Pipits ou d’ Alouettes sont nombreux, et sur les hauteurs on voit, de temps en temps,- des bandes de perdreaux. Dans le parc de l’hôtel se rencontre la Fauvette des jardins, des Pouillots, des Grimpereaux et la Mésange petite charbonnière. En hiver, parait-il, il y a de fréquents passages de Canards et de Sarcelles.

Les montagnes néocomiennes fourmillent de Lézards qui viennent se chauffer au soleil et de Serpents qui glissent dans les buissons.

La rivière est assez poissonneuse et on y trouve des Chabots, des Barbeaux, des Chevannes, des Rosses, des Ables,

des Spirlins, des Vérons. Les torrents des montagnes fournissent la Truite.

La fontaine d’Arlinde m’a fourni des Chabots, deux espèces de Phryganes et un certain nombre d’Hydrocanthares. Les aiguières de Suzon, vastes gouffres insondables, qui se perdent au-dessous des montagnes néocomiennes, pour aller sans doute ressortir dans la plaine et former l’aven de Cals et la fontaine d’Arlinde, sont peuplées d’une espèce de Barbeau, nouvelle pour le Gard -, c’est le Barbeau méridional (Barbus meridionalis , Risso.) i1).

Je n’ai guère chassé les insectes. J’ai rencontré quantité de Trichodes alvearius , un Buprestide : Canopdis tenebriosus ; des Longicornes : Trimareha tenebrieosa et coriaria ; des Myriapodes : Glomeris limbatus , Polydesmus complanatus , Lithobia forjieata , Julus terrestris. — Les Orthoptères m!ont fourni deux Mantes assez peu communes : Mardis soror et Mantis religiosa. Sur les coteaux lacustres, les Lépidoptères étaient en assez grand nombre, j’ai remarqué : Colias hyale, Lumenites camilla , Polyommatus PhleaSj Satyrus phœdra ; ce dernier rare dans le département et qu’on trouve en septembre, dans des bois de .chêne blanc situés sur les hauteurs du commencement de la vallée. — Satyrus briseis, Satyrus semele.

Les mollusques sont assez nombreux. J’ai récolté :

Zonites lucidus.

Id . var . Blannerii .

Id. var. obscuratus.

Hélix splendida .

Id. vermiculata.

Id. nemoralis.

Id. Id. var. fasciata.

Id. Id. var. coalita.

Id. Id. var. interrupta.

Hélix nemoralis, var. unicolor.

Id. carthusiana.

Id. cinctella.

Id. hispida.

Id. fasciolata.

Id. pisana.

Id. Id. var. lincolata.

Id. Id. var. interrupta.

Id. Id. var. bifrons.

(1) Voir la description du Barbeau méridional.

Hélix variabilis .

Id . var . ochroleuca .

Id . var . nigricens .

Id . var . rufula .

Id. var. hyalozona.

Id . var . albicans .

Id . var . depressa .

Bulimus détritus.

Id. Id. var. alba.

Id . subcylindricus .

Clausilia parvula.

Id . perversa .

Id . nigricans .

Pupa multidentata .

Id. cylindracea.

Id. muscorum.

Planorbis contortus.

Cyclostoma septemspirale.

Bythinia Ferrussina .

Je crois devoir signaler la présence possible, dans les eaux niinérales, d’infusoires et d’anguillules qui ont été remarqués dans les eaux analogues d’Enghien.

Je ne veux pas oublier la découverte d’un silex taillé, dans une tranchée faite au milieu des bois pour une coupe d’arbres. «

Avant de finir, j’ajouterai quelques mots à propos de l’action physiologique des eaux des Fumades sur les plantes et animaux autres que l’homme.

Voici quelles ont été mes expériences : J’ai pris un verre d’eau à la source la plus sulfureuse, la source Etienne, et j’y ai mis, outre des plantes de jardins, giroflée, laurier rose, des plantes sauvages, hélianthème, menthe, sauge ; je les y ai laissées pendant tout un jour, et je n’ai remarqué, après cela, aucun trouble dans leur organisme végétal , aucun changement dans les couleurs et la fraîcheur des feuilles. Mais on s’explique cette innocente apparence, en songeant qu'à l’air , le principe sulfureux , le plus dangereux pour les végétaux , s’évapore rapidement. Alors, après un mauvais moment passé, les plantes se retrouvent dans leurs conditions naturelles de vie, dans une eau qui ne contient que des sels calcaires inoffensifs pour elles.

Mais, si les eaux minérales ne font rien aux plantes, elles agissent, au contraire , pernicieusement sur certains animaux, tandis que d’autres peuvent y vivre impunément, mais

alors, par intermittences et à condition de venir respirer, de temps en temps, l’air atmosphérique.

Ainsi les grenouilles peuvent rester un certain temps dans l’eau minérale ; mais elles ont besoin d’en sortir bientôt. —

J’ai regretté de n’avoir pas sous la main des Dystiques pour examiner leur conduite dans ces conditions de vie particulières, mais j’ai pu mettre dans le verre où trempaient mes plantes, cinq ou six Limnées des ruisseaux, prises à la fontaine d’Arlinde. Sur les six, quatre sont tombées de suite au fond et sont mortes après avoir dégagé quelques bulles d’air . une a essayé de grimper sur les tiges des plantes pour arriver à l’air et sortir de ce milieu suffocant ; la dernière, enfin, est parvenue à émerger et s’est appliquée sur la face inférieure d’une large feuille de laurier rose. Elle est restée ainsi quelques heures et est retombée dans l’eau, où elle a péri comme toutes ses compagnes.

Enfin, en terminant ce travail, je veux exprimer ici, à M. le docteur Larguier, inspecteur de l’établissement, avec lequel j’ai passé de si agréables moments en conversation et en excursions, tous mes sentiments de reconnaissance pour les soins affectueux et désintéressés qu’il m’a prodigués.

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